‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 22 sur 155 · Le Chemin de Paradis, Préface, p. ix · texte numérisé non relu

Le Chemin de Paradis, Préface, p. ix

l'orientation de l'œuvrb 13

au paroxysme », et pour cela l'on divinise la liberté de conscience. « On vante à haute voix cette force exécrable de dissolution et de ruine ainsi qu'un bien tout positif, un gain précieux et une sorte de conquête suprême des âges : comme s'il était rien de louable et de beau en soi dans la division des idées et le désaccord des doctrines '. » Nos têtes modernes se plaisent aux agents de désordre et de confusion. Eh bien ! qu'on le sache, aucune souffrance, aucune soumission, aucune servitude ne sera de trop pour ramener l'équilibre rompu et, partant, le bonheur. Car la nature est bornée, tout ne lui est pas permis, un ordre s'impose à elle impérieusement, qui exige une lutte violente contre des instincts plus violents encore.

A vrai dire, le livre n'a réalisé ce modeste plan que dans une mesure très imparfaite. La règle qu'il trace au plaisir ne dépasse pas, si elle y atteint, l'hédonisme d'Epicure-. Et ses fabliaux, d'un réalisme brutal, d'où se dégagent, en dépit de leur sereine apparence, d'acres senteurs de volupté, ont vite fait d'obscurcir l'intention moralisatrice de leur auteur, M. Maurras serait sans doute aujourd'hui le premier à le reconnaître ; mais, si nous

Page 1