‹ A travers l'OrientChapitre 8 sur 19 · IM \ II; S · texte numérisé non relu

IM \ II; S

reposer, non tourner ;i dr

traverser des m , f et

là, enjambenl - 1 son la rue iur ui , font

route, monter un i n Ire q lai

à travers râtelier d'un t l, qui n'a pa i I

étonner de notre brusque Irruption, et dans une chambre carrée, nue, Man< sans autre meuble * § 1 1 " 1 1 1 j « - aatl le sol.

Nous sommes dans un diminutif de m< pourquoi .'

Notre savant guide nous l'explique comme toutes les maisons, n | ur plusieurs coud] superposéeede ruines, ruines d'ég nîtes à di-

verses époques sur d'autres ruines encore, parmi lesquelles s.- irouvenl à deux, trois ou quati pieds, celles de l'habitation de Simon le Corroyeur, l'hôte de Bainl Pierr

Là nu viennent aujourd'hui prier 1 ulmans, le

Prince des apôtres enseignai! aux fidèles, bien peu nombreux encore, la doctrine de son divin maître : là il allumait dans cette petite chambre la lumière al cachée sous le boisseau, dont la clarté rayonnait à peine à quelques pas, mais qui, grandissant peu à peu, devait, par son éclat, dissiper par toute la terre les bresdu paganisme et rayonner aux • reculées de la terre.

En quittant Jérusalem, Pierre îfetait pas venu a Juppé OuJaffa : les livres saints racontent le motif pour leq il devint pendant quelque temps l'hôte de Simon.

Jafta comptait déjà un petit nombre de disciples du Christ ; parmi eux se trouvait une femme nommée Tabithe, ou plus communément Dorcas. qui signifie le e vreuil ; simple ouvrière, elle faisait desrobes et des habits pour ses compagnes. Après une courte maladie, eette

\ TRAVERS l'OBIBNT 187

femme rint à mourir, mais au lieu de l'ensevelir, - lei disciples, ayant appris que Pierre était a Lyda, envoyèrent

deux hommes pour le prier de vouloir bien venir promptement jusque chez eux. i

L'apôtre part i t aussitôt ; on le conduisit à la chambre haute, où était Le corps de la morte : plusieurs veuves s'y trouvaient, qui L'entourèrent en pleurant et le suppliant de leur rendre leur compagne.

« Pierre ayanl fait sortir tout Le monde, se mit à genoux el pria ; puis se tournant vers le corps, il dit : Tabithe, lovez-vous. Elle ouvrit les yeux et ayant regardé Pierre, elle se mit sur sou séant. »

L'apôtre la prit par la main et la ramena à ceux qui la pleuraient.

« Ce miracle fut su de toute la ville de Joppé et plusieurs curieux cruren I au Seigneur. »

Peu t-étre... il est possible... /jrobablement... dirait M. Renan, cette Tabithe n'était point morte... je ne serais pas éloigné de croire qu'elle ne lût, comme Lazare^ qu'en léthargie e\ que sain! Pierre, qui sans doute était un très-grand médecin déguisé en pêcheur, n'eût pu connaître quelque stimulant efficace, ou même pourraiton soupçonner que Tabithe n'eût fait semblant de mourir qu'après s'être entendue avec l'apôtre pour lui donner l'occasion dosimuler un miracle.

Quoi qu'il en soit, les payons, qui n'étaient pasmembres de l'Institut, se convertirent tout simplement. Peut-être eurent-ils raison.

Laissons-la tous ces détracteurs des miracles et leurs pitoyables arguties; on n'en aurait jamais fini avec eux.

In souvenir plus intime que celui-ci se rattache à la maison de Simon Le Corroyeur.

Ce fut sur la terrasse de cette humble demeure que L'apôtre eut la célèbre vision de la nappe descendant du

IMS A lit \ ,

ciel, ej renfermant > ; lels il

ne voulait pai toucher que pli

purs, mais que la voix d'enhautlui ordonna de tuer et manger sans distinction, rien de ce qu'a purifie Dieu D'étant impur.

Nom avons Lu dans la petite moi .

cette vision dans les .\<t icun de no

n'a songea gâter son émotion ou celli ai

par un peut-être.

En sortant de l'atelierdu forgeron nous avons I plusieurs bazars : après ceux du C Us nous •

paru pitoyables : il n'y faut chercher ni • ni belles armes, ni pierreries ; cependant, pour ce qui îles fruits, les oranges surtout et 1rs pastèques, je d avouer que nulle part je n'en avais vu d'aussi beaux; il est vrai de dire que les oranges «1" Jafl ins

L'Orient d'une réputation sans pareille.

Faute de mieux on peut jeter en passant un sur deux fontaines en marbre blanc, construites, il j quelque cinquante ou soixante ans, par Abou-Nabbout; l'eau qui s'en échappe a la limpidité «lu cristal, et, en Orient, une source, quelle qu'elle soit, est le plus des trésors.

La fameuse salle des pestiférés n'est pas plus rt-marquable ; c'est tout simplement un carré long, au premier étage, avec fenêtres ouvrant du côté de la mer.

« Le seul édifice auquel se rattache un souvenir marquant, dit cependant M. de Vogué, estle couvent d Arméniens, où furent enfermés 1 LeTann

française, immortalisés par Gros. »

Hélas ! il y a loin de cette immortalité mensongère à la triste réalité, de la honteuse flagornerie du peintre à la juste sévérité de l'histoire! Sile 20 mars 1799 deux mille prisonniers rendus sur parole n'avaient pas été égorgés

près d'une mare d'eau jaunâtre, que Les Arabes montrent au S. 0. de la ville, les émanations putrides de cette pyramide d'assassines n'auraient pas engendré la peste qui décima l'armée française.

Il sérail au moins prudent de ne pas évoquer certains souvenirs. Celui de la peste de Jaffaest du nombre.

Nous avions VU, à peu de chose près, tout ce que la ville renferme d'intéressant, et nous avions hâte d'arriver à Jérusalem ; nous sommes donc rentres en toute hâte pour prendre congé desbons Pères, qui nous avaient si bien accueillis.

I n quart d'heure après nous étions à cheval et nous sortions du couvent.

Si les Arabes n'ont pas ri de bon cu'iir en regardant notre défilé, la faute n'en est pas à nous.

Sur trente cavaliers que nous étions, il y en avait bien au moins quinze auxquels l'art de l'équitation paraissait complètement étranger. Les plus amusants à voir n'étaient pas précisément wu\ qui, s'avouant simplement leur ignorance, ne songeaient qu'à ne pas tomber cl laissaient à leur monture l'entière responsabilité de ses actes, niais dans le nombre, quatre ou cinq auraient facilement eu la prétention d'en remontrer à saint Georges.

L'un d'eux qui a pris, nous a-t-il dit, dix leçons (/uns les premiers établissements de Paris, ouvrait lesjambes d'une manière tellement fantastique, qu'il semblait n'y avoir appris que le grand écart. Il en était tout glorieux. Un second, ressemblant à don Quichotte chargeant les moulins à *ent, brandissait sa cravache comme un sabre de cavalerie; un troisième, sous prétexte de moelleux dans les mouvements, s'en allait dodelinant de la tète et des jambes comme le bon Sancho Pança, dont il a la rondeur dodue; le frère Liévin, qui pourtant en a vu bien d'autres, souriait dans sa barbe en recommandant à son

cadron de ne paa tourmenter le iux. ii

• l'un écart d'un • de cee ptuvr triant ii ;

tientes, et n'avait q

écart ne fûl Buivl d'une chute. Cela

<lis;iit-ii ; dani une de noa dern i ai

compté \i avant le retour de la m

Noua venions de franchir la porte de la ville, guide voulu! noua compter Bien lui en prit, un pèlerin manquai! déjà a l'appel. Maroum, • verte, le retrouvajuchéaurta béte qui,apr ir con-

duit Bans songer à mal au beau milieu «l'un m khan, aussi bruyant qu'encombré, t'y était in Lredea

chameaux agenouillés et des tables couvi tni-

des d'oranges. Lea Arabes, croyant que le eavaliervoulait acheter des fruits, l'avaient en m-

part de pastèques et de grenades, et l'atsourdj - de

leurs cris, sans que le malheureux pût leu n-

dre que son seul désir était de partir au plu^ vil

Pareille aventure arriva eu 1938 aumème endroit au P, Gérambe. Sans un soldat égyptien qui prenant son mulet par la chaîne, le reconduisit a la porte de la ville, il y rait encore.

Pendant cotte absence nous ta eutoutle temps contempler à loisir la magnifique sone de verdure qui entoure Jaffa.

C'est moins un jardin qu'une suite d< par des haies Vives formées de gigantesques nopals, dont les épaisses raquettes ressemblent à des assiettes chargées de figues rougeàtres, entourées d'une multitude de longues aiguilles.

Siimpénétrablesque soient les clôtures, leregardpeut, en plongeant à travers, parcourir en tous sens l'épais fouillis où, sur une terre sablonneuse arrosée par des norias, poussent, avec une incroyable vigueur, grenadiers aux

fleura sanglantes, citronniers e1 orangers pailletés de

fruits d'or, dont le poids fait plier les branches, bananiers aux larges fouilles, vignes lançant d'un tronc à l'autre Leurs ponts aérions alourdis par los énorme* grappes de leurs raisins couleur d'ambre, oliviers au feuillage grisâtre, platan s s'arrondissant en dômes, sycomores don l la moindre brise fait frissonner les feuilles argentées et palmiers dominant Topais massif.

Qu'il doit faire bon dormir là, au frais, n'ayant qu'à étendre la main pour cueillir des fruits délicieux !

.l'en voulais beaucoup à Renaud* transporté par Armide sous ces opulents ombrages, d'oublier le camp des croisés pendant que ses compagnons mouraient de chaleur et de SOÎf sur le plateau désole dont Jérusalem occupe le (-(Mitre ; à présent je lui pardonne presque.

N ayant aucun motif pour s'attarder connue le héros du Tasse, au milieu des jardins dont aucune enchante- ■ ne lui ouvrait les portes, notre colonne a repris sa marche.

Il en est du chemin de Jérusalem comme de celui de la vie: joie, abondance et douces illusions aux premiers pas; tristesse, stérilité et déception quand on avance.

Le tombeau d'un santon, protégé par un vieux sycomore, prêtant comme celui d'Horaee ses larges ombres aux buveurs, marque à peu près à un carrefour la limite de la zone cultivée.

Près du tombeau, une fontaine, encadrée de pieuses inscriptions, offre en chantant, à ceux qui s'éloignent de la ville, le dernier coup de retrier.

Un groupe d'Arabes, couches paresseusement autour du monument, présent du généreux Abou-Nabbout, le Wallace du désert, paraissaient animés de sentiments beaucoup moins hospitaliers à notre é^ard.

Heureusement nous étions en nombre, en force et

199 i TBAVl

très-ostensiblement armés de "-

tenl par-dessus I >ul I B I m ar Fin

bnpérati ve de Maroum, lie onl consenti ;« nous p< tir de passer el de b nous n i leur •

savoir gré,

La craitite est le commencement de la 'lit

l'Ecclésiasle : cette parole, vraie partout, l'est nui ( Prient.

A quelques pas de là; le firère Liévin d ntré

approximativement, comme on munir.' enTroade champs où fût Ilion, le cimetière dans lequel * le tombeau de Tabitbe.

Du tombeau il ne reste rien, <lu cim< tage ; on juge ce que nous avons pu voir.

Encore un souvenir: un champ de i en quinconces par les Croisés, affirment lésons, ; Colbert, qui avait fondé là une ferme- au xvu -

disent les autn

La dernière opinion est la plus probable : les I qui manquaient surtout de bois, en coupaient beaucoup plus volontiers qu'ils n'en plantaient, tandis lis

deux siècles tous les gouvernements ont essayé, l'un après l'autre, de coloniser la plaine de Sarons. CoD va travaille comme les Américains, commeles 1 comme les Turcs et avec le même Insuccès.

Passé ces bois nous nous sommes trouvés en p] désert. Jusqu'à Jérusalem il ne cesse pa>. le sol est bien ce que l'a vu Chateaubriand, une arène fine, blanche et rouge, qui parait, quoique sablonneuse, d'une extrême fertilité.

Large de 8 lieues sur 30 de long, et s'élevant en terrasses séparées par un cordon de pierres nues, jusqu'au pied des montagnes, cette plaine, toute bombée de petits mamelons et dorée par un soleil de feu, a l'appa-

A TRAVERS l'OIUIWT 493

rence d'une vaste mer rose, dont les vagues sont Légèrement soulevées : les quelques villages abandonnés qu'on voit au loin blanchir à l'horizon complètent

l'illusion. On dirait dos vaisseaux sous voiles. Du reste, pas de traces de culture, quelques herbes sèches et flétries, épaves de cette mer de sable; puis, de distance en distance, des tours où plutôt des phares, se dressant muets, dans la solitude. Le besoin de phares ne se faisant pas sentir pour la traversée par terre, j'ai demandé a notre guide l'utilité de ces tours.

C'est toul simplement un reste de l'essai de colonisation turque. Méhémet-Pacha, regrettant de voir une contrée si riche demeurer stérile, fit planter des cotonniers et des indigotiers, labourer et ensemencer les terres ; tout allait à merveille et prospérait à souhait, quand, au moment de la moissson, arriva une invasion non pas de sauterelles, mais de ces Bédouins que nous avons vu dormir près de la fontaine, qui détruisirent les plantations et mirent le feu aux moissons des fellahs. Il fallut recommencer ; les Bédouins recommencèrent aussi. Mehémet lit alors bâtir des tours pour empêcher le brigandage ; les voleurs pillèrent pendant la nuit. Pour protéger efficacement l'agriculture, une tour par champ aurait été nécessaire, on y renonça.

Ne dirait-on pas une histoire datant du déluge ! elle ne remonte qu'à 1860, et des soldats, placés dans les seules tours qui longent la route, parSouraya, pacha de Jérusalem, n'ont plus peur mission que de veiller à la sécurité des voyageurs.

Ce qui n'empêche pas que le courrier, le seul à peu près qui se hasarde sur cette route pendant la nuit, n'ait été dévalise tout dernièrement deux fois en moins de 15 jours.

Quelle terre de promission I

An' . l'opuli n< nale, Il > i de cela b en d<

alors BUS Philistins, chi pris

femme. I 3 que

peu enduran! : son beau-père, afin d gendre incommode, profita de -'il at pour *i

aer de aa femme «mi faveur d'un .'uni.

Le mari éconduil prit mal la « • >n beau père, il lui dit :

«< Désormais le - Ph m- plaindre, ai je leur rends le mal qui lit >

Sur quoi il alla chasser dan- les n chacals, alors comme aujourd'hui, en prit trois cents, les

lia deux à dri' une !"!•<•'. «• alhr à la

queue (d les lâcha dans lea blés mi

Il me semble voîrd'icî cett( I ut y pa

les Ides comme les s

Voltaire en a bien ri, et cet ayant hérité de

fiel, n'ont oublié de prendre dans aa succession que son esprit s'en amusent en©

Trois cents renards ! m i dormir debout.

Eh bien! voici ce qu< j !ans

les récits d'un militaire : < Dans 1er juill»-'

me trouvais a ver un détachement deb la route d»- jafla à ' été

interrompu par les je me déterminai à l<

ser et, à cet effet, j'eng î les hommes qui était mes ordres à mettre en campagne des la "nap-

pes, leur promettant ensuite un bon bak . La

nuit qui suivit, cent lacs et trappes lurent pesés dans

la plaine de Sarons à l'aube du jour 86 chacals pris

me donnaient une explication claire et convaincante de la vérité du récit biblique par rapport à Samson. »

Cette bible est vraiment insupportable: elle finit tou-

jours par faire rire de ceux qui en on! ri. Vrai, c'est pour les incrédules un livre horriblement contrariant.

En dépit du manque absolu de culture, la plaine si désolée que nous avons traversée aujourd'hui ne présente toujours pas un aussi triste aspect. L'hiver elle s'habille

de vert : au printemps, elle se couvre de fleurs de narcisses, d'anémones, de lys blancs et jaunes, de giroflées, d'immortelles odorantes, de tulipes, de roses surtout, de ces roses dont parle L'Ecriture Sainte en vingt endroits, et qui ont fait dire au poëte

Am.-i qu'oo choisit une rose Dana les guirlandes de Sai ons.

En été, la plaine y met moins de coquetterie; il fait si chaud qu'un manteau même (h1 Heurs lui est trop lourd, elle s'en débarrasse.

Quoique la journée fût bien courte, nous étions tous harassés, et nos chevaux en aussi piteux état que ceux d'Hippolyte sortant des portes de Trézène, lorsque le Frère Liévin a ranimé notre courage en nous montranl la tour

dos Quarante Martyrs s<> dressant au milieu d'un bois d'oliviers ; c'est actuellement h1 minaret d'une mosquée abandonnée, mais qui probablement a servi de clocher à un couvent bâti au temps des Croisés; les savants se disputent sur cette question comme sur toutes les autres sans pouvoir se mettre d'accord ; quant à moi, qui ne suis pas archéologue, je lui trouve tellement de ressemblance avec nos clochers romans, que je n'hésite pas à la regarder comme une prisonnière chrétienne (pie les Musulmans n'ont épargnée que parce qu'ils voulaient l'utiliser.

Turque ou chrétienne du reste, nous l'avons tous saluée avec bonheur comme nous annonçant le voisinage de Ramleh, charmante petite ville que nous aperçûmes

quelques instants < >

chatte, Buivanl M d<

au centre de Bon de dal I

mores, de pain

Lumière «lu soleil couchant, dont les obliqu

illuminaient d'un brouillard <l«' pou

profondes de verdun ,

Réveillés par l'approche de leur ; chevaui renl en hennissant dans un che

creux ombragé d'opulents nopals, pou blanc par la

poussière, el dix minutes ne s'étaient pas écoulées que nous descendions à la porte du monastèi

Ce couvent, comme tous ceux de La emble à une forteresse Lourde ai i aura

en sont hauts, solides, parcimonie al ajourés : les

portes étroites et solides : précauti un pays peuplé de fanatiques et de 2 ils ouen elles ue suffisent pas toujours.

Les bous Pères qui habitent, au nombre de ' citadelle de la charité, nous y atl tntetn

l'ait, comme à Jaffa, Le plus charmant accueil.

Leur charitable hospitalité avait tout prévu, depuis le verre de limonade glacée offert de si bon cœur et accepté avec tant de plaisir,jusqu'au dmterrasses qui forment le toit du couvent et d'où l'on jouit d'une vue charmante sur la ville, ses bosquets, la plaine iniineii.se et le cirque de montagnes qui l'entourent.

Quelques auteurs veulent que Kanileh soit l'ancienne Rama, où Rachel pleurait ses enfants sans vouloir être consolée ; d'autres, avec plus de probabilité, qu'elle ait porté le nom d'Arimathie et ait été la patrie de Joseph et Nicodème, les pieux disciples qui ensevelirent le Christ.

A TRAVERS l'oiuf.NT lî>7

Telle est, du moins, l'opinion des Franciscains qui, en 4395, fondèrent leur monastère en ce lieu, et prétendent que leur église occupe la place même sur laquelle était construite la maison de Nicodème, tout près de celle de Joseph renfermée dans l'enceinte.

Mon titre de président m'a valu un appartement dont les souvenirs moins pieux sont plus authentiques, c'est celle que le général Bonaparte a occupée lors de son expédition de Syrie. Très-simple mais d'une extrême propreté, cet appartement se compose de deux pièces seulement, un divan OU salon et une chambre à coucher.

Napoléon n'alla pas plus loin que Ilamleh ; ses généraux et ses soldais auraient voulu l'entraîner jusqu'à Jérusalem dont ils étaient si près, il s'y refusa en disant : Jérusalem n'entre pas dans ma ligne d'opérations.

Monseigneur Mislin fait remarquer à ce sujet qu'aucun membre de la famille de L'Empereur n'a jamais visité la Ville sainie, quoique plusieurs aient fait le voyage

d'< trient.

A peine le général eut-il quitté le couvent dont L'église servait d'hôpital à ses malades, que les Musulmans envahirent la maison et massacrèrent les religieux, « hommes utiles au monde1, dit Lamartine, par l'asile qu'ils offrent aux pèlerins d'Occident, par l'exemple des vertus chrétiennes qu'ils peuvent donner aux peuples qui ignorent ces vertus, et dont L'esprit de charité et de paix, quoique l'étal monacal à L'époque où nous sommes ait toujours profondément répugné à mon intelligence et à ma raison, serait propre à détruire ces répugnances, si ce qui est contraire à la nature, à la famille, à la société, pouvait jamais être une institution justifiable. »

Voilà ce que pensait le poète pèlerin d'une des plus

IQ A TRAVERS l/(

admirables institution a chrétieni d;iii i ces vaillants champ!

marchander rite chrétienne, ri ■ ja

peste, Les m utions, lei . la

pénitence, ont seul en Orient. Il est ?rai qu'en revanche <•«• pèlerin pr

lady Stanhope, la folle illumin

de Beyrouth, ru brigand \bou-Ghosche, le d< (h- caravanes, ;i d(

det hailloni pittoresques, - * i * » 1 1 j r j

tnaniaienl av< a • un cheval volé,

Depuis Bonaparte, bien d 'autres hôtes il! ont

été reçus dans l'appartemenl où Je me trouve i. taiiémenl : Châti aubriand, les archiducs d'Autricl lui huit1 Maximilien, Ls ''"in abord d

saint Louis, ci digne indeur d'âme du

plus illustre monarque qu'ail eu \n I des littérateurs, des hommes d'état, même

qui, plus heureux que Lamartine, onl mpren

sentir et admirer la glorieuse mission des PP. Fran cains en Terre Sainte.

ai>-

Quelle chaleur 1 quelle sèche quelle stérilité I

A l'heure qu'il est nous devons présenter un singulier coup d'œil à ceux qui pourraient p r la ligne cail-

louteuse, empoussiérée, aveuglante qu'on appelle la route de Jérusalem. Après 4 heures de marche sous un soleil de feu. nous avons enfin découvert aux flancs d'un coteau ou plutôt d'un éboulement de pierres blanches.

A TRAVERS L'ORIBHT 199

de toutes formes et de toutes grosseurs, tin bois clair-semé devieux oliviers, tordus, contournés, grisâtres, donl lés troncs fendus servent d'habitation «à des légions de hideux jeckos, lézards noirs tachetés âe blanc ou blancs tachetés de noir, et tes maigres rameaux à des cigales aussi I noyantes que monotones.

C'est, paraît-il, le seul oasis que nous rencontrerons sur notre trajet. Le Frère Liévin s donné le signal de la halte, nous avons déjeuné sur une bande de tapis déroulé paf terri', à la bédouine, avec des ceuft durs, un morceau de

\iande sèche et de superbes raisins.

Le petit feu surlequel nos Arabes nous ont prépare ce café turc si parfumé que fou savoure dans de petites tasses microscopiques, fume encore au milieu de nos chevaux et de nos mulets qui, la tète baissée, semblent chercher l'ombre de leur crinière en mâchant tristement quelques poignées de paille hachée; Les moukres accroupis sur leurs talons et aussi sobres que leurs montures, font leur repas composé d'une galette et de quelques figues de Barbarie.

Chacun de nous a cherché un abri derrière un tronc d'arbre et tourne autour de lui avec l'ombre dont son corps remplit toute la largeur.

Quelques-uns dorment, leur chapeau collé sur le visage, la tête abritée par une large ombrelle fichée en terre et les jambes au soleil.

D'autres, adOBsés à un olivier, fument ou lisent; des prêtres récitent leur bréviaire, les dames essayent vainement de se laver les mains et le visage incruste d'une

poudre blanche, qui n'est pas dé la poudre de riz.

Nous ressemblons avec nos costumes étranges à un campement de bohémiens ; de petits aigles qui fourmillent dans les rochers de la Judée décrivent au-dessus de nous leUrs grands ronds silencieux, les lézards aplatis

riATEl

loin le pierrei allongenl la télé pour w la

cigales se penchent pou cause un étonnemenl général.

Pendanl que chacun ipe à

lf mes notes, je voudrais poi inner c

tains groupes bien drol iment pittoresques. \ 1 imp ble nul n'élanl tenu, j'y ren

Depuis ce matin, cinq heures, que noua aunes partis, nous montons insensiblem ivient, s'il esl possible, plus nue el plus rocailleuse, quel | collines grises sans arbres s'allongent en ayant des montagnes comme les racines qui soulèvent ' un au pied des vieux chênes : n el là quelques eh autour des ruines qui couronnent chaque monticule, ruines de tombeaux pour la plupart :1e pays en est couvert.

Quoi d'étonnani ? nulle part plus que dans ■ -

occupée parla nation batailleuse des Philistins, la m n'a promené ses ravaj Sarrasins et Croi nt

aussi entassé des montagnes d'ossements.

Chaque pas réveille le souvenir de batailles terril) d'exécutions impitoyables, de populations m jusqu'au dernier homme, de villes rasées jusqu'aux fondements. Samson, David, les Pharaons, Richard Cœurde-Lion, saint Louis, Beaudouin,les Turc-. LesChn les Bédouins, Napoléon, tous ont passé là, terribles faucheurs d'hommes sous les pieds desquels la Terre P mise est devenue une solitude, aujourd'hui peuplée seulement d'aigles, de chacals et de voleurs.

Ici, Gézer, dont le roi Haram fut ext tout

son peuple par les Hébreux, dont un Pharaon passa plus tard au til de l'épée les habitants, entassement de décombres dont Une reste debout qu'un tombeau musulman; là, Koubab, misérable bourgade de boue, ville im-

portante autrefois, située sur la limite du territoire Philistin ; plus loin, au pied d'une montagne, Bail-Nouba, l'ancienne Nobé, patrie d'Alchimélech, que Saûl punit d'avoir pris parti pour David en massacrant tout ce qu'il y rencontra, hommes et animaux ; quelques pas encore el au sommet d'une colline qui commande L'entrée des gorges de la montagne, une ruine sinistre, d'aspect et de nom, El-Latroun, clef de la porte du ravin, forteresse de voleurs, patrie, dit La tradition, de ces deux brigands célèbres crucifies à côte du (ils de Dieu dont l'un, Gesl;is, mourut en blasphémant, tandis que l'autre, saisiau contraire d'un vrai repentir, fit, suivant la belle expression do Chateaubriand, faire au Christ son dernier acte ■ de miséricorde.

« Et il disait ;\ Jésus : Seigneur, souvenez-vous de moi quand vous serez arrivé dans votre royaume. »

- Et Jésus lui dit : En vérité, je te le dis, aujourd'hui même tu seras avec moi en paradis. »

Les saintes Écritures sont sobresde détails sur Dimas, la tradition est plus explicite ; voici en résumé ce qu'elle raconte :

Pendant sa fuite eu Egypte, la Sainte famille tomba entre les mains des voleursdont le père de Dimas était le chef. Ses compagnons, le farouche (lestas entreautres, voulaient massacrer les prisonniers, mais Dimas, touché par un regard de l'Enfant-Dieu, s'y opposa, obtint la grâce des trois voyageurs puis leur lit donner des provisions et uneescorte. Pris plus tard par les soldats d'Hérodeoude Pilate, qui passèrent plus de dix années à combattre ces bandes sanguinaires, il fut condamné à mort avec son complice, païen et Égyptien comme lui ; on sait comment, sur la croix, il reçut la récompense de sachante.

Sa conversion ne toucha pas les autres voleurs ; leurs

Page 1