‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 90 sur 155 · Revue hebdomadaire^ 21 janvier 1911, p · texte numérisé non relu

Revue hebdomadaire^ 21 janvier 1911, p

ou SERAIT LE DANGER 251

et ne cessa de vilipender la première de toutes les institutions naturelles et divines? Serait-ce enfin, ô ironie des choses! pour l'individualisme féroce de ce Julien Sorel — , le héros de son plus fameux roman : Le Rouge et le Noir^ que l'on vante comme un chef-d'œuvre sans égal, et la réplique de Stendhal lui-même, — de ce séducteur de profession qui ne croit qu'à la force du lion et au besoin de l'animal et meurt sur l'échafaud pour crime passionnel? « Par dessous les convenances, — remarque M. P. Bourget dans le portrait qu'il en a tracé — par dessous les convenances dont notre cerveau est surchargé, par dessous les principes de conduite que l'éducation incruste dans notre pensée, par dessous la prudence héréditaire qui fait de nous des animaux domestiqués, voici reparaître le carnassier primitif, farouche et solitaire, emporté par le struggle for life comme la nature entière. Vous Tavez cru dompté, il n'était qu'endormi. Vous l'avez cru apprivoisé, il n'était que lié. Le lien se brise, la bête se réveille, et vous demeurez épouvanté que tant de siècles de civilisation n'aient pas étouffé un seul des germes de la férocité d'autrefois ^.. » Celui qui a créé ce type était un analyste puissant, nul ne le niera, mais avant tout et surtout un être d'anarchie qui portait en lui et ne sut distiller que des poisons révolutionnaires.

Pour certains dons d'écrivain, que d'ailleurs quelques-uns des plus grands maîtres de la critique, à commencer par Sainte-Beuve, lui ont formellement déniés, comment oser s'extasier devant l'œuvre

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