XX INTRODUCTION
tout effort pour la chose publique : le problème de la démocratie. Car enfin le moyen de s'y méprendre ? M. Maurras, dans son Ddemme, critique sans doute une forme particulière de démocratie que beaucoup de démocratisants convaincus ne craignent pas de désavouer, parce qu'ils l'estiment insaisissable, amorphe, dissolvante et condamnée par ses principes à le demeurer toujours; mais son argumentation dépasse de beaucoup les vues de M. Sangnier ( t du Sillon, elle vise au cœur l'idée même de démocratie. Dès lors, comment un antidémocrate n'aurait-il pas applaudi à ce petitlivre, où il découvre pour combattre son plus pressant adversaire, un arsenal de preuves claires, faciles à saisir, sûres d'elles-mêmes, présentées sous une forme qui ne paraît pas souffrir de réplique; et comment un démocrate conscient ou inconscient aurait-il vu de sang-froid un polémiste de race prendre directement à partie l'objet de ses rêves les plus chers, s'efforcer de le ramener à un être de raison, sans fondement dans l'histoire ou la nature? Qu'on ajoute à cela des attaques personnellestrop souvent violentes, des épithètes à l'emporte-pièce libéralement octroyées dans l'ardeur delà lutte, et l'on s'expliquera sans peine les colères et les approbations qu'a suscitées le Dilemme.
Et cependant, le principal intérêt de l'ouvrage ne semble pas être venu de là. M. Maurras a fait précéder sa discussion avec M. Sangnier d'une longue préface, tout entière à la gloire de l'Eglise romaine, de l'Eglise de l'ordre. Durant trente pages, il réalise, lui, incroyant et païen, ce paradoxe déconcertant de parler de l'Eglise catholique en termes où