Trois idées politiques, pp
2. C'est à ce point de vue qu il l'envisage avant tout ici comme partout ailleurs, et sans doute ce n'est pas le plus large. Il ne reste pas moins permis de s'en préoccuper et les conclusions que ce point de vue suggère ne laisseront pas d'avoir leur prix.
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d*un point de vue tout relatif, ce qui laisse en suspens les problèmes fondamentaux, mais peut être pris comme terrain de discussion. Or il estime l'idée du Dieu créateur et souverain Maître de toutes choses parlant aux hommes par la voix de leur conscience, telle qu'elle est présentée par l'Eglise catholique, non seulement inofîensive, mais encore belle, noble et fondant un admirable système. L'idée de Dieu qu'il repousse, sans qu'il soit possible d'équivoquer sur ses intentions, est celle d'un Dieu qui communique directement et sans intermédiaire avec les hommes, d'un Dieu qui suscite tous les élans de la passion pour les sublimiser et les vouloir irrésistibles : le déisme qu'il pourchasse est « ce déisme sentimental propagé par les Allemands et les Suisses du salon Necker » qui amène la raison à prendre pour adorable tout ce qu'elle imagine, à repousser toute autorité extérieure, à se déclarer absolument autonome. Qu'en réalité l'idée que se font de Dieu les hétérodoxes visés par M. Maurras, malgré la part de vérité qu'elle contient puisse, dans une âme « révoltée contre les intérêts généraux de l'espèce » produire les effets funestes qu'on nous décrit, nous ne ferons pas difficulté de l'admettre : les faits sont là nombreux qui donnent à cette pensée une confirmation hélas! trop éclatante.
D'autre part, si malheureusement M. Maurras n'accorde pas pour son compte de valeur objective à l'idée du Dieu catholique qu'il juge bienfaisante, il ne saurait, sans la plus niaise des contradictions, vouloir l'arracher des âmes, comme on lui en prête gratuitement le dessein. Du point de vue politique et relatif où il se place, il dit et répète que l'Eglise
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est le plus ferme soutien de l'Etat, que sa discipline est la garantie souveraine des intelligences et des volontés. Mais où réside l'efficace de cette action et de cette discipline de l'Eglise sinon dans la croyance vive en un Dieu infiniment parfait, auteur (le la nature entière qui entre en communication avec chaque homme par l'intermédiaire de la conscience et du magistère de son Eglise même ? Arracher cette croyance, c'est supprimer toute raison d'être et toute vertu au catholicisme : qui veut le triomphe de celui-ci dans les mœurs, dans la société, comme M. Maurras, fût-ce pour des desseins terre à terre, le veut nécessairement avec ce qui est le plus lui, ce qui constitue le principe essentiel de sa vie, de son influence, avec ce qui en fait la grandeur. Et c'est pourquoi, M. Maurras dans toutes ses publications postérieures, dont la préface du Dilemme est la pièce capitale, a marqué sa volonté expresse d'assurer à l'Eglise son développement le plus complet, selon ses exigences les plus minimes et la vénération qu'il professe à l'égard de sa doctrine; voilà pourquoi encore parlant du comtisme, il écrit : « vouloir traiter le corps de l'Eglise autrement qu'elle ne se conçoit et ne se définit elle-même est une chimère libérale qui décevra toujours quiconque l'aura poursuivie^ ».
A cet argument décisif s'en joint un autre dont la valeur logique a également son importance.
M. Maurras, pour qui la principale force du gouvernement monarchique réside dans l'identification de l'intérêt général avec l'intérêt particulier réali-