‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 118 sur 155 · V Avenir de V intelligence^ p · texte numérisé non relu

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2. Voici d'ailleurs en quels termes il introduisait cet exposé de l'ordre positif d'après Comte où il aborde le redoutable problème : « Si vous croyez à l'Absolu, — criait Cb. Jundzill aux tenants de la morale libérale, — soyez franchement catholiques. Si vous n'y croyez pas, il faut tenter, comme nous le tentons, de tout reconstruire sans l'Absolu '. à moins toutefois que le prêtre n'ait raison contre nous et que cette réorganisation ne soit une pure chimère... » {Ibid.^ p. 112).

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société, à l'humanité ! Mais vraiment si celle-ci est le tout de l'être, et si rien n'est au delà, pour une misérable mention dans un manuel scolaire, quelle plus stupide folie ! Oui, se sacrifier pour que son nom soit écrit au « Panthéon de l'histoire », quand le néant sera demain sa demeure, mettre sa confiance dans l'immortalité subjective de Comte : impuissant retour d'âmes en quête d'éternel, qui les laissera désemparées au premier cri des instincts inférieurs et en livrera la plupart aux puissances déchaînées de l'anarchie ^

11 est beau d'avoir toujours à la bouche l'ordre social et de l'exalter à l'exclusion de tout le reste. Il est facile d'en appeler aux lois naturelles, de proclamer qu'il n'y a pas de droit contre l'impossible et que « cet instinct propre à l'espèce qui a fondé la société universelle », comme parle Nodier, saura toujours retrouver ses droits en cas de désordre momentané, que d'ailleurs, entre les intérêts

1: C'est ce qu'exposait M, Lamy à la Semaine sociale de Bordeaux : <( Un état qui fait profession d'athéisme renonce à demander cette abnégation (de la subordination de l'homme à la société). Après avoir dit à l'être possédé de désirs : « Tu as la vie présente, elle seule peut les satisfaire », comment ajouterait-il ; « Ne leur cède pas et soufïre » ? Pourquoi cet être à qui personne ne songera s'il s'oublie, songerait-il aux autres et les préférerait-il à lui-même, ces autres fussent-ils tout le monde ? r/athéisme est là au cul-de-sac. L'homme a deux vocations ; céder à ses instincts pour son propre bonheur, les contenir pour le bonheur de la société. En n'accordant à l'homme pour ces deux tâches contraires qu'une seule vie, l'athéisme le met hors d'état de les accomplir ensemble, le contraint d'opter entre elles et ne lui rend raisonnable que le culte de soi, La logique de cette préférence égoïste s'impose aux lois qui sacrifient les intérêts du genre humain aux plaisirs, aux aises de l'individu. C'est en devenant athée que l'état est devenu antisocial. Le christianisme, au contraire, par cela seul qu'il révèle à l'homme une

de la Patrie et du Moi, il y a coïncidence parfaite : « je ne suis pleinement moi, dit-on, qu'en étant Français, qu'en acceptant mon déterminisme ». Mais, pour que ce l'ait s'impose à moi, quels sontses titres? Parce qu'il se vérifie communément, n'estil plus en mon pouvoir de le récuser? M. Maurras est tout le premier à reconnaître que les lois sociales sont d'autre sorte que les lois biologiques, que leur vérification est conditionnelle :«*; Ton veut que l'ensemble prospère ». Mais à ce vouloir qu'est-ce qui me contraindra ? Tandis qu'il est des esprits, tel M. Maurras, que subjugue l'ordre social, il en est d'autres que la satisfaction des besoins individuels fascine et maîtrise avec beaucoup plus d'empire. Egoïstes, soit : mais prouvez-leur qu'ils ont tort. Pourquoi respecteraient-ils une solidarité dont ils ne bénéficieront jamais, qui les gêne et qui les torture comme une cangue ? George Sandse faisait leur porte-parole à tous, lorsqu'elle écrivait: « J'ai des raisons d'expérience, des raisons puisées dans mes propres entrailles, pour ne pas accepter le

existence future, fait aux deux vocations de l'homme la place où elles s'étendent sans se heurter et se complètent l'une par l'autre » (Socialistes et catholiques, dans le Correspondant^ 25 août 1909, pp. 644-645) . Un peu plus loin, appréciant les enseignements de ces deux doctrines adverses sur l'existence de la vie future, il conclut qu'il faut les juger d'après leurs résultats ; « si l'une affaiblit les mœurs privées et publiques, déracine le patriotisme et n'oppose à l'anarchie sociale ni la conscience d'un droit certain, ni la générosité d'une réforme sage, ni même l'énergie d'une armée soustraite aux propagandes révolutionnaires, quel Français, fùt-il le moins religieux des hommes, ne préférera pas pour son pays la doctrine conservatrice des foyers stables, des vertus domestiques, du dévouement national et assez courageuse pour jeter entre les haines des classes la justice » ?

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fait social comme une vérité bonne et durable, et pour protester contre ce fait jusqu'à ma dernière heure ^. » Et Victor Hugo : « Le fait social est absurde. L'homme a rarement tort et l'ordre social toujours. » La conscience pourra peut-être un temps s'insurger ; mais, sans raison péremptoire pour se rassurer, tôt ou tard, elle rendra les armes. — Alors direz-vous, c'est « l'insurrection de l'individu contre l'espèce »? — « Admirable formule, à laquelle je m'arrête : moi, être intelligent, je me libère enfin des liens qui me retenaient esclave, je me développe selon ma vraie nature. Qu'ai-je donc besoin de donner quelque chose de moi aux autres ^ ! »

Et puisque M. Maurras aime à s'autoriser de Renan, qu'il se rappelle dans le Prêtre de Néniile. dialogue de Léporinus et de Ganeo. Leporinus est venu demandera l'oracle de Diane si, dans laguerre entre Rome et Albe, il allait être tué. Et Ganeo, un des prêtres de la déesse, athée parfait, qui ne croit

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