‹ A travers l'OrientChapitre 6 sur 19 · IIS · texte numérisé non relu

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encore quelques années el - plui qu'une ruine.

i ment blan

tiennent debout, mais onl une teinte mal imenl solennel.

— Ils Bentenl venir la moi un dénoua, monsieur Cbauvière, j< emol :

leur physionomie.

L'intérieur esl plus déplorabl voil que cela a été magnifique, le goût rations esl exquis, d'aul marquantes

par leur prodigieuse rich

Mais tout est (l'une affreuse salet portiques lambrissés en bois de dattiers tombent en pluie de poussière, les fem >nt dépourvues de l<

très, les Inscriptions dispar Balpêtre , les col

sanctuaire, qui, pour les mahométans, rempl des saints du peupli ment dég

La chaire à prêcher, la tribun- . atenue

par des colonnettes, charmants édicu] grâce

et de Légèreté, ne tarderont pas a crouler.

Seuls, les ornements de bronze : al aux inju

du temps. Il y a là surtout un admirable lu- . bronze oxyde qui peut, a bon droit, passer pour un chef-d'œuvre d'orfèvrerie artistique.

Notre guide, un vieil Egyptien attaché au service delà mosquée, service qui consiste à empocher des bai à fumer des pipes et à dormir au lieu d'ép ter, a

soulevé le loquet de bois d'une porte vermoulue, puis nous a introduits dans une salle éclairée par des fem et une grande rosace finement découpée.

G'esl la. au milieu de cette chambre immense courronnéeparune belle coupole, reposant sur un encorbellement semblable à celui de la grande porte extérieure,

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que, depuis Tan 1365, dorl de son dernier sommeil Hassan, le fondateur <le la mosquée.

Pauvre Hassan, c'est bien le cas dédire : Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré.

Jamais je n'ai vu tombeau plus triste, plus oublié, plus décrépit; on dirait un vieux bahut hors de service relégué dans un galetas ouvert à tous les vents. Los courtisans qui balayaient la poussière avec leurs fronts devant les pas du sultan sont devenus poussière à leur tour, la rouille a dévoré son cimeterre, ses serviteurs empressés ( ont l'ail place aux araignées, qui lissent paisiblement leurs toiles aux ciselures de la balustrade de 1er de son monument ci en recouvrent l'énorme Coran que lui-même écrivit de sa main.

In jour, cependant, le silence de l'oubli qui entoure cette tombe fui troublé par de féroces hurlements, le

Cliquetis des sabres, les détonations des armes à l'eu, cl. le vieux chef des croyants dut tressaillir en enlendanl les rugissements des sectateurs du Prophète répondant

aux cris de guerre d^^ chrétiens.

Ce jour là, -2\ octobre 17'J.sje sangcoula a flots dans la cour intérieure de la vieille mosquée où s'étaient réfugiés les révoltés qui, soulevés par un fanatique, les excitations de la Porte, cl L'or des Anglais, avaient lâchement massacré le général Dupuy ainsi qu'un grand nombre de négociants ou de soldais français.

Les représailles furenl terribles; acculés dans ce dernier asde par les grenadiers de Bonaparte, ivres de poudre et de fureur, les Musulmans tombèrent jusqu'au dernier, sens le fer des baïonnettes ou trappes par la mitraille.

Comme il arrive souvent, la vengeance dépassa le crime en cruauté, les cadavres s'entassèrent suides dalles rougies; auxeris des combattants succédèrenl les plaintes

\ riAVEl

des mouranti ; puis, quand ie dernier r.'«l«* se fut éteint, le Bilence de la terreur plana d< bautee

voûtes delà mosquée et, les pieds dai put écrire du l ime le 1 ivitch d 1

covie : L'ordre est rétabli.

1 Binistn enir n'es! pas le seul que d

rencontré.

De la triste mosquée d'Hassan il n'y m qu'une rampe ii monter pour arriver au plateau que couronne la citadelle.

Sans lui ressembler, cette citadelle rappelle l< lin : c'est comme lui un assemblage aussi 1m a que pittoresque de palais, d'églisi - ou m >sq : forteresses ou de prisons, ceinturé de murs flanqués détours.

Seulement, au lieu d'occup le la ville 1

que le Kremlin, elle se dresse à un d< - Ué-

logramme formé par le Caire, \ ment favorable, puisqu'elle permet aux canons ent sur la plateforme, de prendre en enfiladefc rate la capitale, contre laquelle ils sont braqués, et aux boulets de la traverser de part en part.

Rien qu'il examiner sa position, il devient évident qu'elle n'a été en effet construite que pour défendre le pacha contre ses ennemis du dedans et non point pour repousser les ennemis du deh

En Orient, parait-il, c'est surtout de leurs sujets que les tzars, les sultans ou les pachas se délient, et pour cause.

Les souverains s'y condamnent par prudence à la forteresse à perpétuité : ils y entourent leur prison dorée de canons, et malgré cela, meurent rarement dans leur lit.

Les rois ou les empereurs sont moins défiants en

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Occident, puisque dans chacune de leurs proclamations ils ne manquent pas de parler de L'amour de leurs sujets. On sait, il est vrai, ce que signifie ce mot et ce que valent ces affections :

Notre ennemi, c'esl notre maître ;

,)»• vous Le dis en bon français.

Ilelas ! en Orient comme en Occident, ces vers du fabuliste sont plus vrais que toutes les proclamations.

Les exemples en abondent, inutile de lesciter.

Je me souviens qu'un vieux professeur qui, malgré ses 7T> ans, avait gardé beaucoup d'humour, mais qui avait la faiblesse de rééditer fréquemment ses bons mots, ne manquait jamais, quand il arrivait à l'histoire des Arabes ou des Turcs, decommencer sa leçon par ces mots :

« Mes enfants, nous nous sommes jusqu'à présent occupes de La généalogie des rois, nous allons passer à. L'assassinatologie des sultans. Au lieu de dire: un tel qui fut fils d'un tel, nous dirons donc désormais : un tel qui fut assassiné par un tel, qui fut empoisonné par un tel, qui fut étranglé par un tel, qui fut noyé par un tel, etc., etc. i

Le sultan Saladdin ou plutôt Sellah-Eddin (soutien de la foi) qui était arrivé au pouvoir en trahissant Noureddin, son chef, et en assassinant le fils de ce dernier, avait d'excellentes raisons pour se défier des complots ; la citadelle qu'il fit construire fut donc érigée surtout comme menace.

N'ayant pas de canons pour rétablir l'ordre, il garnit les murailles qui entouraient son palais d'engins propres à lancer ces feux grégeois dont l'ardeur était telle que l'eau, loin de l'éteindre, ravivait sa fureur; fortifia d'une manière toute particulière l'étroit passage donnant aci

i un redoutabli • t booda J le sol-

daU dév< enfin, comme H tant tout

prévoir, il ad i la h-'ii

Moqatam, située borsdela ville el sur laquelle, • besoin, il pouvail p mu pel

Pour plus de sûreté, Les kalife eu-

rent La belle idée de se créer une - a leur d

votion, sur laquelle lia pussent compter dai circonstances el qui, étrangère au | pas les habitants, avec lesquels elle n'aurait aucun lien <lf nationalité.

Telle fut roriginedes Mamelucks.

t Choisis, dil M. Thlers, parmi les plus beaux enfants du Caucase, Irai

l'ignorance de leur origine, dans le goût '-t la pratique desarmes, ils devenaient les pi' les plus

agiles cavaliers de la terre. IN :it a honneur d'èt

saiiN origine, d'avoir é oerel d'être beam

et vaillants, ils avaient vingt-quatre beys qui étaient leurs propriétaires et leur- ;t cha-

cun cinq ou six cents mamelucks. C< tail un troupeau, qu'ils avaient Boin d'alimenter et qu'ils! I ;'t

leurs héritiers. La milice en tii compoa douie

mille cavaliers à peu p; -par vingt-quatre mille

fellahs. >

Quelque nom que porte une garde A le, pré-

toriens eu janissaires, ou mamelucks, elle est toujours un foyer de licence, d'insubordination, de revoit.-, un danger permanent.

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