Le Correspondant, 10 décembre 1905, p
4. M. Lug-an [op. laud., pp. 144-146), il est vrai, adresse cette objection à M. Bourget; mais ce qui vaut pour l'un vaut ici évidemment pour l'autre, puisque M. Maurras tient sur ce point, à la suite de beaucoup de catholiques d'ailleurs, exactement la
et des actes ? A la question posée au début du mouvement : « Dès là que les libertins nationalistes de l'Action française recherchent la même chose que les catholiques, c'estàsavoirempêcherque la France ne se dissolve dans l'anarchie et retarder au moins ce malheur, va-t-il falloir s'excommunier parce qu'on nepense pasde mêmeen matière religieuse^ ?» — on affirme aujourd'hui de divers côtés que la réponse s'impose : il y a, pour séparer les uns et les autres, un abîme infranchissable.
Avant de résoudre ce cas de conscience, rappelons quelques points de doctrine qui commandent cette matière.
même doctrine. Pour éviter toute erreur, je répète encore une fois que je me contente ici d'exposer à un mode impersonnel les objections que l'on a formulées contre M. Maurras. En ce qui concerne cette dernière accusation de modernisme, je la fais si peu mienne, quant à ce point particulier^ que, la discutant plus loin avec celles qui précèdent, je ne lui accorde aucune valeur.
1. A. Gavelier, Catholiques et Libertins [l'Action française^ 15 février 1901, p. 281). L'auteur de cet article concluait hardiment pour la négative et émettait cette idée séduisante : « Qui sait? Les catholiques qui, en entrant dans cette association, n'ont renoncé à aucun de leurs soucis pourront peut-être, avec prudence et douceur, faire œuvre d'apostolat. Le positiviste n'est souvent pas autre chose qu'un catholique, qu'une sorte de respect humain et le désir de vivre à sa guise retiennent aux abords de la foiPNe pourra-t-il arriver à ces frères d'armes de s'entendre sur d'autres points que sur l'organisation du pouvoir? Et le libertin positiviste ne sera-t-il pas près de partager la doctrine de son frère, le jour où il lui apprendra vraiment que, dans sa beauté complexe et fine, elle n'est hostile ni à la liberté ni à la joie? » (P. 285.) Ces vues optimistes trouveront-elles avec le temps une large réalisation ? L'avenir nous le dira. Un point seul reste acquis: le cas fort intéressant d'une conversion au catholicisme parles doctrines de M. Maurras, que signalait V Action franfats« du 15 novembre 1908, n'est pas isolé: j'en connais plusieurs.