PREFACE XVII
Ces regrets paresseux ne sont pas de mise chez un chrétien. Qu importent Les tribulations dont un petit livre est la cause, si Von peut se rendre ce témoignage qu on Va écrit de bonne foi et en vue du seul salut des âmes?
Jersey, Maison Saint-Louis, 29 septembre 1912.
liNTRODUCTION
En 1907, M. Charles Maurras publiait un petit volume, Le Dilerniiie de Marc Sangnier, qui n'a cessé depuis lors de piquer l'intérêt, surtout dans les înilieux catholiques, et de provoquer les sentiments les plus opposés : admiration poussée jusqu'à l'enthousiasme, stupeur, irritation tour à tour contenue et violente, on peut dire qu'il n'est pas un lecteur, pas un critique que ce livre ait laissé indifférent. Le talent de l'auteur et la nature des questions qu'il traitait devaient comme nécessairement amener ce résultat. D'une part, amis et adversaires ne pouvaient manquer d'être frappés par la puissance de dialectique, la netteté des idées, l'accent de conviction profonde, voire la perfection de la langue, qui marquaient sans conteste possible cette œuvre nouvelle de M. Maurras. De l'autre, tous ceux que préoccupent les questions politiques et sociales — et ils sont légion — se trouvaient ici mis en face du problème le plus passionnant de l'heure présente, celui qui commande toutes les opinions, toutes les tendances, tous les préjugés en matière d'action sociale, politique et même religieuse, et auquel se heurte fatalement, comme à une pierre d'angle,