‹ A travers l'OrientChapitre 12 sur 19 · A II · texte numérisé non relu

A II

donn

grandeur tris te, qui peut être, ni

Bions à travers la Vil] ] :i quel

Instanl

plus vrai.

Le Pi : « ruido n'ava q, plusi

tre qous ont payé i

sur l,i terrasse du couvent : M. de B. ticulièremenl puni : L'ophthalmie, donl il ntail quel-

ques atteint gravée, et le

docteur, pour couper court à une maladie qui trop b vent se termine par la p >rt i d i la vue, l'a demeurer enfermé dans un mentée par la pose de 12 sa .-

La ce m1" • st un malheur inondé de lumières, où toutes les m la chaux réfléchissent, comm rayons «lu soleil, où le sable à l'étal impalpable '

sse dans l'air. L'E -ique d -

ciegos qui vont, tâtonnante! . implorer la

charité publique, en chantant leur- >mpa-

gnées du grincement d'une guitare pleurai* 4 rien

en comparaison de l'Egypte et de la Judée. La quanti d'aveugles que nous rencontrons dans chacune de nos promenades esl incroyable, et je comprends a présent la vraie raison pour laquelle les femmes de Jérusalem - couvrent les yeux d une mousseline. Les parents devraient avoir la même attention pour leurs enfant <.

presque tons ont les paupières dans un étal déplorable et noires de mouches, qu'ils ne se donnent même pas la

peine de chasser; c'est hideux à voir.

Cette maladie n'esl du reste pas la seule; la Lèpre, disparue en Europe, continue ses ravages parmi ces populations, vivant dans un état d'apathie et de saleté donl rien ne saurait donner une idée. C'est à Jaffa que j'ai rencontré les premières malheureuses atteintes de ce mal affreux, depuis j'en ai rencontré souvent, toujours des femmes ; elles se tiennent par groupes autour des

portes des villes, implorant la charité publique avec une voix éraillée, aiguë, sifflante, leur visage découvert n'a plus forme humaine, mais ressemble à un tronc d'arbre écorcé, luisant, couvert de nœuds polis par le frottement, leurs mains n'existent plusqu'à l'état de moignons, frangés d'excroissances rondes, courtes, tuberculeuses, qui ont été des doigts, mais dont L'horrible

mal a fait des boules durcies, presque osseuses.

On dit que cette Lèpre n'est pas la même que celle

qui sévissait en Europe, et qu'elle n'est pas contagieuse ; dans tous les cas, ce que j'en ai vu expliquerait facilement l'horreur qu'elle inspirait à nos pères, et Les précautions souvent barbares prises contre les infortunes qui en étaient atteints.

M. de Vogué parle, quelque part, du silence solennel et des nuits recueillies, qui n'appartiennent qu'à la veuve de Sion ; je le félicite de n'avoir pas été L'hôte do cette veuve, pendant le Khamadan. Il m'a été

complètement impossible de fermer L'œil. Vers minuit tous les appétits étant assouvis, le murmure confus de la rue a tourne au tumulte, et passant par le crescendo et le risforzando, est bientôt devenu assourdissant. A

cinq heures du matin, on aurait pu croire que le tapa allait faire tomber les murs comme à. Jéricho, quand enfin

mp de ntl et loui

silence.

Je ii - l'ari Heur n "çu !••

lent, on v'ji ;,V;i!t une p ca ï I" prophète n'a pas «lu èl

i i par trop jour pour comm quitté mon lit, déplorable analoj it«

isque aussitôt l'infatigable Pra L i pour chercher i - I >urisl ta valM ni le nombre

commence à décroître d'une manière inquiétante. 1 1 n.-ivani nous ferons deux excursions par jour, ; ri le soir, coupées par un r repos de 1 1 heures a i.

C'esl l»1 bon moment p >ur

J*en profite pour colliger plut - no-

qui commencent à me subD qu'avec un peu do bonne volonté je trouvi -Hu-

ment matière à un volui nade.

Des • ollines sur 1 isquelles ; Ville S

celle que nous avons visitée tout d'abord, est le mont Sion. Les Jébuséens qui, de mèm que toua I primitifs, recherchaient les lieux 1 lus in pour y construire leurs ida, choisirent de pn ce plai au. défendu «1 par de profondes val-

lées, pour y ; ii ville de Jébu*, nom prini

Jérusalem, et en foi"! ttte par 1 \t murailles

cyclopéennes renfermant dans leur enc : teress

encore debout.

Ils la croyaient et devaient en effet la croire inexpugnable lorsque David vint l'assiéger; aussi répondirentils par des railleries aux sommations qu'il leur fit d rendre à lui.

Mais David était prédestiné à - *nts de

toute sorte ; la citadelle tomba en son pouvoir ; au lieu de l.i raser il la fortifia, s'y établit et en fil son habitation.

Aujourd'hui elle s'appelle tour de David, on en sort par la porte de David, on y arrive par la rue de David, le mont Sion lui-même s'appelle montagne de David.

Chaque maison, chaque pierre éveille le souvenir du roi Prophète. Là il <l;ms;i devant l'arche, ici il reçut la reine de Saba, de la terrasse de cette leur il aperçut Bethsabée qui démolirait dans la maison dTri tout auprès, dans cette tour aussi il composa ces psaumes sublimes inspirés par la douleur de son crime, et qui jamais n'ont Mes on beauté dans aucune langue*

Le mont sion lui appartient comme le mont Moriah à Salomon.

vaniteux Hérode, qui avait la passion de foire grand,

linl à honneur d'ajouter à celle de David, trois autres tours, a chacune desquelles il donna le nom de son ami, de son ï'vôvo ou d:> sa femme* les entoura d'un fossé profond et de murailles crén détruites plus tard,

sauf la tour primitive, mais reconstruites ensuite, avec

les mêmes matériaux et formanl la citadelle actuelle* dont l'enceinte tombant en ruines laisse à découvert la tour de David, de construction jébuséenne, vieille de plus de 3,000 ans, toujours Inébranlable sur sa base, et donl los blocs énormes taillés à bossages, chauds de ton, superbement dorés par le soleil, défienl fièrement les injures du tempe.

A quelques pas dr ri^ magnifiques restes, le frère Lievin nous a montré on groupe de constructions toutes neuves, vêtues de leurs robes blanches encore immaculées, l'église anglaise, le consulat et la maison d< pasteurs protestants.

LVmpli ;em >ntdutempleanglicanaét4singulièrement

240 rRAVEi

choisi, parfaitemi nt, di i al i rentieuses : lui du pa

qui lit i; les hum, , (tabler Le Chrisl d'ui

cher l.i tête à Bainl Jean pour plaire à m mourir p.i r l mt que

cela plaisail a . il lit en» .. <■ i

Paire '1»' ce palais, si honteusement i son a psaumes et un magasin à biblei n'avoir pas La main heureuse.

Au douzième siècli avaient construit, un peu en arrière du temple acti une petite église encore debout, à L'end] tombée La tète de saint Jacques 1" Mineur, mari par ordre d'Hérode. Us avaient pn bourreau, Le juste opprimé à L'inique oppn que croyance a ses traditions.

Sauf la partie occupée par La p tite babel jud prusso-anglaise, Le mont Sion est < /./-

Kalaah, ou forteresse, par Les Amn . ;ui

ont réuni la leur patriarcnat, leur : ai-

naire, leur cathédrale, Leurs couvents d'honn femmes.

L'église actuelle d( occupe L'emplacement de la maison d'Anne, beau-père de Caïphe. MaL g haute dignité - taie,

prince des prêtres ne valait guère mieux qu'Hérode, ce fut chez lui que fut conduit tout d'abord le Chri amené par les soldats du Jardin des 01ivi<

(le sinistre privilège était bien dû à celui dont le ,l dre avait dit aux Juifs : 11 est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple. »

Du premier oratoire, qui n'a de remarquable qu'une citerne à fleur de terre, on passe dans l'église propre-

ment dite, reluisante deproprel , d >nl le I >nd esl occu par un autel sculpté et doré; sur Lequel u >us ne finies que jeter un coup d'œil en nous dirigeant vers une petite chapelle située à gauche de L'église.

La se tenail assis Le grand-prètre Aune quand il interrogea Jésus pour la première fois. Un autel s'élève à la place où setenait L'accusé, quand un soldat grossier le frappa brutalement au visage, sous prétexte que Jésus repondait avec trop de fierté.

Los maîtres insolents font les valets abjects. Anne ne parut pas même s'apercevoir de l'ignominie dont le couvrait cette brutalité.

Pendant cette scène honteuse, d'autres soldats se chauffa ion! dans la petite cour, quenous traversâmes en sortant, et dans Laquelle Le F. Liévin nous fit remarquer quelques oliviers, que l'on dit être les rejetons de celui auquel fut ai taché le Christ, pendant que les gardes raillaient Pierre qui se trouvait parmi eux.

Ces souvenirs serrent Le COBUr.

Une succession do passages nous conduisil a La cathédrale arménienne, dédiée sous Le vocable d^ Saint Jacques Le Majeur, dont la tète tomba en cet endroit sur le sol. L'édifice estbeau, et surtoutdécoré avec unesomptuosité Lien rare en Orient ; marbres, dorures, lapis, Lampes ciselées, chaires et rétables, en bois sculpté à

jour, peintures byzantines sur fond resplendissant, rien n'y a étéépargné. Tandis que Les catholiques ont à peine de quoi vivre à Jérusalem, les Arméniens non unis, les Grecs, les Protestants sont très-riches. Nulle part on ne seul aussi bien la vérité de celte parole : Mon royaume n'est pas de ce inonde. »

Qui voudrait se convaincre encore mieux de cette inégalité de fortune, n'aurait qu'à comparer l'humble apparence de la Casa-Nova avec la somptuosité des établi s-

■ menta du même genre,

Kii he, pendant quedan

.1 pour détendre plu mis

iblis .1 l'extrémité de la villi i H

en dehors d nceinte,niôt< llerie catholiq rdue

dans le quartier !»• pi us populei des humbles touf près du Ca ilcre.

i.,i pauvreté rapproche de la eroii éloigne.

Le mon! inte

actuelle vers le Bud, jusqu'aux I delavalléV

Gihon ; ce prolongent ut était autn mon

m1 dressanl à pic sur la crête d :it.

i. féroce Antiochus Epiphane en avail fait le île d'un nouvi ••m genre d'atroci

cipiter dans l'abîme, du haut des crénaux, l- - femmes juives avec leurs enfanta attachés au cou.

A peine eûm is franchi la pi S n quen

nous trouvâmes [>i,«is({ul> dans le désert.

Jérusalem n'a que <! — rs fui

les autres villes s'enguirlandent de jardins, d'él< g maisons, d'arbres, de fleurs et de verdure, la ville

l'entoureque de tombeaux onde r Le quartier

arménien ne ; lui-même que sur I -

passé. Pour asseoir les fond sdel'Ég

il a fallu déblayer des bi - de plus de 6 toises de

profondeur. Certain* - antiques ne se retrou1

({ne sous une couche de débris qui a cinquante pieds d'épaisseur.

Deux ou trois églises isolées, quelques groupes de niaisons, de tombes serrées les unes contre les autres, occupent la plus grande partie extérieure du plateau: nous nous dirigions vers la principale église, quand notre guide nous arrêta pour nous faire remarquer un fragment de

A TRAVERS L'ORIENT 2'l'A

colonne incrusté dans une muraille croulante, c'esl Là tout ce qui reste d'un oratoire, élevé parles pr« chrétiens, au lieu m une ou les Juifr ni

d'arracher Le corps dfe La Sainte Vierge aux apôtres et aux disciples qui le portaient au tombeau.

Nous espérions visiter l'église de Saint-Sauveur, bâtie sur L'emplacemenl de La maison de Caïpb -, il nous a été impossible d'y pénétrer. Le portier arménien en a perdu la clef, prétend-il ; pendant qu'il étail 8 msé La chercher, nous nous sommes assis dans la cour, ou, pendani la nuii fatale du jeudi au vendredi, sainl Pierre renia son divin Maître.

Pierre* vait suivi les soldais; de tous les apôtres c'était encore le plus courageux, le plus attaché à son maître, trois fois de suite, cependant, il avait répondu:

le ne connais pas ccl lionnnedà, i quand le coq chanta.

El le Seigneur, se retournant, le regarda, el Pierre sonvin! de la parole qu'il lui avait dite : Avant que le

coq chante tu me renieras trois t'ois.

Kl étant sorti, il pleura amèrement.

L'endroit où il alla cacher ses Larmes a mère a 9e trouve, selon la tradition à deux ou trois cenl - pas de là, sur la

déclivité du mont Sion, dans une caverne ou grotte

naturelle peu profonde, Largement ouverte, et dont les

parois de calcaire brut portent la trace des feux allumes par les bergers. Quelques-uns d'entre nous seulement ont fait cette excursion pénible, à cause de l'effroyable chaleur; j'en ai rapporté une petite fleur poussée dans le sol, ([ne le Prince des Apôtres arrosa de ses larmes. Mademoiselle d'E. ne se oontentanl pas de si peu 1 parvenue « à détacher du rocher un véritable bloc, qu'elle a emporté avec sa vaillance ordinaire, et généreus ment partagé entre Les pèlerins restés à Saint- Sauveur, ai (en-

il mi .1 l'ombre la clef introuvable... et p i. i •! q | en len

Ensemble no oum le cimel itôl

les nombreux cimetières chrétiens musulman» qu Mi'iii l'espace sur lequel Raymond, con avait s n camp pendant le

les Ci

Quand l'armée chrétienne Mil dai

position, l.i maison où mourut la Vi< tque l'on

avoir été à peu près entre les cimel nien actuels, n'existai! déjà plus, el le Cénacle, la Mde toutes les i jgtises, puisque ce tut da inte

(juc Notre-Seigneur institua le sacrement d< % ristie, et célébra av< • b< s apôtres la - Qt I reconnaissait qu'à un amas de ruin< b.

l - ruines ut trop our

ne pas devenir l'objet de la pieuse at1 qui si» hâtèrent de relever l'< a :-in i i t i \

truite par les chrétiens du premj . randie et

richement ornée par sainte Hélène au quatrième.

Le nouvel édifice à deux i lui qui l'a

précédé, se composait d'un et trois absides, et d'un ajlis - louronm

une coupole éclairant la nef au tond de laquelle \. riche abside marquait la place où se tenait la t: .te

Vierge, au moment de la descente du Saint-Esprit.

Après le Calvaire et le Saint-Sépulcre, aucun lieu saint ne mérite plus la vénération des chrétiens, aucun n'a été témoin de plus nombreux et plus grands mi:

Dans l'étroit espace, enclos entr< - - quatre murs. .les us Institua la sainte Eucharistie, prédit à Pierre son reniement, adressa à Judas ces paroles empreintes d'une si profonde tristesse, qui ne produisirent aucun effet sur cette âme endurcie par l'avarice, adressa à ses apôtres

fadmirable discours qui es! comme l'abrégé de sa doctrine, el leur promit un consolateur. Ce fui là que le jour même de sa résurrection il apparut à ses disciples, et que huit jours après il fit loucher ses plaies à saiui Thomas, qu'il envoya son Esprit-Sainl le joui' do la Pentecôte, que Pierre prêcha pour la première fois aux Juifs, que saint Jacques le Mineur fut consacré évêque (h1 Jérusalem, sainl Mathias désigné p >ur remplacer Judas, sainl Etienne élu diacre avec les autres disciples, qu'habita et mourul la Vierge, que se séparèrenl les apôtres pour aller prêcher l'Évangile par toute la terre.

Pour enfermer un lieu aussi auguste, sur lequel planent de si grands souvenirs, il semble (pie les chrétiens auraient dû élever un monument plus splendido que le temple de Salomon, une église surpassant en richesse ci en beauté toutes les églises de la terre

Hélas ! les temps ne sent plus où les Français inscrivaient en tète de leurs annales GESTADE1 PERFRANCOS, de mesquines jalousies divisent les nations chrétiennes, que devrait enilamnier une glorieuse émulation, et les Turcs, qui ne doivent leur existence qu'à la pitié des chrétiens, montent la garde autour du Calvaire, ont remplacé par leurs soldats ceux des Pharisiens, à l'entrée du Saint-Sépulcre, el fait du Cénacle une mosquée, une écurie et un harem !

Ce n'est qu'avec leur permission que nous sommes entrés dans l'ancienne église des Croisés, possession accordée aux Franciscains par le sultan Méleck en 1244, rachetée pour eux au sultan d'Egypte, au prix de 17 millions, par Robert d'Anjou, propriété dix fois reconnue ou confirmée, dont, au mépris de tous les traites, les Musulmans s'emparèrent en 1548 en massacrant les religieux.

lï.

I ne écurie !

fumier d'< coupée par d<

loi

nous sommes monté menl changée ••:

;i demi clo .

là tout ce qui fui cél b

Quelques marchi i de plus condu salle coupée en deux, dont la p us

laquelle il soit pei mis d' mmun la

• »nd ■ p • pour

un bagchich

de chrétii 1er un

dos d'âne, recouverte d'un i

jurement que l<i prétendu m <\u

David, honoré p mier ordre.

Quant a Y kage aent

des pieds, on ne le Toit pas, les Turcs y cent lei femmes.

D'une semblable visil chrétien, on ne sort q au

front.

Nous sommes rentrés tristes par 11 passant devant un amas de miserai»!» - appli-

quées aux murs intérieurs et habitées par les lépreux.

Pauvres gens, ils ne conn t même pas, um,

le Christ dont l'omb* ss les in -lunés

atteints de la môme maladie qu'eux. Ils nous ont entourés, étendant leurs mains difformes, i t faisant leur cri rauque qui n'a plu^ rien d'humain. On leur a bâti un hôpital où ils pourraient être bien s< : ils préfe-

renl ce qu'ils appellenl La Liberté, c'est-à-dire Le droit d'habiter ces taudis et de mendier.

C'est par Le quartier des Juifs que nous sommes retournés à La Casa-Nova; misérables pour la plupart, ils s'entassent sur la partie orientale du mont Sion, séparé par l'étroite vallée du Tyropœon, du mont Moriah, sur Lequel s'élèvent les ruines de leur temple. Très peu sont de Jérusalem, ils y viennent, non pas pour y vivre, mais pour prier, cl surfont pour s'y faire ensevelir. Le climat Les sert à souhait dans ce dernier cas, du moins s'il faut en croire Mgr Misiiu. d'après Lequel Jérusalem leur serait mortel, .le crois plutôt qu'il faut accuser dr cette mortalité, l'insuffisance de L'espace qu'ils ocoupenl et La saleté dans Laquelle ils se complaisent.

si tous Les quartiers de Jérusalem étaient aussi populeux que Le leur, la ville, qui n'a que 23 a HO mille habitants au plus, en compterait au moins cent mille. Cette presse ne serait rien encore si leurs huttes ou maisons avaient du jour et de L'air, mais elles se serrent comme ii dessein pour s'étouffer; L'atmosphère qu'on respire dans Les ruelles étroites, humides, encombrées de fumier sans cesse en fermentation, s >ulève le cœur par ses horribles émanations ; eux vivent là comme dois leur élément, ils aiment la boue, les haillons fétides, ils grouillent au milieu de ces ordures accumulées. Cette passion leur est funeste, leurs visages Bont pâles, émaoiés, leur peau jaune et huileuse, leurs yeux rouges et éraillés, leur nez mince en lame de couteau recourbé semble transparent : beaucoup portent la longuehouppelande et le bonnet garni de méchant rures jaunâ-

tres, avec les cheveux roules en tire-bouchons. A première vue, je les ai reconnus pour les avoir déjà vus en Pologne et en Russie, d'autres se coiffent du chapeau rond à large bord, qui accuse leur origine aile-

248 a 'ii \

mande, quelques-uns plus bruni vienn que,

nfants Boni nus comme partout, comm< de l Lom •. commi à Viei (

en Sibérie, Lorsque par I il ne t.

fendre. Leurs femmes sonl laides comme dans paj s, leurs jeunes filles pi rdent rite a J beauté souvent remarquable dans les au!

monde. Nous n'avons du r te fail que i r le

quartier, a ions hâte d'en sortir.

Mieux wiiii fermer les narines qu'ouvrir 1 passant par là. Vendredi nous irons ! pleun

temple, ou naziller dans leurs syi

Sauf l'église jacobite, élevée Bur l'emplacement d< maison de Marie, mère de Jean, chez laquelle saint Pierre, délivré parl< sang - dont l'a

fait charger Hérode, «•( où l'on nous s montré Le I portrait du Christ peint, dit-on, par saint Luc, rien n'a particulièrement attiré notre attention.

Pour une matinée nous n'avons p plaindre.

Nous avons] seconde partie de notre joun

dans les sépulcres. La mort, comme le dit M. d<se vautre en souveraine autour de sa capitale, dont le cœur est un sépulcre et ou la bêche dufossoyeur remplace la charrue absente dans sa banlieue. On dirait une y tation de tombeaux étouffant toute autre végétation, tant ils poussent dru. Tout le plateau rocheux, qui domine Jérusalem au nord, n'est qu'une vaste nécropole: chaque carrière percée de milles trous par les enterreurs res-

A TRAVERS i/ ORIENT L>ïi)

semble à un gâteau de cire travaillé par les abeilles :

chaque pierre de la vallée do Jnsaphat recouvre des ossements.

Q y a peu de noms qui réveillent dans L'imagination des pensées pins formidables que celui de celle vallée, on le Seigneur, par la bouche de son prophèteJoël, a cité tous les peuples devant son tribunal :

'( J'assemblerai toutes les nations, je les ferai descendre à la vallée de Josaphat, et là j'entrerai en jugement avec elles. »

Chiffres en main, de forts penseurs ont établi qu'il n'v aurail pas assez de place, même pour le dixième des habitants actuellement vivants de l'Asie; toujours à l'aide (Tune autre4 combinaison de chiffres, un savant anglais leur a prouvé qu'il en resterait encore peureux.

lime paraît plus intéressant, dans un procès aussi sérieux, de songer à préparer mes moyens de défense, que de m'enquérir quelle pince j'occuperai sur le banc des accusés.

L'aspect de celle vallée, étroite, encaissée entre les berges rapides des rochers blancs au sommet desquels se profilent les murs crénelés de Jérusalem, les escarpements «lu mont des Oliviers ou du mont du Scandale, est vraiment sinistre.

Des deux côtés de cet encaissement, des milliers de dalles grisâtres, dont quelques-unes ont à peine les dimensions d'une brique, tant la mort a hâte de remplir les places, semblenl Ldisser. funèbre avalanche, pour grossir Tamoncellemenl de tomb >aux entre lesquels le Cédroh, sans l'an en ce moment, trace un lit torrentueux semé de poches blanches polies par le frottement.

C'est au sortir de la porte Saint-Etienne, aujourd'hui appelée par les musulmans : Porte de Madame Marie (Bab setti Mariain) que uos regards ont pu plonger tout-

250 a 'in v

îoup da tnètn ur, pa\

au milieu di

d'Absalon, le ■

i i hautes muraill non» lonj, tenl

leur ombre noire sur une étroite • déserte; en fa ■■■ de nous, de i au!

b tante, deux montagnes nues, d'une cou] sombr cendenl par une couli

vallée, où l'on découvre un pon! d'une seule sur le Cédron : blancfa illonnent les

flancs des deux monl ins pai

quelques brebis noires entre de m el quelques oliviers rabougris. Point de verdur L'ombre de itation, seulement, de loin en loin hautes hara] ns feuilles de la tri

gale qui se plail dans les cimi de la vallée, le poudreux vil

des Bédouins célèbres par leur : >ri-

s, amas de ma& . uant ;i ; les

sépulcres qui les environnent, et e -haut .

rochers que Lamartine appe ■ mort.

Jusqu'à La porte I ivons mai ren-

contrer un être vivant ; c'es ainementlap de

de Jérusalem. Construite par Salomon, déc ar

Hérode, elle servait de communication entre l'aire du temple et la vallée du l a; en murant cette porte, par Laquelle Notre-Seigneur lit son enti le

jour des Rameaux, les Musulmans qui. ce] béissaient qu'à la crainte de voir les chrétiens arriver un vendredi en vaiqueurs par la porte-sainte, ont accompli, s:ui^ le savoir, la prédiction annonçant que cette porte demeurerait ferm

1a> Frère LL-vin nous a fait remarquer dans les hautes

murailles, servant près de Là de clôture au parvis de La mosquée d'Omar, qui elle-même couvre l'emplacement du temple Juif, quelques énormes pierres qui ont fail ou dû faire partie du palais de Salomon* C'est toul ce qui reste de cette merveille. La mort, qui a tant travaillé dans ces lieux, n'a pas épargné plus les oeuvres des hommes que les hommes mêmes et couronné de ruines les sommets de La vallée du jugement dernier.

Un étroit sentier, serpentant à travers un cimetière tttre recouvrant le cimetière où Les Croisés enterraient Leurs morts, descend vers Le Cédron. Les tombes musulmanes, abritées par La mosquée, font face aux tombes juives qui couvrent La pente opposée du mont du Scandale ; beaucoup seul brisées et ouvertes. Les dalles se soulèvent d'elles-mêmes, on dirait que Les ossements qu'elles recouvrent frémissent déjà dans L'attente du si* gnal de La résurrection.

Le lii d\^ Cédron ne mesure que quelques pas, il est à sec, un groupe d'Arabes demi-nus puisent sur le bord un peu d'eau au fond d'un puits ouvert au ras du sol, à une très-grande profondeur, à en juger parla longueur des cordes retenant Le sac en cuir qui leur sert de sceau*

Le Christ a passé sur ce pont d'une seule arche, quand ses gardes Le l'amenaient du Calvaire et fut précipité par eux dans Le torrent, donl il but l'eau pour que la prophétie fui accomplie. J'ai cueilli quelques petil fleurs entre les rochers nus sur Lesquels se voient encore, prétend-on, les traces des pieds et des mains du Sauveur.

Au jugement dernier Mahomet traversera, non pas

(ulemenl le torrent, mais la vallée, sur un pont forme par la lame- d'un -aine gigantesque, que le- vrais

p »rte i i

Le tombeau d'Absalon s'él mi singulier monument, monolj Le roc, flanqué de colonne de bouteille, du goulot de laque] de p.iim

I n'a jai rmé !• ments du fila rebelle I ib au delà du J I iin, qui, du reste, ne Le fil constru

que parce que n'ayant pas d'enfante, il avail besoin d'un monument pour conserver son n<

II y a réussi, et Les B< louina onl nom et les tr iuvenirs qui s'y ratfc manquent jamais, surtout quand ils ont

eux. ■• 'l'y eslancer des cailloux ou i al-

ternent : Voyla, voyla i>- mcschai <i"H " fait la guerre i re, »

Ce genre d'enseignement, qu'on pourrait app< !• . raie en action^ n'avait probablement pas été prévu ; Absalon.

Le cénotaphe du pieux roi J< s uche pi

celui du fils de David : presque obstrué par un de pierres, ilest creusé dan- 1

ment en cinq chamJ e rinceaux pein-

tures qui font supposer qu'ell - servi

Pour arriver au troisième tombeau, car tout i pulcre dans la vallée deJosaphat, il faut tenter une escalade qui n*est ni sans difficulté , ni même sans dangers, l'ouverture delà crypte se trouvant élevée de plus de cinq mètres au-dessus du S< Qtier.

Quelques-uns d'entre nous y pénétrèrent d'abord en s'aidant des pieds et des mains, ensuite en rampant tuiles genoux, tant l'entrée est basse. Creusée dans le roc

vif, elle est divisée en trois chambres funéraires, contenant chacune plusieurs Loges à cercueils en forme d'auge, ou de bancs funéraires ; c'est dans celle caverne artificielle, aujourd'hui changée en bergerie par les Bédouins, que saint Jacques le Mineur se tint cache pendant la Passion, et qu'il fut plus tard enseveli, après que les Juifs, à L'instigation <ln grand-prêtre, L'eurent précipité du haut du temple sur les pierres du parvis.

Près de Lui, dans un quatrième tombeau monolithe, quipar sa forme rappelle, dans des dimensions moindres, celui d'Absalon, lu t également enseveli Zacharie, autre victime des Juifs, qui Le lapidèrent dans Le Vestibule du Temple, parce qu'il avait osé Leurreprocher de s'abandonner à L'idolâtrie.

Quelle funeste vallée ! Là même où il n'y a pas de tombeaux, on n'y marche ([m1 sur la poussière d'ossements; chaque pierre qui roule sous Le pied porte une tache de sang; de quelque côté que les yeux se tournent, ils rencontrent le théâtre d'un crime ou (Tune douleur; près de la porte saint Etienne, Le premier martyr de la foi chrétienne a été lapidé ; le sentier que nous venons de descendre, David L'a descendu lui aussi en habit de deuil, et la tète voilée, fuyant devant les troupes d'Absalon ; sur le pont que nous avons traversé, Le Christ a passé les mains Liées comme un vil scélérat; à soixante pas à peine du tombeau d'Absalon, on nous a montré Le lieu où Jésus dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, pendant que j'irai là et que je prierai. Après Le tombeau de Zacharie, voici L'endroit où croissait Le figuier maudit, s< Lequel Judas, d< >e donna volontairement Lamort

affreuse dont parle l'apôtre: >< Et s'étant pendu, il a cr par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues. .» Vis-à-vis, sur la pente opposée, Athalie, entraînée hors du temple, a été égorgée. Les seuls habitants de la vallée

Ml plul

li-ll

il que pour pilli geu

l.i fontain dessous un roch Judas el de Benjamin, je n'ai

pi élément oa

bonde, qu

Iper : bien m'en a pris : d'autres, plus

plus Loin, en

travers L'obscurit nt entrevu un groupe d

mes dégoûtantes, pataugeant dans l

en n entendait du dehors le cl

leurs pi< ds.

De l.i région de la terreur, noi ntrer, s

vaut La pitti . n d'un

défilé des déceptions.

Le jardin de Salomon, malgn - .. mpeux,

est une de premier ordr M un carré de choux, grand

comme un mouchoir, ombragé par un figuier ; j'aime à croireque du temps du m me de

la terre, il était moi ~u »-t mieux cultivé. Il esl vrai

({ne. chaque année, ! ! Ce Lron en dévore une partie, et comme il y a quelques milliers d'âne état de

chose dure, on peut accuser le torrent d'avoir rement dégradé la propriété du grand Roi.

La piscine de Si . si tel à tant de t. dans un état moins déplorable que la source et le jardin. Les premiers chrétiens avaient construit au- d sus d'elle une église , dédiée au Sauveur Mu ndteur, en souvenir du miracle de Taveugle-né ; les eaux

qui s'en écoulaient remplissaient un bassin creusé dans le roc, devant l'église, dont il ne reste que des décombres ; quant au bassin à demi comblé par les ruines, tout CS que Ton peut en voir est un trou au fond duquel croupit un reste d'eau verdâtre, juste assez transparente pour laisser apercevoir un lit épais de vase visqueuse et infecte.

In peu aU-dessoUS de la piscine, se trouve un petit tertre factice, qui sert de lien de prière aux musulmans, et sur lequel pousse un arbre fourchu, un niùrierjecrois, indiquant, d'après la tradition, le lieu où fui enseveli le plus éloquent des prophètes, Esaïe, que l'impie Mariasses punit d'avoir ose lui adresser des remontrances, en le faisant scier en deux dans la vallée du Gédron.

Cet aimable prince n'avait alors que douze; ans, c'était ce qu'on appelle un enfant précota1.

Nous étions arrivés à L'extrémité de la vallée de Josaphat, qui en cël endroit se soude à colle d'Ilennon, plus large el surtout plus fertile. Sans y pénétrer, nous avons remonte les tlancs de la montagne et l'ai! halle au

milieu des rochers.

Le soleil couchant éclairait de ses rayons le paysage désole; à nos pieds la vallée de Josaphat, la piscine boueuse, les chelil's jardins ; de l'autre côté, la montagne rougeàtre, au flanc de laquelle Siloé confond ses maisons basses et carrées avec Les vieux tombeaux, en avant la plaine d'Hennon, étranglée entre deux escarpements seméi de pierres blanches. et coupés de murailles en pierres sèches élevées pour retenir le peu de lerre Végétale sur laquelle rampent dvs vignes, dont la chaleur a jauni les feuilles, et se dressent, ça et là, quelques oliviers rabougris, pulvérulents, tordus, déchiqueti

La pente sur laquelle nous nous trouvons est peut* être plus triste encore, plus rocheuse, plus percée de

Les engoulevents, funèbres babil i -li-

tude, où I" - attire I o ! m ■ nia

demeures sauva iuent de 1 •

cordanl l'approche de La nuit. (,> i ni-

sauvages noua on! suivis de Loin et nous i - len! b ' vers Leurs cheveux en buisson retombant but L< tandis que, deboul but un tertre funé unjeui

bédouin noir el demi nu, envoie de I cris aigus, Les pierres que fiait tourn i fronde pour

réunir ses chèvres noires el vagab

Ce site affreux par L'aspect, et plus sinisl par

Les souvenirs, se nomme Haceldama ou La terre du Là était Le champ du potier, qu • Calph 30 deniers, prix de La trahison de J

Il parait à peu près certain q lait tout

près decet endroit une mai* . I m-

prend difficilement, car la moi - u-

sée de sépulcres sans nom! i oble n'avoir éti .

les temps les plus recules, qu'un vaste poun . Telle

est du moins la conséquence naturelle d< faites par plusieurs savants, qui prétendent a1 sur quantité de tomb en cara itè-

res grecs, phéniciens, hébraïques, cunéiform aveu bien rare chez des archéologues, des lettres in : nues. Non-seulement on y enterrait, mais ut.

et le nombre des Juifs qui y furent mas - Chal-

déens ouïes Romains, valut à cette montagne le nom grec de polyondrion, tombeau de la multitude.

Quand nos croisés assi s rent Jérusalem, ils tirent du champ réprouvé leur cimetière, qu'ils appelèrent le Charnier de Chaudcmar.

Il reste de leurs constructions, dit II. de Vogue, et nous pouvons d'autant mieux le constater, que nous étions

A TRAVERS L'ORIENT Xïï

assis tout à côté, un édifice carré, avec toit en terrasse, entre les quatre murs duquel, par une ouverture pratiquée dans ce toit, on descendait les cadavres à une profondeur de plusieurs mètres, dans la fosse qui renferme encore un monceau d'ossements, reliques des compagnons inconnus do Godefroyet d'Amaury,

Notre guide nous a l'ail remarquer sur le sol une quantité de fragments de poterie; on en trouve partout en Judée, puis ce qui est beaucoup plus rare, une argile blanchâtre propre ;i la poterie, el dont sainte Hélène fit charger plusieurs navires pour la transporter au Campo- Santo de Rome.

Les Pisans en emportèrent également pour leur Campo- Santo de Pise, d'autres villes les imitèrent, et, comme prédestinée à recouvrir des cadavres, cette terre si souvent remuée par les fossoyeurs est allée servir de suaire aux morts des autres nations.

Il faisait presque nuit quand, après notre longue et émouvante course, nous sommes rentrés à Jérusalem, par la porte de Jaffa. En y arrivant, frère Liévin, pour dissiper les tristes impressions produites par cette promenade funéraire et peut-être un peu forcée, surtout pour nos compagnes-, a trouvé moyen de rendre la gaieté à son escorte en nous racontant l'histoire de la chapelle saint Babylas, aujourd'hui saint Georges, dont les Grecs établis somptueusement près de celte porte ont fait une maison de santé.

On sait, ou plutôt on prétend, que de tous les saints de la Kussie orthodoxe le plus vénéré, sans contredit, est saint Knout, et que c'est aussi celui qui dans son pays opère le plus grand nombre de miracles. C'est lui que l'Empereur, d'impérissable mémoire, Nicolas Âlexandrovitch, a chargé de la conversion des paysans Polonais, à lui qu'il a confié d'entretenir dans le cœur

A TMV

H.- lai trèi !i lèli (•••HP ni de la

i. l'in-

tervention du grau I en R

de s,,s reliques bu

bâta de Leur en envoyer une ioui la forme ai» d'un gros bâton et un morceau de ehaiu

(m Leur >'•! i di ques ont été i rhôp

. voici r nr <i" i

Quand un nouvel ali ttre dani L'hi n com-

mence parFattacher avec la chaîne et on] net au

gimepeu excitant du paiu et de l'es temps le directeur, tenant a la main 1»- bâton, vienl inb roger le malade, auquel, à chaque r il allonge un coup proportionné à la gravit

Trois nu quatre interrog a réfléchir au pauvn- fou, qui, dam la crainte du bat tourne sept fois -a Langue avant de répondre et fini! p devenir sag

si extraordinaire que paraisse cette méthode curai c'esl La ^"ule qui soit employée dans la mais >n, où elle réussit très-bien, disent Les i

Après tout, c'esl possible, etjecopiela recette orient mais sans oser trop cej)eu<lant la recommaii ix

aliénistes occidentaux.

ihr-'.

La chaleur continue et le nombre de nos malades augmente, la fatigue causée par la promenade d'h est peut-être bien pour quelque chose ; pour peu que

A TRAVERS L'ORIENT l}.V.)

cela continue, notre provision de bismuth el de quinine, regardée comme exagérée au départ, se trouvera insuffisante.

Nos excursions n'ont pas été longues aujourd'hui ; toujours intéressantes et surtout émouvantes, elles onl commencé par la Chemin de La Croix.

La Voie douloureuse, partagée en 1 î stations, répondant à autanl d'épisodes du drame sanglant delà Passion, part du prétoire de Pilate pour aboutir au Saint-Sépulcre.

Bien longesl le sanglant trajet qu'eûtà faire le Christ chargé du bois de sonsupplice à travers les rues qui, du pied du nient Moi'iah, couronné par le t« niple de L'ancienne loi, monte par une pente caillouteuse jusqu'au Golgotha, devenu le temple de la loi nouvelle.

Chaque année d'innombrables pèlerins, venus de tous les points du monde, suivent ce chemin parcouru par le divin condamné, s'arrêtent et s'agenouillent pour prier à chacune des stations. Loin de s'opposer à cette manifestation. Les Musulmans qui, bien supérieurs en cela à beaucoup de nations chrétiennes, respectent la religion chez les autres, témoignent parleur maintien qu'ils honorent les hommes qui croient en DU U el ne rougissent pas de leur croyance.

Malheureusement Jérusalem a été tant de fois el si profondément bouleversée depuis la mort du Christ, qui bien souvent les souvenirs, la tradition, L'étude approfondie de la topographie ancienne de la ville doivent tenir lieu de monuments absents ou défigun

Leprétoirde Pilate, où fut prononcée l'indigne condamnation, est remplacé lui-même par une caserne turque, et de la Scala Sancta, qui y conduisait, el que sainte Hélène fit transporter à Rome, il ne reste plus dans le mur qu'une ligne rouge indiquant Le Lieu précis où ejle était située.

Ce fût au ] ' J

cipl

1 11i donna le signal, l,-i direction de l'ouest, laia ; remord nemenl 2 1

1 11 fra *men1 de ' coucl

contr • un ni" mètr ms de la. m 1 ■ [uanl r

épuisé par Les tortur nr

la première fois.

- bourreaux Le r ni en ' it; il .v

parcouru 37 mètres encore quand, vi ru llf. il r

m is. soutenu tinl 1 l ■

Lui.

23 mètres plus loin une simple r dans Le mur; Layictin ls,p ■:• .

ces; ses pieds d ichirés ne p lus nir

quand les bourreaux, craignant qu'elle ne pût arriverau terme fixé pour Le supplice, appelèrent néen pour aider I

A. 86 mètr - .une colonne en ? dans

pavé, llesl certains dangers dans Lesquels lesfem:. montrent bien supérieures aux hommes: Les . ou

se tenaient confondus dans la foule, ou avaient fui el cachaient; Véronique, puisant son héroïsme dans son cœur, s'avança, é • aria 1 >s bourreau-. <e soucier

des cris ou des menaces, essuya pieusement avec un linge le visage du cond ouvert de sueur, de pous-

sière et de sang.

L'extrémitéde larue, a. 00 mètres delà, marque seule le

lieu delà seconde chute du Sauveur, et un trou pratiqua dans Le mur d'un couvent grec, à La distance de 35 mètres, L'endroit où oubliant toutes ses souffrances pour ne penser qu'à celles des femmes qui L'entouraient, Jésus relevant la tète, Leur dit :

« Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais but vous-mêmes et sur vos enfants, i

Le sinistre cortège était arrivé au pied des murs d'enceinte, Le chemin quesuivil Le Sauveur, et dans Lequel il tomba pour la troisième fois en arrivant au Calvaire, ne peut plus se reconnaître aujourd'hui, parce qu'il est couver! de maisons; L'emplacement des cinq dernières stations se trouvé enfermé dans L'église du Saint-Sépulcre, et indiqué comme je l'ai déjà dit en parlant de cet auguste monument.

En estimant à L20 mètres l'espace compris entre la huitième station et le Calvaire, la Voie douloureuse a (loin- 594 mètres, distance effrayante, si Ton songe à l'état de faiblesse du Divin condamné et au poids énorme sous Lequel il trébuchait à chaque pas.

Le supplice du portement de la croix, prélude d'un dernier et plus horrible supplice, n'a pas dû probablement durer moins de trois quarts d'heure.

La pensée seule en donne le frisson.

Dansl'église, la visite des stations secontinue avec des flambeaux allumés, et s'est terminée pour nous par la messe célébrée à l'autel du Calvaire.

En sortant <\u Saint-Sépulcre, nous sommes allés au Patriarchat, où la retraite pastorale ne nous avaitpas encore permis de nous présenter.

L'église latine de Jérusalem était veuve d'évêque depuis Les croisades, lorsque monseigneur Valerga, prêtre du diocèse de Cènes et ancien missionnaire du Levant, fut nommé au siège épiscopal de cette ville, rétabli par Lie IX.

Le 18 janvier luis | élu vint

sion de son :omm •■ qJ

gneur. La statuaire » I

énergiques d ibie missionn

se consuma dans Les fructuec

Les commencements furent rud< : ni p dais ni

maison, ni église, ni cl

mauvais vouloir des uns, ip-

çons de plusieui ir toute

que Les aumônes des Bdèles el un ubvenl

la propagande, dans on pays où toul

que tout est a ven Ire, il enta a\ le combat

qu'il devait soutenir jusqu'à I

forces, y perdit sa santé mais mourut vainqueur.

Certains catholiques, toujours presi - fait

et cause dans .1- qui n pas, lui

donnèrent peut-être plus • uf-

fler la défiance st le méconl que les Musulmans ou 1 déclare-.

A quoi bon le patriarchat, disaient-ils, on B'eq était bien passé en Terre-Sainte jusqu • la ; les F ne suffisaient-ils pas à la tait-il juste de 1

pouillerun ordre de privil - si bien gagn< siècles d'abnégation, d'héroïsm . I souffran faire passer, des mains du révérendissime Custode, daj celles d'un prêtre etran \ ine débarqué, ne conna

sant ni les mœurs ni les besoins d - i 1 ouailles

C'était une réédition complète et amplifiée de murmures, proférés par les ouvriers de la première heure, contre ceux de la dernière, aussi bien payes qu'eux.

Heureusement les Pères Fransciscains ne sont pas de ces esprits soupçonneux et jaloux qui méritent la réponse

sévère du propriétaire de La vigne : « Ne vous ai-je pas payé ce que je vous dois? pourquoi êtes-vous mauvais parce que je suis bon? »

Pie IX avait parlé, ils obéirent ; là où ils étaient les chefs ils devinrent lei soldais dévoués ; le Pape leur demandait de se dépouiller parce que l'intérêt de la religion L'exigeait, ils se dépouillèrent ; monseigneur Valerga avait besoin de leur con ours, ils le lui donnèrent, et grâce à ces auxiliaires, Le nouveau patriarche put faire de grandes choses.

Aujourd'hui que l'autorité du nouvel évèque est établie, qu'il n'y a plus à espérer d'entraver sou pouvoir, les rôles sont changés, Les partisans donl Les Pères Franciscains se souciaient peu, ont passé au patriarche, qui ne

s'en soucie pas davantage.

La girouette a tourné jusqu'à l'ingratitude, et àprésent

Ton entend : « A quoi bon les Franciscains, quels services peuvent-ils rendre, il serait temps d'en débarrasser la Terre-Sainte : ce sont des parasites qui dépensent inutilement les aumônes du pays chrétien, Le clergé séculier Le remplacerait avantageusement. »

El cela est dit même par d^s touristes brouillons, qui se font héberger parles religieux, trouvent très-commode d'user et d'abuser de Leur hospitalité à La Casa-Nova, mais qui, sachant qu'aujourd'hui les distinctions et les croix de chevaliers du Saint-Sépulcre ne s'obtiennent plus à la oustodie, se tournent du côté de la main qui les distribue.

Eh ! mon Dieu, il n'est pas nécessaire de faire Le pèlerinage d'Orient pour être témoin de ces ingratitudes mesquines.

Il est vrai que ces insinuations et ces murmures ne sont pas écoutés par les vrais ouvriers de la vigne, qui, remuée plus profondément, depuis que les travailleurs

Page 1