I. ^> Mamelucks n'eurent garde de faire tion
à la règle : ils rem ni tour à tour les <uc-
ccssvuv< de Saladdin et. moins de B mort, mirent fin à sa dynastie en étranglant le dernier kalife, à la place duquel ils confièrent le pouvoir su-
prèmê nu plus puissanl de leurs beys, avec Le titre de Sultan.
A partir de ce moment, l'histoire d'Egypte ne s'écrit plus qu'avec du sang, et de 47 princes qui, en :>t>7 ans, passèrent sur le trône dos Pharaons, trois ou quatre à peine eurent la chance d'échapper à une fia tragique.
La conquête de l'Egypte par Le sultan Selim modifia L'état des choses sans le changer; Le chef nominal envoyé pour représenter Le Bultan pritle titre de pacha, mais Le pouvoir n'en resta pas moins aux Hamelucks, qui continuèrent à renverser les gouverneurs ottomans comme ils avaient renversé Leurs propres sultans.
Vaillants soldais du reste, ils eurent dans Leur histoire de belles pages à enregistrer, et se liront admirer dans Les derniers temps même par Les soldats de Bonaparte, si bonsjuges en fait de bravoure.
La citadelle où nous nous trouvions avait vu les commencements de cette milice, elle servit de théâtre au drame qui y mil lin.
Tous nous avons voulu voir le lieu précis OÙ il eut lieu, c'est un pa étroit, à fréquenta ressauts, enfer-
mé entre dos murs élevés, percé de meurtrières-, une sorte du corridor taillé dans lu rocher ut fermé à ses doux extrémités par doux portes massives s'ouvrant outre
doux grosses tours.
Ce défilé ost moins une allée qu'un coupe-gorge; une poignée de Lâches y écraserait rien qu'avec dos cailloux un régiment tout entier.
Méhémet-Ali, pacha d'Egypte on 1811, était à la l'ois un lion par La bravoure, un renard par L'astuee, un brigand Allianais par la miaule Usurpateur du pouvoir, grâce à L'alliance des tfamelucks, il ne songea plus, une l'ois qu'il on fut révolu, qu'à se défaire do Leurs beyset
Ui A TRAVERS I <
médita leur extermination une prudente i
leur.
S h premier soin hit d< en ap]
avec ceui qu'il voulail r.
Passé maître ei de tromperie, il persuada
bien ses ennemis de la Bincérité de ntiments que
Chayn-Bey , leur principal chef, ainsi que plu autres, s'établirent dans le Cai
Ils y demeuraient déjà depuis plusii ils reçurent L'invitation '1»' Be rendre an pal sisterà la remise par le pacha d'unepel d'honneur
à Tawsoun, l'un de ses Sis, env< hommes réunis au Caire pour reprendre La M les Vohabites.
Le jour dit, vendredi 1er mars 1811, au I coup de vieillards s'en souvienne] ûvi
de presque tous les autres beys, monta à la citadelle. sidence du pacha.
Ibrahim leur fit L'accueil Le plus affectueux; réi dans le grand divan, ils y demeurèrent une hei environ, prenant le café, fumant la pipe et causant de la sainte expédition ; les chevaux caparaçonnés d'or piaffaient dans la cour où se réuu s tin le pacha se leva : c'était le >i::nal de la . >nie pour laquelle il fallait descendre a la mosqu<
Tous montèrent à cheval et le cortège commença à s'ébranler.
Un corps de cavaliers Delhys ouvrait la marche sous les ordres d'Ouzoun-Ali, qui, chargé d'indiquer le chemin, se dirigea vers Tétroit défilé.
Les beys, confiants, ne conçurent aucun soupçon d'un choix qui cependant aurait dû leur paraître étrange.
L'Oualy (chef de la police i. l'aga des janissaires et celui des subsistances suivirent de pr
Ensuite venait le brillant escadron des Mameluks. Ils étaient 470, tous hommes superbes, magnifiquement montés, vêtus de leurs riches costumes orientaux, pardessus Lesquels flottaient leurs burnous blanc déneige, le front ceint de turbans en cachemire, les armes incrustées de pierreries ; leurs chefs étaient ruisselants d'or et de broderies.
C'était un spectacle magnifique à voir.
Une colonne d'infanterie et de cavalerie les suivait, précédant Les chefs de L'administration.
Méhémet-Ali venait le dernier, drapé dans un immense manteau écarlate, le front soucieux, les sourcils froncés, la main sur la poignée de son cimeterre.
Ainsi que nous l'avons dit, le chemin qui conduit de la citadelle à la place Noumeyleh, est étroit, difficile et escarpé ; des angles saillants empêchent deux cavaliers d'y passer de front en certains endroits.
Les Delhys qui marchaient en tète passèrent les premiers, puis les agas et les janissaires ; la queue de la colonne n'avait pas encore pénétré dans le défilé ; seuls, Les Mamelucks Le remplissaient en entier.
Soliman-Bey, qui Les commandait, était près d'arriver à la porte d'El-Azazab, quand Saleh-Koch, chef des janissaires, la lit fermer ; au mémo instant, les Albanais de L'avant-garde gravirent au pas de course les rochers qui dominent le défilé, se retournèrent et firent feu.
A ce signal la seconde porte en arrière fut également fermée et les troupes qui. au lieu de pénétrer dans l'étroite4 gorge, étaient montées se placer le long des murs, ouvrirent la fusillade.
Décimés par cette pluie (h1 fer, ne pouvant même pas manier leurs chevaux, faute d'espace1, les Mameluks, toujours intrépides, mirent pied à terre, se débarras-
renl de leur man Lèrent en couranl le sentier
nul ils arrivèrent ;i la , plua qu'une pi
parvinrent cependanl .1 l*i r la
place d'où i ncapabl r juste
fureur, continuaienl à I n-
nanl
Chayn Bey tomba pet du palais : S ►liman-Bey pul > int,
désarmé, demi-nu, lipita i a, demi
(l;mt grâce ; ce fui en vaii eunuq risirent
ae lui el le traînèrent aui pieds d'Ibrahim, qui tt il» nient lui lit trancher la t-
Aussitôt ordre fut donné aux tri par-
tout les Maint'iurks répandus dans là vill( . I \ que I'mh prenait étaient conduits au K aussitôt.
Pendant tout le jour l'exécuteur des haut'- oeu^ travailla pour le pac
LTn millier de tètes roulèrent sur La place en face du palais, à La fenêtre duquel se tenait Ibrahim.
Pendant qu'il regardait cette boucherie, un Nfédici, médecin du pala imbre.
— Voici l'affaire Unie. B'écria-t-û en s'appr : de lui : c'est un jour de Pète pour Votre au m
Ibrahim ne répondit rien, son teint avait q chose de cadavéreux.
— Qu'on me donne à boire, dit-il.
Le Bang L'étouffiait.
Ainsi finirent les llamelui
Sélim, qui nous racontait ce drame, pendant que penchés sur le sinistre ravin nous contemplions le lieu du massacre, nous a t'ait remarquer une échancrure d.
l.i muraille. La traditionveutquecesoil par là qu'Emin- Bey, le seul dos chefs qui échappa, rassemblant tout à coup son cheval et Lui enfonçani les étriers dans les lianes, lui fil franchir la brèche par un bond prodigieux.
Je doute que La chose soit possible, car la coupure a plus de trois mètres de hauteur, et l'espace manquait au noble animal pour prendre son élan; mais le fait de la fuite est certain, et le tour de force trop curieux pour ne pas être cité.
Depuis ces événements, la physionomie de la citadelle abien changé; du'palais ancien, dans lequel trente-deux
colonnes de granîl rose, enlevées à des temples romains ou urées, supportaient Le plafond de cèdre de la principale salle, et de la vieille mosquée de Qualabun , il ne reste plus au milieu de la cour qu'un monceau de ruines, près desquelles pleure une fontaine plus que modeste?, en marbre gris.
L'explosion d'une poudrière renversa ces monuments en 1823, et les matériaux en ont été utilisés en 1829 pour construire la mosquée et les bâtiments modernes.
Nous avons visité le palais, simple à l'extérieur, précède
d'uu jardin qui ne vaut pas celui d'un épicier enrichi en villégiature aux environs de Paris ; quant à l'intérieur, il n'est remarquable que par cette fausse magnificence
que les spéculateurs européens font accepter aux orientaux comme Le nec plus ultra de la civilisation.
Je recommande aux amateurs de pacotille les glaces qui sont censées orner le grand Salon ; elles avaient coûte S. (M)ll francs à Paris, le pacha les a payées 80,000 au Caire; le fournisseur, bien connu de Sa Hautesse, avait par mé'garde OU autrement ajouté un 0 à la facture.
Ces distractions, profitables aux commissionnaires peu scrupuleux, sont fréquentes en orient, mais la Cour des Comptes (Mi a relevé . dit-on. de plus fortes à Paris dans
certains marchés. Le bruil court que lei sutet dernières n'y on! \> la non plu
I tans toul ind palais, une seule
oriental : c'esl la salle de bain, un b bàtre.
Sauf cette salle, il n'y a de vraiment beau dans l'habitation des pachasque la nie dont nt jouir sui ville.
Il faut cela pour consoler de l'étalage déplorabl fauteuils en velours forme empin - lamen-
tables ei <\i'> papiers peints a 60 centimi malencontreusement prod
Notre drogman ne trouve beau que ce qui brille ; aussi nous gardait-il pour Le bouquet la nouvelle m ({née, qui passe aux yeux de tout habitant du 4 ur
la merveille des merveilles.
Vue de loin et flanqu leui m llis-
sant du sol à une prodigieuse hauteur, p - lent le cil1!, elle produit réellement un assez grand
Mais il faut s'en tenir à cette impression premier ne pas analyser les détails, sans quoi les critiques arrivent en foule.
Les minarets sont grêles, n -. efflanqués: le c
pointu qui les coiffe leur <l<>nne l'apparence de deux cierges trop longs, sur lesquels un - nt de
poser son éteignoir. La tour carrée noir et or qui flanque la galerie N. 0. ferait bien, mais pourquoi l'avoir surmontée d'un pavillon chinois .'
on n»- s'attendait guère
A voir la Chine en cette affaire.
Ce pavillon n'existait pas dans le principe, on l'a construit pour servir de cage à une horloge ; funeste présent de Louis-Philippe à Méhémet-Ali.
Le roi des Français s'était sans doute souvenu qu'Haroun-al-Raschid avait envoyé une horloge à Charlemagne; ' politesse oblige, et après mille ans de réflexion , le sue-
iseur du grand empereur envoya une pendule au successeur du prince des Croyants.
Les petits cadeaux entretiennent l'amitié, seulement Mohammed aurait sagement agi en plaçant celui-ci ailleurs.
En entrant dans la cour, cette fâcheuse impression s'efface; ce nVst pas que j'admire beaucoup la fontaine monumentale qui en décore le centre, mais la colonnade qui l'entoure est réellement magnifique, toute en albâtre oriental, de couleur ambrée, demi-transparente avec un chatoiement d'opale.
L'intérieur de la mosquée, que couronne une superbe coupole, flanquée de quatre petits dômes octogones, étonne plus par sa grandeur qu'il ne satisfait par sa décoration.
Les piliers majestueux qui supportent la VOÛte seraient très-beaux siles plaques d'albâtre qui en revêtent la base les recouvraient jusqu'au sommet; mais l'architecte a cru qu'il suffisait d'en placer jusqu'à hauteur d'homme cl de les remplacer ensuite par un affreux badigeon café au lait ; ce disparate produit le même effet que des bottes vernies aux pieds d'un mendiant, ii fait ressortir la pauvreté du vêtement.
L'albâtre ne manquait pourtant pas, puisqu'on l'a prodigué partout ailleurs, c'est le goût qui a fait défaut; péché originel qui, parait-il, se rencontre partout en Orient.
Les dorures abondent aussi, il y en a trop, beaucoup trop, ce clinquant l'aligne, on dirait que Brava y a passé par là.
Pour être riche, une mosquée n'a pas besoin d'être
dorée rar trancb
par Ibrahim. L ;ni\ femmes du pacha, la haut, les fenêtres mau s
portent une livrée vert il
n'y .1 pas jusqu'au vide du monument qui n< m-
bré d'une foule de vilaines lanternes, d'o de petits drap faux, de carrés de brocs bout «1»' longs cordons de un
grand lustre de fabrique évidemment p dû arriver de compagnie a
trouve tout étonné d'avoir \> nd d'un ca
de cinquième ordre dans une mosqui
Cesoircesera bien pis : une escouade d'où pla-
cent en ce moment d'énormes couroni] de couleur, des Lampes, des bou^ nx de
toute sorte, pour célébrer pompeusement au coucher du soleil l'ouverture du Rhamadan.
Je ne sais ce qu'en pense Iféhémet-Al son tombeau de granit, mais pour peu que cela contio le lieu saint des Croyants va ressemblera une boutique de bric-à-brac.
Ce qu'il faut admirer Bans restrii mr ce plat obstrue de bâtiments sans caractèn le magique panorama dont on jouit du haut des ; rasses.
Dans un horizon immense, où la vue plonge sans que rien lui fasse obstacle, s'encadre le plus beau tableau qu'il soit permis de rêver.
Ce n'est pas un petit coin de l'Egypte, m ent
tout eidier qui s'y révèle.
Au premier plan, la ville couchée à nos pieds avec ses toits en terrasse, les dômes de ses deux cent cinquantequatre mosquées, SJ forêt de blancs minarets montant
vers le ciel bleu , ses rues indiquées par un réseau de coupures étroites, rayant dans tous les sens la compacte agglomération des maisons, les masses vertes deses jardins et de ses promenades, s'agrandissant à mesure qu'elles apprpchenl du quartier européen : plus loin, des massifs de palmiers ou de bananiers, des villas et dei palais éparpillés aux abords de la capitale comme une nuée de tirailleurs sur les lianes d'un formidable carré!
Au second plan, le regard se repose sur des champs
gris, piqués çà et là de villages massés sur de petites éminences, des fermes, des bouquets d'arbres, quelques rares plaques de verdure, le sommet du Delta bordé d'un large galon ordinairement bleu moire d'argent, aujourd'hui brun et mat mais plus large ; le Nil, ce grand tertilisateur qui déjà déborde en se ramifiant dans mille canaux et apporte dans ses eaux grossies le précieux engrais qu'attendent ! s guérets.
Puis enfin, à une distance d'à peu près quatre lieues, l'imposante rangée dos Pyramides, énormes sentinelles inondées de lumière et allongeant leurs grandes ombres siu- le manteau fauve du désert.
L'apparition de ces colosses, vieux de tant de siècles, a produit sur nous une impression que je ne saurais rendre.
En vain sélim a voulu détourner noire attention en nous conduisant vers un autre point, d'où il nous a montré a travers (\i^s collines de débris, seuls restes de ce vieux Caire fonde par Amrou, et dont un incendie de 5$ jours n'a pas laissé debout une seule maison, le gigantesque aqueduc qui porte à la forteresse les eaux du Nil ; nous avons regardé sans voir, ne songeant qu'aux grandioses monuments des Pharaons, qu'à ce désert qui est le vide et qui, connue le vide, fascine et attire.
Je croyais les chiens «-n p< pleine
rues, je me bi mpé ; ils n jour du m
que h jouissance des Irol le mil la rue
appartient aux ânes.
Ce qu'il y ;i de ces animaux à long capitale des pachas est quelque <•..
blable; quant à leurs conducteurs, non moinanombreuz, ils sont aussi fatigants pour les promc i moustiques pour les dormeurs.
C'est une huitième plaie à ajouter aux sept ment nées dans la Bible.
A. notre sortie nous en ayons trouvé une < a la
porte de notre hôtel : l'un d'eux nous avait ma rentrer de notre course du malin et noua attendait ferme, avec une cinquantaine de Bea compagnons pour nous enlever de fore
L'ânier etl'âne sont inséparables eu Egypte, ils vr. l'un pour l'autre ou l'un parFautre, etsont,dit un v geurqui a longtemps habité le Caire, les ty; s - j)lus amusants de l'Orient.
Voilà une phrase qui prouve bien que tous - sont dans la nature. Qu'il soit amusant pour un oisif accoudé à son balcon de regarder un malheureux étranger entouré de polissons couleur chocolat. un lambeau de chemise noué à la ceinture pour tout vêtement, et de petits ânes gris qu'on lui pousse entre les jambes afin de lui barrer le chemin, je le compre: mais que par une chaleur torride on éprouve un grand plaisir à se faire assourdir de cris discordants, tirailler dans tous les sens, étouffer par la poussière soulevée
par Les pieds nus des bipèdes, les sabots des quadrupèdes, c'est une chose que je ne puis accorder.
Ce n'est qu'en nous formant on phalange macédonienne, et en pénétrant comme un coin dans le carré
formé par nos ennemis, que nous avons pu nous ouvrir un passage.
Cette charge impétueuse ne nous a pourtant réussi qu'à demi et, tant que la rue a été assez Large, nous avons été forcés de passer entre une double haie de croupes et d'épaules qui se serraient à nous étouffer.
Pour cette fois nous leur avons échappé, mais au prix de quelles sueurs !
Fort heureusement le bazar n'est pas Loin, et une fois engagés dans Les ruelles qui y conduisent on est débarrasse à La fois des ânes, des àniers et du soleil. les premiers n'y pénétrant que difficilement et le dernierpas du tout.
En Occidentnous faisons la guerre au froid, en Orient la grande préoccupation est de combattre la chaleur.
A et1 point de vue le Caire est une forteresse à peu
près inexpugnable aux rayons brûlants, mais dans les
quartiers arabes seulement, car dans la partie européenne, ils ont non-seulement droit de passage mais de séjour, et certes ils en profitent Largement.
Des que Ton arrive à la vieille Ville, au contraire, on peut y circuler à l'ombre, grâce à l'étroitesse des rues, la hauteur des maisons, et les pittoresques abris jetés par-dessus d'une terrasse à l'autre.
De plus l'eau ne manque pas au Caire, elle y coule ou y jaillit à chaque pas ; Les fontaines y sont moins monu- ' mentales (pie fréquentes, incrustées le plus souvent dans les murs, avec de petites vasques en marbre brodées d'arabesques et d'où pendent des gobelets de fer attachés à des chainettes comme celles de nos fontaines
NYallace, auxquelli une qu'elles ont servi de
modèle.
Autour de ce mon-
tagne de pastèque - n u bair ronds
glacée, des corbeilles de : qui,
à demi éclatées, laissent apercevoir 1
d'une liqueur ro là au
sent les fourneaux portatifs où, dam de cuivre, boul le café parfumé de I aient l< *
blocs de neigedonl un m détache pour les chalands La pou quelques secondes, change un verr en un délicieux sorb
Rien n'es! curieux comme d'étu toute couleur qui assiégenl en ]>l**in vent :j"y
ai vu en chair et eu
un-ut pittoresques que le célèbre mendiant à la pastèque du peintre Murillo.
Plus pittoresques ei >nt Les bazars, car il y i
plusieurs : bazar grec <'t bazar égyptien, bazar tm bazar juif, bazardes armes, bazar des i d'autres encore occupant vingt rues et formant un immense Labyrinthe, sinueux, presque Inextricable, dont Les deux principaux portent le nom de El G de Kân-KhaliL
Rien ne ressemble moins à ces entrepôts que Les établissements auxquels nous avens demie ce nom.
Le luxe extérieur, ce que nous appelons l'art de l'étalage, y est absolument inconnu; chaque magasin réduit aux proportions d'une échoppe» occupée sur le devant par une sorte d'établi en planches, recouvert d'un tapis rayé sur lequel s'assied le marchand, immobile comme un bonze, s'enfonce d'un mètre ou deux à peine dans le rez-de-chaussée d'une galerie sinueuse, couverte de
planches ou de nattes, à travers Lesquelles filin* un demi-jour auquel l'œil a besoin de sjaccoutumer.
Toutes ces boutiques étroites, serrées les unes contre les antres, avec leur marchand enchâsse dans sa niche, fumant son narguilé ou égrenanl son chapelet d'ambre, produisent au premier coup d'œil L'effel d'une exposition de figures de cire.
Chaque galerie a sa spécialité, depuis l'épicerie jusqu'aux pierres précieuses, depuis lesgrossiers vêtements jusqu'aux plus belles étoffes, depuis la coutellerie la plus vulgaire jusqu'aux armes du plus grand prix.
Mais quelle que soit la qualité de la chose à vendre, la devanture étant toujours aussi modeste, on risquerait fort de ne rien voir si Ton s'en tenait à une inspection superficielle.
Il est vrai de dire qu'un étranger court peu ce danger s'il est averti d'avance et surtout si un drogman l'accompagne.
(les marchands, à l'aspect si flegmatique, sont en effet de rusés coquins, el savent fort bien s'attirer des chalands en abandonnant une remise convenue sur les prix
de vente aux guides Chargés de promener les touristes.
Notre Sélim n'en est pas à son coup d'essai, la promenade qu'il nous a fait taire est un véritable guet-àpens.
Mais aussi quelles boitesà surprise que ces échoppes aux dehors si candides.
Un Dabab se ruinerait à acheter le contenu de Tune d'elles et un Franc a bien de la peine à se lever du divan sur lequel il s'est assis auprès d'un flegmatique marchand, sans avoir vidé sa bourse jusqu'au dernier para.
Nous n'avions besoin de rien, aucun marchand n'avait
envie de doua rien vend]
de notre part, de compte
nous avons repris le chemin de l'hôtel, toui
il nous eul été impossible d embler <!»• quoi louer,
pour une heure, une de ces chéti ves monturi
heures avanl noi >na superbemi
Triste retour des ch
Sélim seul était triomphant, il ne il nous chassait devant lui,
Hontem comm • un renard qu'âne ponte inraU
Au fait, qu'allons-nous faire de tous les objets inutiles qu'encombrants dont nous n< liar-
LaDalmate, qui connaît son Caire lion
de nos acquisitions avec un sourire ironique sur lei vrcs.il parait que nous en avons payé dix
Cependant le juif qui m'a vendu mon kéfieh, me jurait par Abraham qu'il y perdait en me le pour un
prix dont Sélim lui a fait rabattre encore ta i
Mademoiselle J... n'a paslieunon pli - leil-
lirdu bon marché de ses babouches brod a appris
à ses dépens que tout ce qui luit n'est pas or.
Après tout, il n'y a pas tant ' -que si
nous avons prodigué nos onces et nos medjidiés. nous avons au moins vu d'admirables étofl ■> brod • merveilleuses, des pipes incomparables, des armes de la plus belle trempe, et que nous nous sommes don: luxe d'un véritable éblouissement de perles et de pierreries.
Et puis il nous restera, de notre visite aux bazars, un double et précieux souvenir : celui d'une très-curieuse promenade et la certitude complète d'avoir payé de nos deniers le caftan, dans lequel notre drog-
man se faisait admirer tout à L'heure par Les gens de service de l'hôtel.
Frédéric préférerait que son manteau en poil de chameau fut plus ample et plus fin, niais se console comme les autres en pensant que, s'il avait eu plus d'argent sur lui, il aurait plus dépensé encore.
Si la philosophie es! bonne quelque part, c'est certainement en voyage.
Messieurs de v... et de H..., Logés dans un autre hôtel, sont venus nous voir au moment où nous sortions de table; ils ont encore acheté plus que nous, mais à trèsbon marché, disent-ils.
Les malheureux ! si cela continue, nous serons obliges de nous adresser au consul de France, afin d'en obtenir des secours de route pour les rapatrier.
Tout le monde dans notre bande s'accorde à reconnaitre qu'ils ont la simplicité de la colombe, mais que la prudence du serpent leur fait complètement défaut.
11 est question d'aller voir le puits de Joseph, une merveille, parait-il ; on ne peut pas quitter le Caire sans l'avoir visite.
Inde nos amis qui en arrive nous détourne de ce projet.
C'est, dit-il, un grand trou carré de 88 mètres de profondeur, dans lequel on descend par une rampe humide, boueuse, glissante ; d'en haut on ne voit rien, d'en bas peu de chose, et tout ce qu'on en rapporte se borne ordinairement à un rhume.
Notre ami est très-véridique, sa description peu poétique1 change nos résolutions et, au lieu d'aller à la citadelle dans l'enceinte de laquelle se trouve cette colossale noria, creusée non pas par le patriarche Joseph, mais par Saladin, qui s'appelait, lui aussi, Youcouf ,
nous allons n mn peu de fraîcheur du jardin de PEzbekyeh.
i. nous attendent à
encore recommencer
La Providence \ lent en nom anl
deux Anglais, qui appa ni au I la rue,
une lorgnette 'rime mainel leur guide Ifurray de L*auti
L'escadron des âniers fond sur eux, parts, un effroyable tumulte ihé de brai
ments sonon ,
Les gentlemen opposent une résistant adressenl aux assaillants, qui ne les comprennent <pi<peu ou point, un speech dans lequel ils les menacent de se plaindre au consul 'l'An,
Nous profitons de cette alerte pourtr rla rue
plus vite, nous tournons dans une ruelle, nous somm sauvés.
Rien n'es! moins oriental que le jardin li élèves de L'ingénieur du bois de Boulogne el de m sieur Alphand, mais le soir il fait là moi tud qu'i
leurs et c'est quelque choa
Il existait là autrefois une sorte de f« • de
palmiers el de sycomores emmêlé! de lianes : VI poussait dru, on y respirait dans les clairières une odeur de foin coupé et de fleurs d'acacias, ; y chantaient à plein» .• sai dérangés dans leur
citadelle de verdure, au milieu de m - par
des cactus féroces et des aloès à feuilles épin : on
eût dit une oasis découpée irrégulièrement dans le désert et transportée au sein de la capitale.
Mchémet-Ali trouva malheureusement que ce jardin avait trop les allures d'un de ses vieux Mameluks, et voulut rhabiller à l'européenne, comme il avait habillé où plutôt déshabillé ses nizam.
A TRAVERS l.'nlUKNT DJÎ)
Les deux Français appelés par Le pacha accoururent avec des niveaux, des équerres et des cordeaux.
I. es beaux arbres tombèrent sous la hache, cactus et buissons furenl coupes ras le pied, la charrue enleva jusqu'aux derniers vestiges de la flore africaine, puis, sur le sol soigneusement nivelé et rétréci, pour lui donner une forme rectangulaire à pans coupés, leshausma-
nisateurs parisiens tracèrent des allées sablées, dessinèrent des pelouses, avec corbeilles de Heurs bombant
au centre; n'oublièrent ni la montagne haute comme une taupinière, nMa grotte traditionnelle, ni les mouvements de terrain ennuyeusenieni réglementaires, et firent si bien ou plutôt si mal, que de la promenade ombreuse et pittoresque, il ne resta qu'une mauvaise copie dvs squares peignés, ratisses et poinponés que l'on voil partout. Cela toit, on planta, toujours suivant la tradition civilisée, un belvédère sur la plate-forme, puis çà et là, dans un désordre si harmonieux, qu'on pourrait le mettre en musique, ces petits kiosques dont l'un est un café chantant, le second une brasserie, le troisième un établissement de photographies, des débits de cigarettes, el toutes ces jolies choses qu'on trouve il Paris, à
Berlin, à Londres, à Monaco, à Brive-la-Gaillarde et à Garpentras.
Nous sommes entrés dans ce .jardin malheureusement civilisé, en passant par un tourniquet, nous nous sommes promenés dans les allées bordées de Heurs au port d'armes, agrémentant (U^ pelouses d'un vert douteux sur Lesquelles il est défendu de poser le pied sous peine d'amende ; nous nous sommes assis sur des chai-
ï en fer en payant une piastre, et d'où nous a chassés bien vile» la détestable musique militaire, à la fois aigre, discordante el monotone, qui remplace le concert dos rossignols envoles.
Les promeneurs, du reste, ne : aie depuis que
le jardin a été arrangé, les Arabes entr lient
par leur absen »mme au temp : n
tnenl mieux prendre le ir leure
venir se faire dévorer par les mous!
bataillons dansent au bord de la rivfc dans
les rayons du soleil couchant.
Seuls, les Européens y pi noirs et leurs redii intes 1
toilettes tapageur ur de l'exposition, - bonnes
leurs petits messieurs pommadés avec le Lites
demoiselles enrubanées.
Ajoutez a cela des jardiniers, d< (|uc- soldats, 2,500 becs de gaz pour éclairer un jai désert, pendant que 1 s populeux itplong
dans une profonde obscurité, el voui î une des charmes de la civilisât
laits sur les bords du Nil en général, dans l*Ezbekieb en particulier.
Pour que tout fût à l'unisson, le khédive .'i rasé la plupart des maisons , g qui entouraient la place, et Les a remplacées par des construct une,
aussi somptueusement 1 me chèrement inhabita-
ble-.
Deux seules, parmi les anciennes, ont attiré mon attention, bien moins par leur élégance que par les souvenirs historiques qui s'y rattachent : la premièi ;ée à l'angle de l'avenue de Boulacq, servit de logement à l'etat-major de Bonaparte: la seconde, le palais du Defter-dar-Bey. fut le théâtre d'un drame sanglant passé il y a 7:2 ans. mais vivant dans les souvenirs de la population du Caire.
Laisse seul en Egypte par Bonaparte, que rappelaient en France des intérêts plus importants pour lui que la con-
A ru \yi:i:s [/OIUENT 1 1 1
quête d'un désort, Kléber avait euà combattre àla fois des armées ennemies et un soulèvement terrible.
Les ennemis, il les avait anéantis par sa grande victoire d'Héliopob's.
Les révoltés, il Les avait écrasés dans le Caire, sous une pluie de balles et de boulets.
Vaincus, les Egyptiens courbaient la tête; pour les empêcher de la relever, leur vainqueur était venu s'établir au milieu d'eux, dans ce palais qui portait encore sur sa façade les traces des projectiles.
L'esprit public est mobile au Caire ; les habitants qui avaient d'abord détesté, puis craint nos soldats, commençaient à s'habituer à eux, et plusieurs mêmes à s'y attacher, les trouvant bien préférables aux Mameluks.
De ce côté une émeute devenait donc de jour en jour moins à craindre.
Mais au moment où le général en chef se relâchait d'une sévérité qu'il ne regardait plus comme nécessaire, un jeune homme natif d'Alep, arrivant de Palestine, après avoir traversé le désert sur un chameau, descendait à la grande mosquée et y demandait une hospitalité qui jamais n'a été refusée.
Cet Ara lie se nommait Soliman, il était fanatique et décidé à venger la défaite de l'armée du Prophète par un coup hardi. Encouragé dans sa résolution* par les suggestions de l'aga des janissaires en Syrie, il s'ouvrit de son dessein aux quatre principaux cheiks de la mosquée et leur déclara sa résolution.
Effrayés par cette révélation, les cheiks tâchèrent de l'en détourner mais ne le dénoncèrent pas.
Un soir, le 14 juin, par une de ces belles journées comme celle dont nous jouissons en ce moment, Kléber se promenait dans le petit jardin du palais où se trouvait alors une citerne abandonnée, et montrait à Protain,
l'architecte de l'ara Bons environnai de la révolte.
En ce moment un homme, sorti d< B'approcha comme pour h tnône. klél
B'arrèta et, I un mend la
mains et.
Mais le faux mendiant, se repliant surlui-mème une bète fauve, s'élança sur Lui et lui en: gnard dans le c eur.
(Cléber tomba bous le coup : C( pendant l'a n ne
lâchait pas prise et (rappail toujoi
Protain se préci] mp
depoignard qui 1»' renversa.
S is cria attirèrent d< vèrenl les victimes : 1' ru, "n 1»* r
trouva blotti derrière les
Une commission militaire fut aus terrogerl< - rat ; il avoua son crime, il fitpl l'en glorifia.
Li - jug - renl de cheiks ses confidents tombèrent reau;quantà Soliman-, il fut empalé vivant au mil:de l'oasis, déshonoré par mbelliss< ments de nos
deux compatriote s.
Kléber était vengé, mais L'Egypte perdue pour la France.
De notre promenade à l'Ezbekieh, voici l'impression la plus vivante que je rapporte
Sous les ruines comme sous les fleurs, d - palais
connue dans les mosquées, on trouve partout du sang au Caire.
Eh ! mon Dieu, un Egyptien revenant de visiter à Paris le palais des Tuileries, la place de la Concorde, l'hôtel de
ville, les boulevards, les rues, ne pourrait-il pas en dire autant ?
Ne soyons pas hop sévère», pour ne pas être sévèrement jugés à noire tour.
Les V\ ramides, 30 août.
C'est au pied de la grande pyramide de Chéops, à l'ombre d'une de ses énormes pierres, que j'écris ces lignes.
Rarement j'ai été plus impressionné et... plus fatigué.
Nous avons quitté le Caire à 3 heures du matin.
La matinée est l'heure où l'on y dort ; un silence profond régnait dans les rues et sur les boulevards, le long desquels Les lumières achevaient de s'éteindre en bleuissant; à peine distinguions-nous à travers l'obscurité les formes blanches des maisons comme des fantômes drapés dans leurs suaires.
Pour une visite à des tombeaux on ne pouvait pas
mieux choisir.
Je me souviens avoir lu dans l'histoire ancienne du vénérable mais peu exact Uolin, qu'aussitôt après la mort d'un Pharaon, les prêtres s'assemblaient pour juger sa mémoire, el que si le poids des mauvaises actions l'emportait sur celui îles bonnes, l'illustre mort était privé des honneurs do la sépulture.
Ce joli petit morceau do morale historique n'a que le défaut d'être absolument contraire à l'histoire.
Sans chercher plus loin, la construction même des Pyramides le prouve.
Un savant archéologue a en effet constaté que ces masses énormes n'ont pas été élevées tout d'une pièce,
elles grandissaient chaque ann< :i foula I
l'un pouvait les trancherhorizontalement, on
rail mathématiquement la du
comme on reconnail au nombi ntri-
ques l'âge d'un arbi
En Orient, plus que partoutailleurs, li toujours occupés d'une manière toute particulier! leur sépulture. En Chine, encore aujourd'hui, le plus agréable que l'on pui un fils du Céleste
Empire est un beau cercueil, bien conditionné, m ment capitonné, doré sur tranchi : fermoir élé-
gant.
Les princes égyptiens désiraient passionnément pour leur future momie, non pasunvulg leilen
de rose ou de citronnier, mais un sarcop st-à-dire
une sorte de grande baignoire en porph; nit, placé au centre d'une pyran orientée par les astronomes.
Tous se jugeaient d'avance d'un magnifique
tombeau ; seulement, comme ils n'étaienl pourcomptersur la reconnaissance des peupl rés par leur paternelle autorité . à i au
trône ils s'occupaient de se ménager leur . tion
future.
La durée de la vie est chose peu sûre, aussi se hâtaient-ils le plus possible et, n'étant pas patients parce qu'ils ne se sentaient pas éternels, ils commençaient par s'élever une petite pyramide.
En générale! en faisant tenailler par leurs inspecteurs les Israélites quand ils en avaient sous la main, OU leurs propres sujets après que Moïse eût eu le mauvais d'emmener le peuple hébreu, c'était l'affaire de dix à douze mois.
L'année suivante, en vertu de cet axiome que le plus
vaut mieux que Le moins, ils appliquaient extérieurement une couche de pierres ou de briques, decinqou six mètres d'épaisseur, sur toutes les faces du monument, et continuaienl ainsi à emboîter La pyramide primitive dans d'autres pyramides formant étui, si bien que plus le règne se prolongeait plus Le monumenl montait, et que La plus grande occupation des pauvres ouvriers consistai à enterrer leur maître.
Lui mort, la croissance du tombeau s'arrêtait, Les architectes revêtaient La pyramide d'une couche de pierres dures et polies pour en l'aire disparaître Les gradins ; la galerie conduisanl à la chambre sépulcrale était bouchée, et aussitôtles ouvriers se mettaient à l'œuvre pour commencer la petite pyramide de son successeur.
Si en forgeant on devient forgeron, il est facile de comprendre qu'eux fussent passés maîtres dans l'art peu récréatif de construire des tombeaux.
Eh bien! Là, franchement, si j'avais vécu dans cestemps, j'aurais demande à ne pas être inscrit dans la caste des maçons.
Autrefois, je veux dire il y a 20 ans, une route sinueuse, suivant les méandres des chaussées, conduisait en trois ou quatre heures à Gizeh. Les intrépides faisaient ce trajet à pied, les autres à ânes; aujourd'hui ce n'est plus cela, on ne part pas pour voir mais pour arriver.
Le vice-roi, qui est ingénieur à ses moments perdus, nevoulant pas que les touristes en perdent à se promener, a tracé sur la carte avec une règle bien droite la route que nous suivons, Large ruban de poussière, qui partant du point A arrive au point \\ sans dévierd'un centimètre, et, que, tout le Long de son parcours, Les ingénieurs ont jalonné de poteaux qui peut-être deviendront des arbres un jour.
ursi -i a b régi i d< sionni ient plus « i ■ i •
oasis que tin • nt leur tient d
poussière en abondanc ur
du soleil, mais Us \ it qu'un bou-
lci lancé du Cain i n'aurait pai une Ira,
toire plus inflexible que la ut.
< n'est qu'après avoir coupé la lijj fer de le haute Egj pte, que dous a\ voir clair; moins <l<' 10 minutes plus tard d pleine orgie «le lumii
Lies pays chauds ne connaissent pas les m mes. les jours n'y ont ni aurore ni ion commençait à peine à l'em] que le soleil,
sous la forme d'un boulet roug .
implacablement bleu et nous criblail .. brû-
lantes.
Fort heureusement jVt.
che, à côté du vice-président, dont la- mbrellenoui
a couverts comme une tente. Trois de nos plus jeunes compagnons, qui n'avaient dans I pie
leurs cigares pour se procurer de l'ombre, ont dû faire de sérieuses réflexions sur leur imprud
La route est encore déserte, n«>us n'arons croisé que
quelques cavalii . s, un officier faisant
trotter un superbe méhari ou cbameaudeeou
fine et aux longues jambes grêles, souples, nerv qui ne ressemble nullement à ces Lourds et stup ides chameaux porteurs de bag seuls que nous eussions rencontrés jusque là.
Tout autour de nous les champs sont bruns, fraîchement ensemences, à demi inondés par l'eau qui déborde des canaux, et les couvrira bientôt ; quelques-uns sont
plus élevés, des fellahs les labourent ; sur cette plaine basse et ocreuse, les villages, perchés sur dv* monticules, font tache blanche ; çàetlà se montrent des bouquets de palmiers.
Quelques vaches, qui cherchent sur les accotements du chemin une pâture qu'elles ne trouvent pas, lèvent la lète et nous regardent avec de grands yeux doux et tristes. Je noie en passant leur singulière physionomie : hautes sur jambes, La poitrine étroite, le museau pointu, la tète fine et presque sans cornes, elles ressemblent plus ;i chvs biches de haute taille qu'à tout autre animal.
Les chèvres et les moutons ne sont pas moins extraordinaires : les premières, petites, noires, pétulantes, l'œil vifetle nezfortemenl busqué, sont ornées d'oreilles soyeuses qui pendent jusqu'à terre; les autres traînent après eux une queue Large, épaisse, aplatie et si lourde qu'elle doit horriblement les gêner.
Que font-ils sur la roule, où les garde une petite sauvagesse en chocolat qui nous tend la main en demandant : bagchich ! Espèrent-ils aussi queles voyageurs les aumôneront d'un peu de loin ; en tout cas ils en auraient moins besoin que les descendantes efflanquées des vaches maigres du Pharaon delà Bible.
Mais ni Les vaches, ni les moutons, ni même les groupes de femmes vêtues de colonnade bleue, qui remplissent leurs urnesde terre dans les Larges canaux ou y font leurs ablutions, ne détournent Longtemps noire attention dos trois grandes Pyramides, dont Les arêtes se profilent avec uni" incroyable netteté sur l'azur du ciel.
La première, celle de Chéops, enveloppéede lumière et teintée de rose parle soleil, attire surtout nos regards. A. mesure que nous approchons, de géant elle devient colosse.
! jS
J'ai beau me dire qu'elle n'a q lion, 13 pi< dfl de ra< i ,i pourrait pre! ;
i ni Pi rrede Rome, par Le plateau but Lequel ell< fraj .
iphis, Khoufou, Klinoin.'i ou, ce qv .
même cl . < jui vivait quelqui
chrétienne, fut-il un d auxquels Le vote d
pulture ? Il serai tdifficili vu qu'il y a au moins 50 .aire
a disparu ; uni- a coup sûr !
de Longues ann urlui permetl
blablemas
Elle était même plus liant urtout plus ;
avant que Les kalii .
mosquées ou Leurs palais, n'eussenl faire enlever la partie supérieure et d'arra ment qui couvrait les gradins.
Le passage d'une voiture sur lâcha .ose
commune en cette saison. N
les villages en émoi. N trois
kilomètr lire avant d'arriver au but d< prome-
nade matinale, quand, de chaqu ... imération dehuttes, nous avons vu accourir ! ;s de leurs che-
mises de tuile et leur tarbouch sur la tête.
Il en sortait de partout et rien n'arrêtait leur ardeur : enfonçant jusqu'à mi-jambe dans Les terri 3 ils traversaient les champs nouvel! . cou-
pant toujours au plus court.
Les canaux 1 t profonds ne sont pas un obsta-
cle pour mphibies, ils s'y plongeaient après avoir
placé sur leur tète leur unique vêtement roulé en paquet,
A 'l RAYERS l'oBIENT 1 19
traversaient à la nage, rémontaienl La berge toujours trottanl ou nageant, finissaient par nous atteindre et tenaient pied à nos chevaux avec une aisance incroyable.
D'abord ils étaient troisou quatre courant autour des voilures, puisdix, puis vingt,puis toute une population.
En les voyanl de Loin, Mademoiselle J... était un peu effrayée, elle Leur trouvait L'aspecl de brigands ; plus près, leurphysionomie l'a complètement rassurée; elle n'a en effet rien de féroce; leurs traits, d'une grande régularité, ont conservé Le type égyptien dans toute sa pureté, L'expression de leurs regards est généralement douce, souvent spirituelle et railleuse.
Cela n'empêche pas qu'ils ne soient d'affreux voleurs, mais ils soûl tellement volés par le gouvernement que je les excuse presque de vouloir prendre leur revanche sur les étrangers; et puis, d'ailleurs, s'ils enveulentà la bourse, ils n'eu veulent jamais à la vie.
À un quart d'heure (h's Pyramides force nous a été de mettre pied à terre, nous entrions dans le désert et nous avions à gravir le plateau, nos chevaux essouflés ne pouvaient plus avancer
Dana ce chemin montant, sablonneux, mal-aisé, El il»' tous les côtéa au soleil exposé»
Je ne sais quel écrivain, bien connu cependant, a, dans un moment d'humeur, écrit cette phrase : les parents sont le fléau de la famille. Avec plus de vérité je puis assurer que les Arabes sont la peste des Pyramides.
Ce sont bien les plus insupportables mendiants de la création, au moins les sangsues dont se plaint Horace lâchent-elles prise quand elles sont gorgées; un fellah de Giseh n'est jamais repu, c'est un abîme de mendicité que tous les bagehichs de la terre ne parviendraient pas à combler.
150 il
Pyramidi
m naona le Bable du déseii
Il n'y ;i pas jusqu'à un n qui il-- soi! prét< . . .
représenter apr
un service qu'il faut |M\ er; uni canne que l'on hc un mur et qu'aussitôt mn Arabe autre
Encore n'est-ce là que i t ;i L'ascension qu'île attend
Sélim, notre drogman, leurqi
chargé de faire prii avec le cheik, un personnage important là-bas, comme monsieur le ma m villa. avec cette différence qu'il autour de la tête, et que sauf une ch a oublié chez Lui le reste d<
Chacun de ceux d'entr Lade devra prendre trois guid . ux pour li .un pour le pousser. Le prix est convenu d'avance suivant l'habitude; la somme versée entre Les mains du cheik, nous nous apprèton ivirl'es au-
tant plus de confiance qu'un d
en quelques min uivant
l'arête de la pyrami<
Hélàsi cette escalade gratuite et si noblement d
n'esl qu'un affreux piège tendu à notre crédulité.
C'esl ordinairement parle côté de l'Est, celui qui regarde le Caire, qu'a lieu l'ascension des touristes, j'allais dire des victimes. On dirait un véritable escalier à gradins irréguliers, mais si élevés, qu'en certains endroits le visiteur, s'il était seul, se verrait forcé d'employerles genoux et les mains pour les gravir.
L >s Bédouins ne vous Laissent pas cette peine. Agiles connue des chamois, habitués à gravir cettq pente vertigineuse, ils vous saisissent parles bras, vous entourent, vous pressent, vous (Mitraillent en poussant de sauvages hurlements , vous ahurissent, ne vous laissent ni le temps de vous reconnaître ni celui de respirer, ont le talent de vous mettre toujours en face d'obstacles infranchissables sans leur aide, puis quand ils vous ont écartelé dans tous les sens , fait perdre le souffle, ils vous retournent, vous font asseoir sur un bloc, frictionnent vos genoux, vous bassinent le front avec de l^aoi froide, vous en font boire et vous prodiguent les soins les plus hypocrites, à la suite desquels ces impudents coquins qui ne sont plus trois, niaissix,niais douze, réclament avec insistance des bagehichs de moussioule comte, ou moussiou le douque, qui n'a plus la force de leur résister.
11 faut s'exécuter, ou gare! l'ascension recommence avec une furie plus grande encore, ce n'est plus de la vitesse c'est de L'impétuosité si l'on continue a monter, si l'on descend c'est une continuité de sauts ininterrompus, dont chacun vous t'ait bondir connue un volant sur une raquette.
Si encore tous ceux qui tentent l'escalade et se prêtent volontairement à ce que notre vice-président appelait si bien un effroyable vol à la tire, étaient certains de parvenir au sommet du tombeau de Chéops. Hélas! il en est des hauteurs de la Pyramide comme du royaume du ciel, beaucoup sont appelés qui demeurent en route, et peu d'élus qui parviennent au but ; ce but, sommet de la plate-forme, peut avoir 10 mètres de côté, pasdavantage, mais là s'ouvre un magnifique horizon : le Nil brun, Giseh sous ses palmiers, de vertes oasis, Le Caire hérissé de minarets, Boulacq étendu dans ses jardins ombreux, la longue chaîne des Pyramides , immense caravane de
coi, le
mamelonm sabl
sur un i . quand li -, qui
m'accompagnait et prenait pompeusemenl le docteur Mali m >ud, docteur p panachant indifféremment Ba coni français, allemands . lais, donl
nail pas le sens, me répéta pour la centième de
phrase qu'il «rut connaître en fran
— Moussiou ledouqi :u*il m'a quées me valaient déjà le titre de duc . plus ma bourse a été entièrement vide, j
Moussiou l<i douque : quarante ségli nient.
J'avais oublié Bonaparte, ce mot m (1 is Pyramid< ,
— Montre-moi Emb ibeh, Naturellement il ne comprit \
— Embabeh, répétais-je.
— Embabeh! Yessignor,r itmonpoii -g iette en étendant le bras vers l'imriz
— Embabeh?
— Yes, - stamirdough] r, droit devant vou
\ akoub était polyglotte, lui aussi, j'eus le bonheur de devin»
— Mousson le douque, bagchich , fit ai le docteur Mahmoud en tondant la main; au lieu d'une piastre je lui envoyai un coup de poing.
11 comprit et me laissa quelques instants en repos, j'en profitai pour examiner ce lieu si célèbre, théâtre delà bataille dite des Pyramides.
Comme presque tous les villages construits dans le
voisinage du Nil, Embabehesl perché sur une éminence couronnée par un bouquet de palmiers ; c'est une agglomération de maisons basses, carrées, ni pins belles ni plus Laides que Le3 autres, des cubes blancs percés d'étroites ouvertures; à ses pieds s'étend la plaine sombre et coupée de canaux.
Le2i juillet 1798 Mourad-Bey occupait Embabeh, sorte de camp retranché entouré d'un simple boyau garni de batteries ; 24,000 janissaires en formaient la garnison, 10,000 Mamelouks s'étendaient entre les Pyramides et le Nil couvert de bateaux et de L'autrecôté duquel se tenait Ibrahim avec son armée. Pour arriver au Caire, dont elle voyait les minarets, il fallait que l'armée française, bien inférieure en nombre, forçât le passage.
Ce même jour elle débouchait dans la plaine; le général Bonaparte la commandait; il se mil à galoper devant le front des troupes et leur lança cette phrase devenue Légendaire :
Soldats, du liant de ces Pyramides, quarante siècles
vous contemplent ! »
Les Français ont toujours été amoureux des mots
ils répondirent par une immense acclamation.
En regardant le terrain sur Lequel se livra la bataille,
il me semblait voir nos cinq divisions formées en
canes, avec l'artillerie aux angles, les généraux aux
centres.
Ce dut être un magnifique spectacle que celui de ces carrés, forteresses vivantes, s'avançant en ordre, hors (h1 la portée des canons d'Kmbabeh, et maneuvranl pour couper les Mamelouks de leur camp retranché.
Mourad-Bey, devinant l'intention du général français , laissa -2,1)00 hommes on position pour protéger le camp, et fondit, avec les 8,000 autres, sur les deux premiers carres.
leurs i'n silfl et, le dofgl lur
l< rribli de cetti d'elle un nuage d< l'acier, .1 trembler le I
chevaui lancés à toute br:
Il semblait que cet ouragan in ble allait bala;
mme un fétu de paille, 1 he sur le sable fau-
Soudain la citadell Oamma sort
tandis qu'à chacun • ilatail ;
9 canon
Reçus à bout portant par melouk 3 tourbillonn
1 11 1 d • direction, la dii : R -
gnier.
Une décha n moins terrible décima de n
leurs rangs et ! ss rej
Echarpée par la mitraille, criblée pa . 1,
tant en désordre le long lerie, éperdue bous c i1 ourag
qu'à se réfugier dans Embabeh, "ù elle porta >r-
dre.
Alors le carré . >ublant avec une merveillei
promptitude, se chai :t en colonnes . la
bayonnette en ayant, - nt su: .
Mourad essa] >r l'ennemi ; ses Ma-
melouks, frémissant de rage, retrouvèrent devant eux les carres reformés, dont le feu terrible recommença aussitôt.
D'autres colonnes, pénétrant en même temps dans le village, en chassaient les défenseur- ant la
bayonnette dans les reins, rejetaient dans le Nil la multitude des fellahs et des janissaire
La bataille était Unie. Mourad, avec les débris de sa cavalerie, s'enfonça dans le désert ; Ibrahim s'enfuit lâchement.
Le lendemain, Bonaparte victorieux entrait dans le Cain\ donl la population terrifiée lui ouvrit les portes.
Pendant que je regardais la furieuse mêlée, car en certains moments ou voit parla mémoire comme par les yeux, la voix de Frédéric m'annonça l'arrivée de deux autres voitures.
C'étaient nos autres compagnons hébergés chez les chers Frères du Caire, qui débarquaient en ce moment au pied de la grande Pyramide.
Que les hommes sont donc petits quand on les regarde de haut, lis ont l'air de pygmées, mais de pygméearésolus, car plusieurs s'élancèrenl aussitôt à l'assaut.
Mademoiselle E. I). est du nombre des ascensionnistes; quand elle a passé près de moi, j'ai cru devoir Tenter à ne pas s'exposera une fatigue devant laquelle beaucoup d'hommes avaient reculé.
— Ce que femme veut Dieu le veut, m'a-t-elle répondu fièrement.
Je n'étais pas au bas de la Pyramide que je la vis au sommet, promenant sa lorgnette sur le désert.
Si toutes nos compagnes de voyage lui ressemblent, je prévois que ce sera à nous, hommes, à demander grâce.
Comme toutes les Pyramides, je dis toutes, car il en existe encore au moins 150 plus ou moins détériorées, celle de Cheops est percée, à quelques mètres au-dessus de sa base, d'uni4 petite porte donnant accès à un double corridor, dont une branche va en montant, l'autre en descendant.
Chacune de ces galeries, obscures, étroites, raboteuses, où l'on avance courbé en deux en se heurtant la tète et se meurtrissant les genoux, aboutit à une cham-
épulcrale hauteur, située dans le mide, l'uni ±1 mètres auchambre de la reine : m
chambre du . toujours dans la m<
ligne verticale, mais à -l mètres plus haut.
Il y a, dit-on, un sarcop cription portant le q< m de Khoufout je n'y ai tn qu'une courbature et le plus précieux pie j\ d
ai rapp< I une déchirure à mon pantalon. Plus
vorisé que moi, M. de Brj : >ur une
se au front.
Des savants oni passé ta :
dans ces trous, dont mille ouvr tion la plus minul
louable des égypl inat-
tendues. < m savait que ces m les tombeaux des Pha : il parait maintenant q
l< - servaienl à d'à ut: strom i
glaient L'orientation av< . par
exemple, la le Pyramide "d rigoure
ment par le trentième d le latitud
pointant exactement vers Sirius r héli
marque le retour du grand - :it la
; îibilité, au moyen de calculs tellement compli qu'ils ne sont du I <jue de quelqi;
de se reconnaître dans la chronologie des anciennes dynasti t là du moins ce que veut bien m'expli-
quer le Frère qui a accompagné les touristes de la dernière heure, .le note ces renseignements pour mémoire bien certain qu'aucun de nous n'en abusera.
M. de Morny a étudié, lui aussi, les Pyramides à son point de vue et a même écrit, à leur sujet, un mémoire
curieux, d'après lequel ces liantes collines, alignées sous un certain angle aux confins du désert, ne seraient autre chose qu'un brise-vent gigantesque, destiné à protégerle Delta contre l'invasion dos sables.
Si cette théorie est pins facile à comprendre que la précédente, elle esl peut-être plus difficile à admettre. J'en laisse la responsabilité à lVx-niinistre, président honoraire d'une foule de sociétés d'agriculture; cependant...
Je m'arrête, Frédéric, notre aide-de-camp général, m'apporte de la part, de notre aumônier-photographe Tordre de ne pas bouger; il parait que nous nous trouvons dans le champ de l'objectif braqué sur le monument à la base duquel nous sommes venus chercher un refuge. J'obéis.
Le Caire, 7 heures du soir.
Dans une heure nous allons quitter le Caire, qu'une partie de mes compagnons parcourt une dernière fois à âne; d'autres dorment sur les divans, notre vice-président boit de la limonade, je suis seul dans ma chambre et j'en profite pour écrire ; chacun suit son inclination, comme dit le poète.
Si le docteur Mahmoud s'est montré insupportable par ses continuelles exigences, si après avoir vidé ma bourse il m'a dépouillé de mon tabac et même de mes allumettes, Sélim, notre drogman, nousa causé encore plus d'ennuis par son intempérance.
Profitant d'un moment où il n'était pas surveillé, il s'est grise comme un Polonais en nous volant une bouteille de rhum.
Il cuve son ivresse à l'heure qu'il est, grand bien lui
i';i j le ; il n"' d est pa moin
failli lui coûter cher. I un
de leurs corréligionnaii . !• i
du grand jeune du Rhamadan, l
lui administrer un<
sauvé, peut i
fense.
I i"i n'a pas été Le seul, deux d'entr bl< il : L'un,lecomfc le B.
à bras, les jambes complétemenl tige dont il a été pris à moitié de l'escalade, et le bar de v. nous est revenu du sommet tellement i né,
qu'en voyant sa démarche in certaine el la cou! u-
violet de son visa us avons craint un m un
transport au cerveau.
II n'en a été rien cependanl - Lotion fraîche, du repos, et L'administration de plu
de café préparé sur pjace par
Mademoiselle d'B., qui, elleaussi, redes N delà
plateforme, nous a a ner nos malades; il parait
que la fatigue lui rnplétementinconnoi ntiers
elle serait remontée pour rde L'appétit. J'enten-
drais raconter que cette în ivi
le Mont-Blanc par distraction, en seprome. pae je
n'enterais pas étonné.
M. de V. a pris philosophiquement son parti de sa m venture.
A vaincre sans péril on triomphe sans gloire, nous at-il dit en revenant à lui, et bravement il s'est joint au reste de la troupe pour continuer l'exploration.
Il n'y a pas en effet que les Pyramide siter sur ce
plateau rocheux . les monuments les plus curieux y abondent, les tombi ssui ut.
Les Egyptiens, ce peuple d'enterreurs quia pris pour
A TRAVERS l'ORIBNT 159
symbole le scarabée, Insecte dont la vie se passe à enfouir tout ce qu'il rencontre, ont fait <lo cette esplanade une nécropole toute percée de souterrains, de chambres sôpulchrales, de chapelles, de puits qu'il ont décorés de sculptures et bourrés de momies.
Ges-gens là poussaient à l'absurde la manie d'embaumer. Il fallait pour les satisfaire que tout y passât ; après les rois les grands, après les grands les petits, après les petits Les bœufs, les chats, les ibis, les aigles, les hiboux, voir*.1 même les crocodiles.
Le désert a recouvert de son manteau et rempli desable toutes ces excavations ; les archéologues s'en plaignent, ils ont tort; le sable peut Les déranger dans leurs recherches, mais soyons justes, il Leur donne l'occasion de découvrir périodiquement les monuments découverts par leurs devanciers, il défend les peintures contre le Boleil qui les détruit, les pierres contre les Arabes qui Les brisent, Les sarcophages contre les savants qui les emportent, cVsiunavarequi enfouit son trésor pour le garder intact, et puis, n'y eût-il pas d'aussi bonnes raisons pour l'excuser, le désert, qui est Egyptien lui aussi, a, comme ses compatriotes,, la passion d'enfouir.
Après tout, L'important est que la mine ne s'épuise pas trop vite et qu'il reste en Egypte un fond de magasin convenablement assorti de momies enveloppées de bandelettes, ou en boites, de papyrus, de scarabées, de jarres de terre contenant chacune un ibis ou un chat bien ficelé, et de petits crocodiles pour les besoins (les académies de province, qui en font une grande consommation.
Rien que pour sa partie conseil municipal de Nîmes a acheté quatre grands sauriens « très propres à suspendre au plancher » comme dit l'usurier de Molière.
Userait à désirer que toutes les municipalités suivis-
ii cet exemple. L payer
h crocodil
Naturellement doua sommes ail Sphinx, cet invalide qui, * 1« -p u i ^ quel
d'années, pn ad le soleil à 500 m de la grande Pyramide, ble qui le recouvre jusqu'au cou.
Les savants disent qu'il a la forme d'un lion à l< te humaine et qu'il fût un I >i< *u .
Ce géant, dont la tète n très depuis le menton jusqu'au sommet du front, et qui n'est qu'un rocher Bculpté Bur place, offre bien le typ< plus accompli de la laideur qu'on puisse
S'il n'était que laid,] vulgairement bête, contrarie toutes }ue
nous nous étions faite* tration.
imaginez une face large et plal un n<
des joues bouffies dont ilmanqueune partie, un - de bouche niaise, des yeux sans ex] m-
pagné de deux énormes appendices qu'on dit être de veux, mais qui ressemblent à <\v> oreill vous me direz si cette tête n'est pas celle d'un cologâteux.
Franchement, il aurait fallu être trois fois idiot pour ne pas comprendre, du premier coup, ! - re-
posées par un être aussi mal doué.
Tous ceux qui connaissent l'admirable peinture de M. Ingres, ceux même qui n'ont vu que reproduit par la gravure son Sphinx au front intelligent, dont le regard clair et incisif semble lire au fond de l'àme d'Oreste qu'il interroge, conviendront que le peintre moderne a été mieux inspiré que les sculpteurs du temps des Pharaons.
Après tout, le pauvre Sphinx est si vieux, si décrépit, que peut-être faut-il attribuer aux années l'état d'imbécillité dans lequel il est tombé.
S'il ne propose plus d'énigmes, il en est devenu une, voilà ce qu'on ne saurait contester ; personne, je parle dos plus doctes, ne sait ce qu'il fait là où il est.
Etait-ce un dieu, une représentation de Har-em-Rhou, ou simplement un colosse décoratif?
Les égyptologues ont écrit , sur ce sujet, des centaines debrochureSjdont chacune conclut par une affirmation contraire, mais qui, toutes réunies, aboutissentà un point d'interrogation qui grandit chaque jour.
Un de nous, je ne sais lequel, veut ajouter sa pierre à ce tas de suppositions, et affirme que le Sphinx n'est autre chose que le chien préposé à la garde du troupeau des colosses de Giseh, peut-être n'a-t-il pas tort.
Ce même point d'interrogation se dresse à l'entrée du temple voisin ; sans même chercher à y répondre nous sommes descendus par un couloir à demi obstrué par le sable, dans des salles dont la destination primitive est demeurée inconnue, mais d'un aspect vraiment grandiose avec murs en granit rose adinirablement'poli, composés de blocs dont quelques-uns n'ont pas moins de cinq mètres de longueur, et un plafond aussi de granit, supporté par des piliers ou des colonnes en bel albâtre oriental.
Au moment où nous en sortions, quelques Bédouins de dix à douze ans, nous croyant seuls, se sont amusés à nous lancer despierres et du sable; malheureusement pour eux leurs grands frères, qui nous accompagnaient, les ont aperçus, et jugeant l'occasion favorable pour obtenir unnouveaubagehich en nous défendant, ontexécuté sur eux une charge à fond de train.
Jamais je n'avais vu fuite aussi précipitée ; ce tourbillon de polissons, descendant la colline en se culbutant
comme
: ries aul ni trop an.
A notre retour rien de bien particuli un palais .-m bord «in Nil, I.
Bourgogne égyptienne, qui i
ceui qui y entraient par la • d parla
fenêtre, enveloppés dans un sac sanglant q roulail à la m
Bst-Ce vrai /
Je n'en sais rien ; Sélim L'affir lia le drùle est su-
jet à caution.
Personne n'habite plus ; portes «-t fenêtres en sont condamnées, personne n'y pénètre et on Fa] jours suivant Sélim, la Maison maudite.
Pour 1rs amateurs d'un certain gei voilà un sujet de roman à -
Du reste, peu de choses à rem jar-
dins, pas mal tic palais ressemblant a tous les pala.
'.-nés maussades comme 1
boulevards ensoleillés et empoi s de cha-
meaux, des escadrons d'ânes, des! luxdechèi
des Bédouins à demi-nus, des femmes dont on ne voit que les yeux, des ne D blan jaune,
des Arméniens noirs, des turbans de toutes eoul< beau pont jeté sur le Nil dont les eaux brunes coulent au ras des quais, de beaux groupes de palmiers, des rangées de bananiers aux larges feuilles vertes, des squares, des marchés, une foule bigarrée, bruyante, tout avoir, rien à regarder.
A l'hôtel, des marchands nous attendaient, c'est la morte saison pour les affaire- si sont-ils à l'affût des
étrangers ; ils avaient fait de notre antichambre un bazar. Toute la pièce était encombrée d'étoffes soi-disant
A travers l'orient 1G3
orientales, d'antiquités fabriquées il va huit jours, de médailles grecques, romaines ou égyptiennes sortant de l'atelier des faux-monnayeurs, qui abondent au Caire comme à Naples, de photographies, Les unes si noires qu'on n'y pouvait rien distinguer, les autres si pâles qu'il était impossible d'y rien voir.
Un vendeur de scarabées s'est acharné particulièrement sur moi ; j'en rapportais plein mes poches achetés à 1 piastre (25 centimes) pièce auxBédouins deGiseh, etque j'estimais bien 8 centimes la douzaine. Je les lui ai montrés pour me défaire de lui; mon marchand m'a prouvé trèsfacilement, du reste, qu'ils étail faux comme des jetons. Un seul a attiré son attention, il m'a proposé de nie le changer pour un bien plus beau, ce brave jeune homme tenait à me faire un cadeau. Je me suis délié de sa générosité et j'ai bien fait.
Le Bédouin qui me l'avait vendu, avec la ferme intention de me voler, s'était volé Lui-même; il est très-beau, parait-il, e1 si j'avais voulu le céder, il m'aurait été payé trois livres, 78 francs de notre monnaie ; je ne le changerais pas pour le Sphinx, il est moins gros, c'est vrai, mais bien moins laid et beaucoup plus portatif.
Aprèsle dîner, qui a eu lieu à midi, je suis allé, avec notre vice-président, rendre visite aux frères qui nous avaient si généreusement offert l'hospitalité.
C'est un des bons souvenirs que je remporterai du Caire.
L'accueil que nous a fait le supérieur de ces excellents religieux a été (Tune cordialité charmante, un peu à l'orientale, puisqu'onnous a reçus dans une salle garnie de divans où un jeune Arabe nous a présenté le café. Nuis avons cause un peu de tout, de la France en particulier, que les chers Frères aiment et font aimer partout où ils fondent un établissement.
164 A THAÏ
m qu'ils p nt au <
hôte doua en lit Les bonnei nabilib
mante. Le* salle nt haul
. Les classe \ d'u
aient autour des cours : le Bique est riche en instruments, la coll< naturelle est vraiment remarqua]
qui 1 1 1 " - 1 surtout charm contentement <l« s élèves, L'affection qu'ils \ portera leurs maîtres, Le développement de leur intelligence.
Une partie d'entre eux rentrait de la la surveillance d'un frère. Le supérieur l< - a ■ pour s'assurer qu'ils n'avaient pas trop chaud, qu cursion n'avait pas été trop Loi
.l'ai cause avec plusieurs enfants, ils couramment le français, l'espa I L'italii
uns l'anglais et L'allemand.
Ce n'est là qu'un ace ■. Le principal
l'histoire, la géographie, L'arithmétique, La géométrie, la tenue des livres, la correspondance, l'histoire naturelle, le dessin.
Tous les élèves internes sont catholiques, il n pas
de même des externes ;les musulmans, qui n'ont pas les préjugés de certains Français contre L'enseig n-
gréganiste, et qui, dans leur gros bon sens, reconna sent que les chers frères ne sont ni si int<>; ni m
brutaux, ni si ignorants que le clabaude, on sait pourquoi, une certaine presse soi-disant amie du progi ne craignent pas de leur confier leurs enfants.
Si jamais on nous chasse de notre chère France, berceau de notre ordre, me disait le supérieur, il ne nous sera pas difficile de caser nos exilés, tout l'Orient les désire et les appelle, et si le nombre de nos écoles dans ce
pays est encore peu nombreux, c'est que Le nombre de nos collaborateurs est restreint.
Dieu veuille que cela n'arrive pas, mais si les choses en venaient à ce point, je suis bien persuadé que les disciples du bienheureux LaSale n'arriveraient pas jusqu'ici ; l'Angleterre, L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne sauraient bien Les arrêter sur leur roule, ainsi que les jésuites, les dominicains et tous ces autres obscurantistes, qu'on accuse défaire baisser le niveau des études, alors que dans tous les concours leurs élèves répondent par d'éclatants triomphes aux haineuses et mensongères calomnies de ceux qui ont tout intérêt à tenir Le peuple dans l'ignorance et a ne lui enseigner que l'erreur.
Nous avons Laissé l'étranger s'enrichir de nos milliards, ne nous laissons pas enlever par lui notre honneur et notre gloire après notre argent.
Bien des choses nous restaient à visiter au Caire, plus encore dans Les environs, mais nos heures étaient comptées, il a fallu repartir.
En mer, 8 heures du soir, :31 août.
Ce n'es! qu'à travers une demi obscurité que nous avons de nouveau traversé le Delta, presque inondé par ces eaux fertilisantes, dent izvàcc à des travaux sans cesse améliorés depuis les temps les plus reculés, les Egyptiens, en cela plus intelligents que nos ingénieurs européens, ont SU assurer la distribution régulière.
Livré ii lui-même, le Nil roulerait, inutile à l'agriculture, les flots de son limon vers la mer : endigué comme le Rhône, il deviendrait comme lui un torrent dévastateur; coupé en mille canaux, son cours s'étend mollement sur
co Jardin qu'on nomme l< 1 1
nature de
Bêche, sablonneuse, bI
fleuve.
< > 1 1 y récolterail de bell eu Egypte, ou si
Toute la plaine • bI piquéede pointa lumineux; au d sus de chaque village important plan toiles, toute L'Egj pi t quai
ou plutotpour quarante nuit i. i » ni-
tence que ce Ramadhan, carême et jeûne absolu nr,
carnaval dès que Le soleil a disparu deFhor Ue
heure Les croyants, s'imaginant que leur les voil pas, prennent leur revanche ; à 1 craindrais bien qu'il n'en tendit L'affreux vacarm doutât de quelque chose.
l.cs Lumières se multiplièrent à l*h< . vions a Alexandrie.
Moins on a de temps, mieux il faut enprotit avions-nous passé a notre hôtel le quart d'heur* te-
ment nécessaire à nos ablutio
sortis. Toute la ville était on : la plac i( >n-
suis il y avait foule.
- Musulmans, parait-il, ne s'amusent jamais autant que lorsqu'ils sont
Ce n'était cependant pas là qu'il aurait fallu a lier pou. sister aux danses, aux repas, aux réunions en plein airqui donnent aux mes arabes une physionomie finale.
La place des Consuls se trouve en plein quartier Franc; c'est un grand carré long, planté de beaux a . bordé
de larges trottoirs, décoré de I leux extrémi-
tés, et au centre, de la statue en bronze de Méhémet-Ali, que nous avions déjà vue à Paris à l'exposition de L872 : cette place manque absolument de cachet.
A TRAVKIIS l'ORIKNT Ki7
Tout ce qui L'entoure-, hôtels, théâtre, cafés, magasins, maisons de banque est, ou a la prétention d'être a l'instar de Paris.
A côté de la statue du vice-roi s'élève l'inévitable kiosque à musique, bourré d'instrumentistes qui oui, comme les jets d'eau de Chantilly, la funeste propriété de ne se taire ni jour ni nuit.
Assourdis par ce concert aussi monotone que discordant, criblés de piqûres par les moustiques, nous avons dû prendre lafuite, sans pouvoir même achever des glaces exquises préparées par des Napolitains et servies par dos Grecs dans le meilleur cale Français delà ville Égyptienne
Ce matin, dès la pointe du jour, nous étions de nouveau en course.
La cité d'Alexandre est bientôt vue, car, si elle possède beaucoup de souvenirs, elle n'a conservé que bien peude monuments.
Encore ceux-ci sont-ils du dixième ordre.
Dans les rues de ce qu'on appelle le quartier Turc, n'était quelques grilles aux fenêtres, quelques boutiques incrustées dans les murs, ça et là un chameau qui passe, on se croirait dans n'importe quel village malpropre d'Europe.
Notre cocher, car on sort ici en fiacre à l'heure quand on veut aller Lentement, à la course si l'on est pressé, tout comme à Taris, nous a conduits tout d'abord à l'extrémité d'un quartier triste, désert, délabré, sous le fallacieux prétexte de nousmontrerla fameuse tour des Ptolémées dans l'île de Pharos.
C'était, parait-il, un superbe monument construit en marbre blanc, de 400 pieds de hauteur, sous le règne de l'tolémée Soter, et classe par les anciens parmi les sept merveilles du monde.
m ilbeureusement il n il", ni
phare, mais une impie pointe sabl 1 ; i i 1 1 corps de garde au mi ■ i. P ir b Imi souvenir, ce n'él La peine i
i tes deux bous I»- nom d'aiguilli l
aairemenl a dé in des pylônes 'lu grand temple
d'Héliopotis, noua n'ayons n d,qu
boni dans Le sable brûlant à l'ext semble Be mourir d*ennui.
Hélas ! cela se comprend, ensemble Ils aurai causer d'un passé plus brillant, m
L'un <1. -ux B'ennayant au ko Tut assez fou pour entreprendre Un aux lointain
^-'< >i < -I comment cela
L'obélisque <1l« Louqsor était parti pour la ! où il demeure sur la place de 1 jaloux de voir un représentant des Phan voisins, réclamèrent auprès du vice-roi.
Il y a toujours des obélisques en disponibilité Egypte. Méhémet-Àlise souvint des deux aiguilles, Tune gisait à terre à demi ensevelie, et lit i de
celle-ci aux réclamants, qui n'ayant pu la relever parurent y renoncer.
L'orgueil national se révolta contre cet échec, d'air ingénieurs furent envoyés , qui, sachant qi; lient
affaire à une aiguille , jugèrent que le mieux était de la mettre dans un étui.
On l'enferma donc dans une gaine de b1 z volu-
mineuse pour flotter, puis à ce gigantesque cylindre on attela un navire.
L'idée était simple et paraissait pratique, aussi les Anglais furent-ils charmés. *
A TRAVERS L'ORIENT 1GÎ)
Mais en route La mer devenant mauvaise, l'obélisque,
qui jusque là avait suivi docile comme un mouton, commença à tirer sur le câble, à se jeter à droite el à gauche, puis finit par donner à son conducteur de si furieux coups de tête que le capitaine, voyant qu'il allait couler bas
avec son bloc do granit au pied, fit couper l'amarre au plus vite et laissa là son dangereux voisin.
Quelques jours après un capitaine marchand espagnol rencontra la monstrueuse épave et, comme elle avait cessé de bondir, il l'amena tout tranquillement à son port.
Les Anglais réclamèrent, ils voulaient leur aiguille sans boursedélier; ou plaida ; le tribunal décida. Londres possède aujourd'hui son représentant pharaonesque , mais sait ce qu'il lui en coûta ; il a fallu payée i()0,000 francs pour son sauvetage4, ce qui est beaucoup fort humiliant pour des gens si pratiques, prétend le docteur de la Seyne.
Je ne sais pas trop pourquoi notre guide a voulu à toute l'orée nous mener voir V établissement des eaux, vaste bassin dont les pompes hydrauliques puissantes, aspirenl l'eau du canal Mahmoudieh pour la distribuer ensuite dans la ville. Un pareil établissement peut être fort utile, mais puis...
Il est vrai qu'en revanche Sélim nous a fait faire une charmante promenade par laquelle, en longeant le canal à l'ombre d'une superbe avenue d'acacias ci desycomorës, noussommes arrivas à un parc vraiment délicieux, le jardin di4 Nubar-Pacha, oasis de verdure, qui ne connaît d'autre neige que celle des fleurs, que peuplent les plantes les plus rares, oùla brise ne souffle qu'imprégnée de parfums, qu'habite une légion de chanteurs ailés, où les rayonsdu soleil ne pénètrent qu'en poussière d'or tamisée par le plus luxuriant feuillage, véritable paradis terrestre auquel il ne manque rien, pas même l'ange à épée
170 A 'Ill\
flamboyante qui, m<
ncorruptible, n ■ dou (|u';i traver
Si j'étais la colonne de Pom| rapprocher de l'aiguille de < . là du :. Mi-
sant histoire,
débril pourrai. -ut se cou
Au lieu de cela . <,<'tt<i élégante, haute de 22 m< lemeun i ir an mon-
ticule de sable, sans autre voisin qu'un c métan, fort laid, fort mal entretenu • que possible à entretenir la gaité.
Une inscription grecqu .
pour donner un démentis la tradition, qui attrib Monde ce monument au ri val d< I t en quatre lignes
qu'il a été élevé par un éparqu ou minimum de préfet au temps de Dioctétien.
L'historien arabe, Makrizi, raconte cep colonne a connu des jours plus heureux et que, loin d'avoir toujours vécu dans La soliti fait partie d'un ]
tique soutenu par MM) de ses s Qtourant la fameuse
bibliothèque qu'on sait, ajouta M. d :ù-
iée par ( >mar.
Ce nom a failli mettre le fou aux poudr
— L'incendie de la bibliothèqu marestunaffreux mensonge, s'est écrié notre vice-président avec une véhémence incroyable de la part do tout autre que d'un proche parent du kalife.
— Cependant, Monsieur, l'histoire raconte que le général Amrou ayant consulté le kalife sur ce qu ildevait faire des 400,000 volumes de la bibliothèque du sérapéum , celui-ci lui répondit :
A TRAVERS L'OBIENT 171
— Ou ils contiennenl la môme doctrine que le Coran et alors ils sont inutiles, ou ils en renferment une autre et alors ils sont nuisibles; donc, dans les deux cas il faut
les brûler.
Aiurou obéit, et les 400,000 volumes distribués entre les 1,000 bains d'Alexandrie servirent à les chauffer pendant (> mois.
— Ah! fait Frédéric en se mêlant fila dispute, 400,000 volumes divisés en i,0O0parts, cela fait 100 volumes pour chaque établissement; or, 6 mois égalant 1S0 jours il en résulte que la consommation se trouvait réduite à. moins d un demi volume par fournée, tes Egyptiens n'aimaient probablement pas les bains trop chauds.
Ces mathématiciens sont insupportables; le baron de V., qui tenait pour l'incendie, s'est montre outré de cette intervention.
Par contre, mon neveu a fait un pas dans l'estime de notre vice-presidenl, qui en ce moment même l'abreuve de limonade.
La discussion a continué, je n'ai pris parti ni pour ni contre le kalife, mais je suis porte à croire que l'incendiaire a bien réellement droit aux circonstances atténuantes.
Qu'il y ait eu dans le sérapeum 500,000 volumes réunis,comme l'a dit M.Boissonnade, au temps où Théodose l'emporta d'assaul el le détruisit de fond en comble, c'est fort peu probable, tandis qu'il est certain qu'Orose, écrivant en î 16, affirme que les livres avaient déjà disparu à celle époque. De cette déclaration je ne prétends pas cependant qu'on doive conclure aveenotrovico-president qu'en 640, année de la prise d'Alexandrie parles Turcs, la célèbre collection ne se composait plus que de 6 almanachs, dont cinq à demi dévorés par les souris.
Est-ce de cette colline ou d'une autre plus élevée que
l'on jouit d'une belle vin
ne me le rappelle ; i
forme singulière qu'affecte la i
à entonnoir dont la I
cl donl le pi( proton
en a leur
développement se trouve l
isement. Elles étaient autr lus él<
la mer et enfermaient l«' monument dam leoi Inte. Contrairement à ce qui est arrivé .'m C la cein-
ture B*es1 trouvée i:-< i» étroite, cellelâche, qu'il a fallu 1 \ plusii
Alexandrie suit le mow avec elle.
Quand, après quelq même pas un souvenir, nous sommes arrivés sur le quai d'embarquement, la Seyne a ' - smachic
pression et notre batelier Ali, i us attend
Rien n'est changé à 1m':-<1 , point ou peu de nouvelles cabines occupées : on remontant sur le pont il semblé retrouver nôtres/ home. I. S n'esl pas pour nous une coque de fer qui flotte, c'est on m i de
France qui nous accompagne.
Pc inbre.
Il y a "20 ans, le point du rivage sur lequel nous avons débarqué ce matin s'appelait le désert de Su
Le désert : l'horizon d'une morne rongeur,
Prison sans murs qui marche avec le voyageur! Point d'arbres, un sol noir, quelque vautour qui plane,
L'hyène qui, de loin, guette La caravane, Et parfois le simoun, horrible, furieux, Soulevant L'Océan de Bable jusqu'aux deux.
Ode plaine basse, brûlante, sans verdure, sans eau, banquise di> sable posée entre deux mers, diaphragme unissant par le flanc L'Afrique à L'Asie comme deux frères siamois, a bien souvent fait parler d'elle.
Les hommes qui ne sont pas toujours du môme avis que La nature, Lui reprochaienl de séparer ce qui doit être uni, d'unir ce qui doit être séparé. L'isthme n'a que 140 kilomètres, ils résolurent de le trancher. Pour résister* à leurs efforts, L'étroite langue de terre avait pour auxiliaires L'ardeur du soleil, la mobilité de son sol, Les sables que lui apportait Le simoun sur son aile <lo feu.
La bataille a duré des milliers d'années. Après Sésostris, Nékao qui régnait 590 ans avant Jésus-Chrisl ;aprèsNékao, Darius, fils d'Hystaspe; après Darius, Ptolémée; après Pto- Lémée ,Trajan; après Tràjan, Amrou, puisAlbuquerque, puis Bonaparte s'attaquèrent successivement au désert; la plupart échouèrent dans leur entreprise, quelques-uns obtinrent un succès momentané, mais en définitive la victoire restait à l'isthme, lorsqu'il n'y a que quelques années un dernier assaul lui fut donné.
Le ~2'> avril 1839, lundi de Pâques, un petit groupe de travailleurs et d'ingénieurs descendirent sur cette plage inhospitalière , plantèrent te drapeau égyptien sur le rivage, et L'un d'eux, s'avançant de quelques pas, dit d'une voix émue :
« Au nom delà compagnie universelle du canal maritime de Suez, je donne Le premier coup de pioche sur le terrain qui ouvrira l'accès de L'Orient au commerce et à la civilisation. »
Cet homme audacieux, qui sans se Laisser effrayer par l'insuccès de ses devanciers et par les railleries des ingé-
I 7 | A TM \
ieurdi ps.
■ .1 plein < 1 i 1 1 1 i a travers le dés< ri vaincu, les dei m-
denl leurs eaux dan a mis aujourd'hui des ports intérieu
Si étroite que soit cette lan de volumes ont été écrits a Jet La Bible en pai
souvent La Bible esl le guide pai lut
prendre pour la visit
Abraham, Jacob, lur le sable
une empreinte bien autrement durable que ; presque effacées «lu gigantesque canal hamla traversa deux foi s; la »b, pour aller retrouv fils, passa but les b u lac de Timsah : de
Mo roula dans L'isthme, dont la l
par les Hébreux était \
Non loin du lac Timsah, les Arabes montrent la place où, suivant eux,. Joseph, Marie et son divin fils firent halte, lors de leur fuite en Egypte, tout près, fait remarquer M. de Lesseps, de l'endroit où [Moïse avait i vé des
eaux.
Plus loin, cet illustre promoteur de In pi nde
entreprise de notre siècle, a suivi pas à j marche
des Hébreux sortant de la terre d'Egypte : à peine si le nom de quelques stations bibliquesest aitéi isthme
est un feuillet vivant de l'Exode, une terre sainte dont l'étude attentive donne le démenti le plus formel aux impudents détracteurs du récit de Moïse.
Décocher une flèche impie contre Dieu est chose facile au plus ignorant, mais de pareilles flèches retombent bientôt et ne blessent que ceux qui les ont lancées.
Tout le monde connaît aujourd'hui la valeur des plaisanteries d'un goût plus que douteux de Voltaire sur le
A TRAVERS l/ORIEMT 175
passage delà mer Rouge, passage dont M. de Lesseps explique La nécessité et la sagesse; mais ce que beaucoup
do personnes ignorent, c'est qu'en se rendant à Suez Bonaparte faillit périr presque au lieu même où Tannée de Pharaon fut engloutit1.
Pendant qu'il examinait le terrain et cherchait les vestiges du vieux canal, la mer, qui monte très-rapidement en cet endroit, L'enveloppa si bien avec son escorte, qu'il ne put échapper qu'à grand-peine et en mettant son cheval a la nage.
Ce souvenir n'est pas Le seul que les conquérants de L'Egypte ait laisse dans ce désert, in jour, raconte-t-il, ses soldats étaient tellemenl épuises par la chaleur qu'ils n'avaient plus souci de leurs officiers. « Ce ne fut qu'en ma faveur qu'ils firent exception, en m'abandonnant l'ombre d'un débris de porte pour me reposer ; c'était là une Immense concession. »
La Légende va plus Loin, elle ajoute que, tout en se reposant en ce lieu, le futur empereur, qui creusait le sol avec le bout de sa butte, en fit jaillir un superbe
camée représentant la tête de L'empereur Auguste.
Je ne voudrais pas affirmer que l'anecdote soit exacte. Mais, si no e vero e beno trovato, comme dit le proverbe italien.
Malgré la plus abominable chaleur, le commandant Caboufigue a été assez aimable pour nous conduire au nombre de quatre ou cinq jusqu'au phare, énorme colonne creuse renfermant L'interminable spirale d'un bel escalier de fer qui conduit à la plate-forme supérieure i élevée de plus de L50 pieds au-dessus du sol.
La manière rapide dont s'élargit l'horizon à. chaque étage est vraiment merveilleuse.
Le premier point qui attire L'attention estla ville, une ville de 10,000 âmes, flambant neuf avec ses maisons de
176 \ l'ouï
brique i peinl is^en bleu i i qui, ;
propreté el
bois que L'Allem die en boil >ur le
nheur des enfant . i. joujou vient que, -m- plus attendre, on l'a déballé sur l< aligné toutes les pi tutour de
pointu.
Ali ! par exemple, on a oublié, et ux pour
population, d'expédier Les petits arbres en papier fris nui figurent le gazon.
L'herbe poussera peut-être un jour : quant aux c'< si autre choa uppléer on a plant
bigues en haut desquelles chaque il art
pavillon de sa nation : cela ne donne \> up
d'ombre, mais à Port-Saïd, en fa 1 but
savoir se contenter de peu.
Delà dernière I se la vue d'ensemble xai-
ment admirable : la ville n'y - pour ainsi dire plus qu'à l'état de brune
placée entre deux immensités, l'une bleue, la m< l'autre jaune fauve légèrement plis ux
par un mince ruban gris moiré d1 - iiminu
peu à peu de largeur, va se pe a 1 - profonde.
de l'horizon, Le canal.
Du coté de la mer l'œil pl< i, je dis les,
car il y en quatre, préc un avant-port qui leur sert
pour ainsi dire d'antichambre : c'est une œuvre colossale sans rapport aujourd'hui avec la petite ville si récemment créée tout d'une pièce, mais destinée à remplacer l'antique Peluse. que je ne sais plus quelhistorien appelait, il y a des - :« La force de l'Egypte. S qu'ils
soient, ces ports sent souvent encombrés. Parmi 1 navires à l'ancre, le commandant nous montre deux
énormes vapeurs prêts à entrer dans le canal el qui portent le courrier de la Chine, puis plus loin un vaiss • le guerre français, le Linois, détaché à la station du Levant.
Deux jetées, l'une de 2,500 mètres, l'autre de 900, protègent Ta vaut-port contre 1rs coups de mer ; on comprend quelle force de résistance il faut à cette clôture pour résister elle-même à la fureur des vagues. Les pierres employées à cette construction gigantesque ne mesurent pas moins de 10 mètres cubes.
— Je n'aurais pas cru qu'il y eût de carrière prèsd'ici, ai-je dit à mon complaisant cicérone.
Il s'est mis à pire el m'a répondu :
— Ces pierres, quoique précieuses, sont artificielles, on les a fabriquées .avec de la chaux et du sable, moulées dans des moules de bois et immergées, leur dureté est telle que l'acier a de La peine à Les rayer.
Quand on a vu Port-Saïd et ses merveilles, on peut se consoler de la disparition des fées, qui d'un coup de baguette changeaient un potiron en une calèche de Bender : L'industrie moderne fait mieux que cela.
Pourquoi dit-on bourru comme un marin ? Tous ceux que nous rencontrons sont non-seulement charmants de politesse, mais toujours gracieusement empressés à nous procurer toutes les distractions possibles.
Quelques-uns d'entre nous avaient témoigné au commandant h' désir qu'ils auraient de faire une promenade sur le canal de Suez ; or, il faut pour cela une permission écrite du directeur de la navigation, des marins el (U^ canots ; a déjeuner M. Caboufigue nous annonça que la permission était obtenue, et (pie nous pouvions disposer de son embarcation, à Laquelle le commandant du Linois voulait bien joindre sa baleinière.
L'excursion a ele charmante, je ne parle pas du
canal et, pendant une hei ri-
gué dans un i L'histoire de
hommes du met i le pan
i ne du ' nzaleb ou les ondulât
de La plaine, i i pui noua avons eu une entre nos rameurs, puis enfin uni avec accompagnement dec
offerts ;i notre n tour à bord du / in-
dant, M. de Vaux, et
Peut-être nous r ns-nou
nés à Beyrouth,
Plusieurs de ces messieui où ils ont conduit une quarantaine de d rinage. Quant au commandant, il ot
populations et choses en homme qui 1< s a i
sérieusement étudiées.
Nous aurions bien volontiers prolongé notn pour l'écouter parler, mais l'heure approchait, il a fallu regagner notre bord.
Une dernière fois, en repassant devant l ! >, nous l*avons salué de loin. Port-Saïd a déjà disparu à :
ards. Adieu aujourd'hui à L'Afrique, demain salut à l'Asie.
Jaffa. 2 septembre.
Une ligne indécise et ondulée à l'horizon, en avant un point blanc qui s'emporte en vigueur sur ce fond noirâtre, voilà ce que nous avons aperçu tout d'abord à notre réveil: l'Asie s'est annoncée à nous par un souve-
nir biblique, car ce point blanc c'est Gaza, la ville forte, dans laquelle les Philistins crurent avoir enfermé leur terrible ennemi Samson. Mais Les ciseaux de Dalila ne l'avaient pas encore dépouillé de la chevelure à laquelle était attachée sa force; le hérossurpris, mais non pris, secoua sa fauve crinière, chargea sur ses robustes épaules les portes énormes de sa prison arrachées de leurs gonds et, sortant couvert de ce gigantesque bouclier, ne s'en débarrassa qu'au sommet de la montagne voisine.
Quelques heures plus tard, toujours se rapprochant obliquement du rivage bas etdésert formé parla plaine de Sarons, la Seyne venait s'arrêfc r en rade en face du principal mais très-dangereux port deJaffa.
Nous étions arrivés au terme de notre navigation. Déjà nosbagages encombraient le pont, nous n'avions plus qu'à attendre le moment du débarquement, tous nos regards se portaient surla terre promise que, plus heureux que Moïse, nous allions foulera nos pieds. Sa première apparition était pleine de promesse. Étagée en amphithéâtre sur un rocher au pied duquel brisent les flots, et ceinte de l'opulente verdure de s jardins, d'orangers, de palmiers, de nopals et de cactu Jaffa, avec ses maisons carrées surmontées d'une coupole bombant au centre de la terrasse qui leur sert de toit, ses remparts à demi écroulés, les restes de ses créneaux, se présente de la manière la plus pittoresque. 3 lettres de noblesse datent de loin, elle a vu un événement dont peude villes ont été témoins, même en Asie, et cet événement s'appelle le déluge. Quand il arriva, il y avait bien des années que les esprits forts de la cité déjà vieille se moquaient d'un charpentier nommé Noé quf, en prévision de la vengeance divine, construisait l'arche sans laquelle aucun homme n'aurait été sauvé.
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• de la ville antédiluvienne ; vin été démolie, en totalité ou en partie, par les a- 1 s Égyptiens, les Juif) ! i ire >. Les ;
qui la prirent d'assaut en 1799, '-il. em-
para en 1832.
Son histoire pourrait s'écrire avec du sa
Sa position comme port, à peu près unique de la Une, en lui donnant une grande importance, occasionna surtout ses malheurs, et cependant ce p sûr ({ue, par certains vents, aucun navire ne peut y al
sous peine dese briser contre les écueils dont il est semé et qui sont, dit-on, les débris de 1". ''aria
dont parle Pline.
La rade elle-même n'est pas mieux abritée, le commandant Caboufigue nous racontait, ce matin, qu'un voyageur, parti de Port-Saïd pour.Jaffa. s'était vu ob de continuer jusqu'à Beyrouth, ensuite de revenir à Port- Saïd, puis de retourner à Beyrouth et cela par trois fois, avant qu'aucune barque osât se hasardera venir le prendre à bord.
Par bonheur, le temps se trouvait être superbe au
au moment de notre arrivée aussi bientôt avons nous vu sortir les deux barques destinées à transporter les pèlerins.
Dans une de ces barques lourdes et manœuvrées par les robustes bras de six rameurs hâlés, bronzés, deminus, se trouvait notre futur guide ; dans la seconde, notre drogman.
Le premier s'appelle le F. Liévin : c'est un petit homme à physionomie expressive , maigre, nerveux, actif, infatigable, un religieux doublé d'un archéologue, triplé d'un centaure, quadruplé d'un polyglotte. Conducteur de presque toutes les caravanes depuis plus de vingt-cinq ans, il a parcouru cent fois, dans toutes les saisons et dans tous les sens, cette terre sacrée qu'il a étudiée» pierre par pierre, qu'il connaît comme savant, qu'il comprend comme religieux, dont il parle tous les idiomes, qu'il a minutieusement décrite dans un indicateur renfermant, en deux ou trois cents pages, serrées, substantielles, éclaircies par des cartes et des plans, plus de science que tous Les gros volumes prétentieux couronnés par rinstitut.
Aucun ruban ne brille sur sa robe de bure ; une corde ceint ses reins, un chapelet pend à sa ceinture ; ce sont Là ses décorations ; s'il avait voulu des croix, il pourrait en consteller sa poitrine ; il n'en porte qu'une seule, en bois d'olivier, la croix du Christ mort sur le Calvaire, du Christ auquel il a voué sa vie, du Calvaire, dont son ordre a payé de tant de sang la gloire d'être le gardien.
Quoique ce ne soil qu'un de ces hommes dont il est de mode aujourd'hui de si» moquer, beaucoup de savants ont été heureux de rencontrer un ignorant de sa sorte, de l'écouter, de le feuilleter comme on feuillette un dictionnaire. Les sceptiques les plus fameux, M. Renan, par exemple, pour n'en citer qu'un, se sont faits ses
I si- iviirniitra quelque i leurs Uvpi i lui qu'il le si
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Notre drog homme de iû •< b 1 1
n l'd'ilvit'. t.r.i tanl a\
arabe, le large pantalon à la mameluk, lie
par une ceinture de ' le kéflefa aux coule
tantes, qu'un i p il de chameau
foi, en le laissant gracieusement entoi
retomber flottant sur Les epaul ar ombrager le cou.
Ba famille ssl de Jérusalem, son rvi
de drogman aux pèlerins : pat
de l.i réserte, Leyieui Ifaroum s'est fait remp
son fils, qui n'a peut-être pas toul
sonexpérienc iquicepen
Kn un clin d*o qu'on Les charg 'ail non
un vrai serrement d ir, à 1 tndanfl
Caboufigue, qui peut-être nous reconduira en France si vous ne mourez pas tous de la peste ou de la «1 senterie, nous dit le docteur, qui a la plaisanterie lugubre, chose à craindre, s moins tout au port vous no vous laiss ;• à la mer; l< ins foisonnent par loi, j
Pour ma part c'était inutile, je Le -
Quel débarcadère, grand Dieu 1 que celui du port de Jatïa : ce n'est ni une pente, ni un escalie: un
éboulement de gros blocs à la fois glissants et branlante, un talus presque à pic, aboutissant à une sorte de chaussée en construction, qui sera peut-être un quai dans quelques années, mais qui pour le moment est encombrée de moellons tranchants, irréguliers, roulant souslepied, un vrai casse-cou.
\ ttUVËRS l'orient 183
Fort heureusement le couvent est là tout prêt.
« Le couvent latin est magnifique, écrit M. de Lamartine ; on l'embellissait encore à noire passage; mais nous n'éprouvâmes pas l'hospitalité de ces religieux. Leurs vastes appartements ne s'ouvrirent ni pour nous, ni
pour aucun dos étrangers que nous rencontrâmes à Jalïa. Ils restenl déserts pendant que les pèlerins cherchent avec peine l'abri de quelque misérable kan turc, ou l'hospitalité onéreuse de quelquepauvre toit de Juif. »
Oh ! les poètes ! les poètes !
.l'avais emporté le voyage en Orient de ce fameux /unir (1rs Francs, croyant qu'au moins dans ses poétiques fictions je trouverais quelque chose de vrai.
J'ai lu ces cinq ou six lignes et je referme le livre ; pus un mot qui ne soit une insigne fausseté.
Chateaubriand, qui a fait lui aussi le voyage de Terre- Sainte, mais qui le fit plus pour voir que pour se montre]', pour accomplir un pèlerinage que pour se faire admirer, dit en parlant du même couvent :
« Nous nous rendîmes fl l'hospice des Pères, simple maison de bois bâtie sur le port et Jouissant d'une belle vue sur la mer. Mes hôtes me conduisirent d'abord à la Chapelle, que je trouvai Illuminée, et où ils remercièrent Dieu de leur avoir envoyé un frère : touchantes institutions chrétiennes, pur qui le voyageur trouve des amis et des seCOUra dans les pays les plus barbares ; institutions dont j'ai parle ailleurs et qui ne seront jamais assez admirées. »
Entre ces deux versions choisissez.
Il est vrai que celle de Chateaubriand remonte à iëtf et celle de ÏKwir dêê Francs h 1882. En cinq ans la maison de bois était devenue palais ; à la rigueur cela serait possible; maisces religieux, il charitables, sihospitaliers , rien qu'en cinq ans :
i Somment en an plomb vil
Le couvent fui en efli I ostruit, a cetfc des pierres qui a H pour :
■ !•* I'. de « rérambe, qui le \it en ive
qu'il ressemble à loua les monastère* delà 'i il offre l'aspect d'une fort . 'l'un manoir 'lu le ;
ce ^'iii des pii uoncel roi! i tout
Au fond, c'est une constr p
étages, "ii plutôl un assemblage de m plus
qu'ordinaires, posé - les unes sur les autres, reli< des corridors, des terrasses el d'interminable a • aboutissant a <l'\s plates-formes où l'on cinquante mètres au-dessus d int
une porte, on se trouve entrer de plain-pied dans la rue ; cola soûl donne iiif idée de la nioi'< s.
Les suce- de ces ni' \ eux qui. en 1
n'ayant plu> que trois cavernes creusées dans le ro •. y donnaient l'hospitalité aux pèlerins, qui on 1827 faisaient si bon accueil à Chateaubriand dans leur maison de b et fermaient on 1832 leur magnifique palais a M. Lamartine, nous ont reçus avec la même cordialité, je dirai presque avec les môm gards qu'ils ient témoignés à l'auteur «lu G( nie du Ch >e.
Leur charité chrétienne no fait pas de distinction entre les pèlerins : comme lui nous avons été <•, tout d'abord dans V Eglise !"tiit<> illuminée, où iU ■ merciè Dieu de leur >n'<>ir envoyé trente fr s. C >mme lui, ilsnous ont installés dans des cellules où il y avait une table, un litydeV encre, dupapier f deteau fraîche et 'lui, blanc ; comme à lui il> n<»us ont servi dan- leur réf( toire, sur des tables propres et is<> tlaille,
du poisson, d'excellents fruits tels que des grtnaé
des pastèques et des dattes, tandis qu'ils mangeaient aujourd'hui,. 2 septembre 1878, comme alors l"r octobre 1827, « un peu de poisson sans sel et sans huile.
Vraiment ! l'Emir des Francs n'a pas eu de chance à Jaffa, le jour où il y est arrivé.
De ma fenêtre j'ai une vue magnifique sur la mer ; la Seyne se balance mollemenl sur la vague, l'eau du porl. d'une limpidité parfaite, laisse apercevoir une quantité d'écueils plats, grands bancs rocheux qui foui tache émeraude ; quelques-uns sont à peine recouverts par le tlot, il en est sur lequel un bateau plat ne tirant que quelques centimètres ne passerai! pas.
A rentrée du couvent les moukres chargent nos bagages, d'autres sellent les chevaux. Midi sonne, c'est l'heure indiquée par le frère Liévin pour visiter Jaffa ; les monuments n'y sont, parait-il, pas nombreux.
Couvent, .1 heures.
Net iv promenades travers la ville, si rapide qu'elle ait été, nous laissera d'intéressants souvenirs.
Construite avant le déluge, détruite et rebâtie cinquante fois depuis, fortifiée, démantelée, incendiée, mais toujours cramponnée à son rocher, elle offre, dans sa physionomie comme dansson histoire, la confusion la plus pittoresque.
Il faut posséder le fil d'Ariane pour se retrouver
dans le croisement de ses ruelles, et les jarrets d'un
montagnard pour en escalader les escarpements, on se retenir sur leurs pentes.
Le frère Liévin, qui connaît ce dédale bien mieux que sa cellule, où les touristes lui laissent sipeule temps dese