Union des trois aristocraties, p
396 A TRAVERS l'œUVRE DE M. CH. MAURRAS
nature des rapports de l'Intelligence et de l'Argent^. »
Hugues Rebelln'étaitqu'un précurseur. M.Pierre Lasserre est un des maîtres les plus écoutés aujourd'hui de l'Action française et son petit livre sur la Morale de Nietzsche fournit des arguments bien autrement solides en faveur du nietzschéisme de l'Action française. Cependant, après ce que nous avons écrit plus haut, son cas ne sera pas difficile à résoudre.
M. Lasserre a été un fervent de Nietzsche, c'est incontestable : dans l'étude qu'il lui a consacrée, il manifeste pour l'auteur de Zarathoustra une admiration que l'on ne saurait partager. Impossible de ne pas le trouver ici avec M. Maisonneuve ^ « un avocat étrangement complaisant etprévenu» et d'abandonner son volume à lui-même. Un certain accent de sympathie pour un être aussi méprisable, trop de phrases où la valeur du christianisme et son esprit se trouvent crûment niés ou défigurés, en font un mauvais livre dont un catholique doit s'interdire la lecture.
Toutefois l'on n'est pas autorisé pour autant à rendre M. Lasserre responsable de toutes les propositions que l'on rencontre dans les quelques 250 pages de son volume. Les idées qu'il y présente sont le plus souvent celles de Nietzsche et
1. V Action française, 15 août 1905, p. 247. N'oublions pas non plus le jugement que M. Maurras portait plusieurs années auparavant sur ledit opuscule : « ce curieux essai qui fournit un beau et original témoignage de ce que pourra le vrai talent appliqué à, défendre la vérité )) {Enquête sur la monarchie, p. 149).