‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 18 sur 155 · Le Correspondant, 10 déc. 1907, p · texte numérisé non relu

Le Correspondant, 10 déc. 1907, p

M. MAUnnAS

depuis de nombreuses générations se transmettait comme un héritage la fonction de percepteur*, avait conservé pour les institutions de l'ancienne France un inaltérable attachement ; surtout elle pouvait rivaliser avec les plus ferventes dans sa fidélité à l'Eglise catholique, l'Eglise des ancêtres : en un tel milieu, les premières leçons que reçut M. Maurras enfant devaient lui apprendre à aimer Dieu de toute son âme et par dessus toutes choses, et il en fut bien ainsi. Plus tard au collège ecclésiastique d'Aix en Provence, un prêtre du premier mérite^, pénétré de la mission surnaturelle qui incombe à l'éducateur chrétien, d'ailleurs « parfait humaniste », comme le dit M. Maurras à la première page de son Dilemme, l'introduisit aux lettres profanes et un autre prêtre non moins éminent '^, l'initia à la philosophie. Tout sembla donc conspirer à faire du jeune Maurras non seulement le « tra-

1. Sur la foi d'un témoigriage peu précis^ j'avais écrit tout d'abord dans les Etudes du 20 juillet 1909, p. 156, que M. Maurras appartenait à une ancienne famille de magistrats. M. Maurras releva aussitôt cette erreur et s'empressa de rétablir ainsi les faits dans une lettre au directeur de V Eclair de Montpellier: « Je ne suis pas d'une famille de magistrats, comme l'a dit par erreur M. P. Descoqs ; mon père était percepteur ; mon grandpère était percepteur ; mon arrière-grand-père était percepteur, lui-même fils d'un collecteur de taxes sous l'ancien régime, et si mon frère et moi nous ne sommes pas percepteurs, ce n'est pas faute d'avoir entendu dire, dès le berceau, qu'un de ces enfants « devait être percepteur comme leur père ». Ce trait d'ambition maternelle forme, je pense, un cas de cette hérédité professionnelle qui vous est certainement aussi chère qu'à moi, et vous comprendrez facilement, cher Monsieur et ami, que j'y tienne un peu et que je sois désireux de le rétablir pour mes amis du Midi provençal et languedocien. »

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