‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 35 sur 155 · Ibid., pp. 87 sq., 228 sq · texte numérisé non relu

Ibid., pp. 87 sq., 228 sq

2. Sui* le rôle des nations dans la Tie internationale et le progrès du genre humain, cf. l'Action française, 15 novembre 1899, pp. 514-515.

l'ordre dans la société 49

grès fécond, s'appuie avant tout sur le sol, la terie des aïeux ; elle répond à des aspirations d'un ordie supérieur greffées en quelque sorte sur les aspirations individuelles; elle les dilate, elle les étend; elle offre à ses enfants un idéal qui dépasse leurs propres besoins et prolonge les limites de leur peisonnalité.

Les membres de toute nation vraiment caractérisée ont comme un « air de famille », des « façons de sentir » identiques, une âme commune, irréductible à toute autre. Or, de cette âme commune, le principal agent créateur et conservateur, c'est la famille, toujours la famille ; c'est elle qui prépare l'enfant, l'adolescent à vibrer plus tard à l'appel des grands devoirs, à voler au secours des siens en danger; elle qui développe en lui les tendances conformes au tempéramentde la race etélimine celles qui lui sont opposées ; elle qui lui transmet l'écho du passé et dépose en son cœur tant de germes mystérieux qui tressailliront bientôt à la voix des morts. Caria patrie comme la famille est encore plus faite des morts que des vivants, et l'on peut dire hardiment que sa force principale réside dans cette continuité qui les relie entre eux. Comte l'avait bien vu : « 11 avait senti profondément ce qu'il y avait d'anarchique et de « subversif » à concentrer « la sociabilité sur les existences simultanées », c'est-à-dire, à croire que nous ne formons de société qu'avec nos contemporains, à méconnaître « l'empire nécessaire des générations antérieures », et enfin à faire prévaloir la solidarité dans l'espace sur la continuité, qui est la solidarité dans le temps : en renversant un rapport si défectueux, en rendant aux hommes

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morts et aux hommes à naître la première place dans la réflexion des meilleurs, il a fondé vraiment sa philosophie et sa gloire^. »

L'organisation politique

Pour que la patrie puisse vivre et réaliser sa mission, laquelle est de protéger les individus et de promouvoir l'intérétgénéral, il lui faut, nous l'avons vu, un organe directeur. Quelle loi fondamentale présidera à sa détermination et à sa conservation ? Encore la loi de l'hérédité. Dès là que la famille est la cellule primitive de la société et que par le sang se communiquent tradition, rang, fonction sociale, pourquoi la fonction directrice et modératrice des intérêts d'ordre général, la plus haute de toutes les fonctions sociales, ne se transmettrait-elle pas par le sang comme les autres ? Cette raison d'ordre logique ne manque pas de valeur ; elle montre dans le système une réelle cohérence, et, en fait, la plupart de ceux qui admettent avec M. Maurras la théorie de la famille cellule sociale en ont déduit immédiatement cette conséquence, les fondateurs de r Association catholique et de l'Ecole des catholiques sociaux-, aussi bien que les disciples authentiques

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