Le Correspondant, 10 juin 1908, p
Strictement individualiste de la philosophie de Kant, « tout ce qui revêt, dans quelque conscience que ce soit, la forme de l'impératif catégorique et indépendant^ ». Mais, par morale du sentiment individuel, entendez-vous une règle reconnue d'un commun accord par les bons juges, ceux que l'on estime les meilleurs, il n'a pas dessein d*y soustraire la politique. Les hommes d'Etat n'ont pas un droit particulier de s'exempter des obligations morales, universelles et « nous professons, quant aux rapports de la politique et de la morale, les principes qui sont classiques^ ». Toutefois, s'il est des cas en politique où la morale a voix au conseil, il s'en trouve d'autres, — ceux par exemple qui ont trait à la structure sociale ^, — où elle n'a pas à prononcer. Et M. Maurras s'applique à les déterminer. Une nouvelle question se pose alors : la religion ne doit-ellepas conditionner l'orientation de la politique ^ et la vérité dogmatique n'a-t-elle pas autorité pour intervenir? — Ici encore, M. Maurras affirme la possibilité d'une distinction; il se fait fort de pouvoir, dans les mêmes limites, étudier la structure de la société temporelle et les conditions de son développement, abstraction faite des données religieuses. Aucune opposition ne peut naître, selon lui, entre les deux ordres, pourvu que l'étude soit menée constamment dans la ligne du relatif et maintenue dans la sphère des faits. Le fait religieux
1. L. Moreau, dans VAction française^ 1" novembre 1907, p. 209, note.