Enquête, pp
42 A TRAVERS l'œUVRE DE M. CH. MAURRAS
réclame, à la suite d'illustres maîtres, en faveur du père de famille la liberté de tester, afin d'assurer son autorité sur ses enfants, et la responsabilité de l'éducation de ces mêmes enfants ^
Nous sommes loin de l'Etat-Providence et de l'ingérence indéfinie des pouvoirs publics dans les domaines particuliers -.
L'organisation sociale
A quels faits, sinon à quels principes, M. Maurras appuie-t-il la supériorité du droit social sur le droit individuel, et quelle place attribue-t-il aux divers individus dans la cité de ses rêves? L'étude de cette question nous introduira au cœur même de son système politique.
M. Maurras commence par recevoir de l'expérience ce fait indiscutab]e,que ne saurait ignorer une observation même rudimentaire : entre les membres de toute société existent des inégalités physiques, intellectuelles, morales, contre lesquelles ne peut prévaloir aucune théorie. Quelques-unes sont inhérentes aux individus et à l'usage qu'ils font de leurs facultés; d'autres leur sont extérieures et ne dépendent pas d'eux. Chacun exercera donc son activité dans un sens spécial, selon ses aptitudes
1. Ibid., p. 92. Outre Vidée de décentralisation déjà cilée, on pourra lire encore avec profit : Un débat nouveau sur la République et la décentralisation (en collaboration avec J. Paul-Boncour), pp. 45-92 : Que la République ne peut pas décentraliser.