LB PROBLÈME
qu'y gagner en clarté. Nous ne nous dissimulons ni l'extrême délicatesse de l'entreprise, ni la difficulté de proposer une solution équitable qui ait chance d'être agréée de part et d'autre : nous jouons ici avec le feu. Hasardons-nous cependant en toute loyauté, et sans jamais nous écarter des principes religieux.
Pour atteindre plus sûrement notre but, comme nous l'avons dit au début de cet ouvrage, nous laisserons décote toute application immédiatement pratique sur l'attitude qu'il conviendrait d'adopter dans la crise présente et nous nous en tiendrons à la spéculation pure. Dans sa montée patiente vers ce qu'il estime être la vérité sociale, quelle méthode M. Maurras a-t-il suivie? Quelles objections cette méthode a-t-elle éveillées? Que vaut enfin cette méthode au regard du dogme et de la morale catholique? — Ces points une fois éclaircis, un dernier restera, le plus important : esi-il permis, au moins en théorie, à un catholique, d'accepter sur le terrain de l'action le concours d'un homme pour qui le dogme chrétien est sans valeur objective? Si la conclusion est négative, la conduite pratique à tenir se trouvera tracée par là même. Serait-elle affirmative, on n'en pourrait rien préjuger pour ou contre Vopportunité d'une action politique commune, celle-ci dépendant d'une foule de conditions très complexes qui veulent être traitées à part et relèvent de l'autorité compétente. Nous ne pourrons sans doute éviter de rappeler la situation présente de l'Eglise de France ni ses points divers de perspective, mais nous nous interdirons scrupuleusement toute conclusion sur la ligne de conduite
pratique à suivre. Apporter quelque élément de paix en ce débat crucifiant, dissiper les obscurités qui empêchent plus d'une âme droite d'apercevoir le vrai dans une matière aussi complexe, nous ne cherchons rien de plus. Notre unique ambition est, dans cette étude apologétique, de servir, en les éclairant, amis et adversaires de M. Maurras.