‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 45 sur 155 · V Action françaisCyloc. laud., pp · texte numérisé non relu

V Action françaisCyloc. laud., pp

2, Le Chemin de Paradis^ pp. xxix, xxx.

LA BIBLE ET l'ÉGLISK 85

quitter « ce cortège savant des Pères, des conciles, des Papes et de tous les grands hommes de l'élite moderne pour se fier aux Evangiles de quatre Juifs obscurs ». L'expression est plus qu'impertinente et elle fait violence à l'histoire. Mais la suite, en expliquant les motifs de la défiance de M. Maurras, ne laisse pas de corriger cette impression funeste : « car autant vaudrait suivre le Christ intérieur des gens de la Réforme, ou la conscience morale des Latins, ces huguenots antiques, ou encore le vague Dieu qui multiplie par l'infini les divers placita de M. Jules Simon. Bons ou mauvais, nos goûts sont nôtres etil nous est toujours loisible de nousprendre pour les seuls juges et modèles de notre vie; mais quelle honte de n'en point convenir franchement et de pallier d'exégèse son anarchisme ou son péché ! Ou quelle lâcheté de s'enquérir de paravents de métaphysique morale pour esquiver les servitudes et les sujétions de la vie ! » En d'autres termes, pour entrer dans l'intelligence du Christ, M. Maurras ne veut pas se contenter de l'Ecriture interprétée d'après les seules lumières de l'inspiration personnelle, chacun, avec un tel guide pouvant y trouver ce qu'il lui plait et couvrir de cet écran pseudo-divin les pires vilenies. — Qu'il y ait dans cette page de l'imprécision, du paradoxe : et que M. Maurras y insinue même cette très grave erreur que l'Eglise n a pas seulement m^er^re/e l'Evangile, mais qu'elle l'a cornue et changé ^ : nous ne ferons pas difficulté de le reconnaître. Sous cette forme outrée, ce texte n'en paraît pas moins affirmer la nécessité d'un magistère vivant pour transmette au peuple chrétien

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