‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 34 sur 155 · Enquête^ pp. 'è · texte numérisé non relu

Enquête^ pp. 'è

48 A TRAVERS l'œUVRE DE M. CH. MAURRAS

puisqu'eii dépit de cent années de révolutions pour la conquête de l'égalité, la séparation s'accuse de plus en plus profonde : sur ce point, M. Maurras et son école ont le triomphe facile.

Or, parmi ces classes, il est naturel, nécessaire même, qu'il s'en constitue une, V aristocratie \ dépositaire des expériences anciennes et de toutes les traditions d'honneur et de générosité accumulées parles générations précédentes; sa fonction sera de présider au développement de toutes les énergies des familles qui l'entourent dans le sens de leurs intérêts et de leur tempérament : elle sera l'instrument-né du progrès, delà prospérité, de la richesse. Et ainsi nous apparaît déjà la cité avec ses principauxéléments : familles, professions, classes se compénétrant mutuellement, tout en maintenant les distinctions sociales, enfin aristocratie, largement ouverte, accessible à tous les talents, récompense de tous les courages.

Poursuivons notre enquête. Les cités ne vivent pas isolées : celles qui ont mêmes intérêts, mêmes aspirations, même langue, mêmes souvenirs, dont le sol fournit les mêmes produits, dont la géographie assure des relations mutuelles constantes, s'unissent naturellement pour former les régions, les proi>inces. A leur tour, les provinces que rapprochent des liens historiques, moraux, ethniques, se groupent pour former la nation, la. grande patrie 2. Celle-ci, qui est la société par excellence, condition de tout pro-

Page 1