‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 29 sur 155 · Trois idées -politiques, p · texte numérisé non relu

Trois idées -politiques, p

l'okdre dans la littérature 29

dépit de sa puissance et de sa profondeur, M. Maurras assemble de temps à autre, comme on le lui a reproché, « les fantaisies de son choix dans l'harmonie d'un ordre général » ?

La réponse à ce grave point d'interrogation ne rentre pas dans cet exposé : elle trouvera mieux sa place dans la suite. Ce qu'il importait seulement de faire ressortir ici, — et les citations qui précèdent l'établissent, semble-t-il, abondamment, — c'était le caractère très spécial de la critique de M. Maurras. Veut-il juger d'un auteur ou d'une œuvre? Il les interroge avant tout sur l'ordre de la pensée, l'harmonie des puissances et si dans certains cas, — telle son admiration pour le grand destructeur qu'est A. France, par exemple, — le lettré, l'artiste l'ont emporté chez M. Maurras sur l'homme de principes, le sociologue, ce ne saurait être qu'à titre exceptionnel, pour des motifs que le cœur seul connaît, mais non sa raison. Aperçoit-il un esprit équilibré qui consent à une règle et écrit, non d'après son caprice, mais selon des principes plongeant leurs racines dans la réalité, l'expérience acquise, la nature, il lui accorde sa confiance et ses éloges. Croit-il, au contraire, découvrir l'impatience de tout joug, le mépris de toute discipline, la volonté de ne se fier qu'à l'inspiration personnelle, homme et œuvre sont d'avance classés. L'individualisme est à ses yeux l'ennemi qu'il faut poursuivre sans merci, jusqu'à ce qu'on ait fait retour à l'ordre consacré par la tradition ^

1. Sur la matière traitée dans ce chapitre on trouvera d'utiles indications chez Henri Clouard : Ch. Maurras et la critique des lettrée (Reoue critique des idées et des livret^ 26 avril 1911).

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