Le Dilemme, pp. 121,122, note
128 A TRAVERS l'œUVRE DE M. CH. MAURRAS
OU science des Etats et des sociétés, s'applique tout d'abord à défendre, puis à conserver ces sociétés et ces Etats, théâtre, condition, support, aire et emplacement de tout progrès et perfectionnement possibles. » « L'ordre de la politique et l'ordre de la conscience sont distincts. La conscience humaine poursuit des fins spirituelles, elle cherche le salut individuel. La politique du temporel s'intéresse à la vie prospère des communautés : elle détermine les conditions générales du bien public dans les groupes naturels que forment les hommes. Elle relève donc, comme ces groupes, d'un ensemble de lois naturelles^ ». Et c'est d'elle seule qu'il s'occupe, dédaigneux de tout ce qui concerne l'homme individu, et donc de la morale : il « observe la nature de l'homme social et non sa volonté, la réalité des choses et non la justice : on constate un ensemble de faits dont on ne saurait dire après tout s'ils sont moraux ou immoraux, car ils échappent, de leur essence, à la catégorie du droit et du devoir^ ».
Maisalors c'estla séparation complète de la morale et de la politique, la négation du droit et du devoir? et dans l'étude de l'homme social, on omet l'élément essentiel? La notion de droit et de devoir vise l'homme social aussi bien que l'homme individu et négliger de parti pris cette vérité, n'est-ce pas s'exposer à heurter les vérités fondamentales, qu'il importe au contraire de mettre à la base de la société? — M. Maurras s'en défend. Lorsqu'il sépare moral et social, « moral », pour lui, signifie le côté