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M. MAURRAS ET LES PRINCIPES CATHOLIQUES

INTRODUCTION Le problème

La notion d'ordre, centre unique vers lequel tout converge, autour duquel tout se meut : littérature, sociologie, religion; voilà donc, semble-t-il, la clef de la pensée de M. Maurras. Mais cet ordre est emmuré dans le contingent, rivé aux réalités finies; chez l'individu, bonne entente des facultés; dans la société, parfaite ordonnance des rapports mutuels, hiérarchie des classes et des individus; toutes les activités intellectuelles, économiques, religieuses, humbles servantes de cet équilibre social, condition sine qua non de vie et de prospérité pour une nation : tout se réduit à des intérêts temporels, à un idéal terrestre, palpable, auquel est interdite toute échappée sur le transcendant.

Avant même de discuter la valeur philosophique d'un tel système et de préciser jusqu'à quel point on peut lui faire crédit, un problème se pose pour le catholique : quelle attitude est permise, en conscience, à l'égard d'une politique qui, soucieuse de régler les rapports de l'homme avec la société,

ne reconnaît à l'élément social ou religieux qu'une valeur relative? Prôner l'efficace d'une doctrine pour mater et discipliner les âmes, pour assurer au corps social le jeu facile de ses divers organes, c'est bien. Mais objecte-t-on à M. Maurras, avezvous pris garde que cette institution, réduite par vous au vasselage, a nom l'Eglise catholique? et que cette société, la plus haute qui soit, n'est plus, dans votre système, qu'un simple instrument, un moyen, un rouage comme un autre, après tout? Comment un chrétien de cœur accepterait-il jamais pour sa mère pareille déchéance ? Nous ne sommes point les fanatiques d'un mythe; nos prêtres ont mieux à faire que de nous leurrer. Entre utilitarisme religieux et religion utile même aux choses de ce monde, il y a pourtant quelque différence!

L'objection est grave et en soulève un grand nombre d'autres : la méthode suivie par M. Maurras pour étudier les faits politiques est-elle, oui ou non, recevable? et cette question, comme toutes les questions de méthode, ne commande-t-elle pas le système entier ? Enfin, M. Maurras, en raison de son agnosticisme avéré, n'a-t-il pas été réellement conduit à soutenir, sur les rapports de la religion et de l'économie sociale, des principes incompatibles avec les principes catholiques? Si oui, tout l'édifice de ses reconstructions sociales serait, on le comprend, jugé par le fait. Un catholique n'aurait plus alors qu'à l'ignorer ou mieux il devrait le combattre. C'est pourquoi, avant de nous prononcer sur la valeur philosophique du système, il semble nécessaire de traiter cette question préjudicielle; l'étude critique qui doit suivre ne pourra

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