V Action française^ 15 octobre 1899, p
2. Le culte de la science pour la science est odieux à M. Maurras et dans Trois idées politiques, -ç. 40, il le fustige avec éloquence.
3. Renan avouait lui-même : « Le critique voit trop bien les nuances pour être énergique dans l'action. Si M. Cavaignac ou M. Ghangarnier avaient été aussi critiques que moi, ils ne nous auraient pas rendu le service de nous sauver en juin » {l'Avenir de la Science).
4. Que d'ailleurs la politique de Renan soit essentiellement aristocratique, c'est ce dont on ne peut douter. Brunetière (Ci«y lettres sur Renan, pp. 64-79); M. Faguet {le Correspondant, 20 juin 1909, pp. 865 sq. ) et tous les critiques qui comptent s'accordent à le reconnaître.
28 A TRAVERS l'œUYRE DE M. CH. MAURRA8
actes, de ses écrits postérieurs » à Taffaire Dreyfus ^
Quant à Sainte-Beuve, l'une des idoles de M. Maurras, ce qu'il glorifie en lui, ce n'est pas l'homme, car, à la suite de Nietzsche, il stigmatise cet être féminin, à la sensibilité anarchique, aux instincts plébéiens et révolutionnaires; ce sera le jugement droit 2, pour qui l'analyse n'est pas simple exposé de faits, sans vie et sans vertu, mais principe de recomposition, de reconstruction, source d'où jaillissent les vérités générales et qui permet, « comme on peut dire en tudesque, une échappée sur l'idéal w.
Nous n'avons pas à discuter ici pareils enthousiasmes : aussi bien est-ce une question délicate de déterminer si quelques aperçus justes et pénétrants, mais fugitifs, sur le vrai suffisent à fonder la valeur d'un homme comme Renan, quand on sait, d'ailleurs, les écarts de sa pensée et l'estime où il tenait ce même vrai; et de préciser dans quelle mesure on a le droit de séparer l'homme et l'intelligence chez des écrivains comme Renan encore, A. France et Sainte-Beuve. Malgré les raisons toujours intéressantes qui les motivent, quelques-unes des admirations littéraires de M. Maurras ne sont-elles pas trop commandées par des affinités politiques et sociales et ne donnent-elles pas l'impression qu'en
1. L'Action française (quotidienne) du 7 décembre 1909. Ces justes restrictions feront-elles cependant pardonner les louanges dithyrambiques que, dans ce même article, M. Maurras décerne encore à l'auteur de Thaïs, de l'Orme du Mail... ? et faut-il attendre jusqu'à 1898 pour trouver dans l'œuvre d'A. France, le venin le plus subtil et le plus meurtrier ? — A la suite de M. Barrés, M. Maurras veut d'autre part que «France ait conservé la langue française». Pas plus que M. Delfour [l Univers, 7 janvier 1910), je ne me le persuade.