‹ A travers la Chaouïa avec le corps de débarquement de CasablancaChapitre 19 sur 51 · AZEMMOUR. LES REMPARTS SUR L OUM ER-RBEA · texte numérisé non relu

AZEMMOUR. LES REMPARTS SUR L OUM ER-RBEA

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AZEMMOUR.

ments de tous les postes de l'intérieur portèrent à 8 000 hommes l'effectif des troupes figurant à la revue. En présence du corps consulaire, de la colonie étrangère, aux acclamations de la population, nos vaillants soldats défilèrent au bruit du canon et de la fusillade, sur la crête du Fort Provot. Et là, où dix mois plus tôt les tribus Chaouïa livraient de rudes assauts à nos troupes, on vit caracoler 5 à 600 cavaliers de toutes les tribus, venus spontanément en signe d'amitié et de confiance assister à la revue et défiler, après les goumiers algériens, devant le chef énergique et décidé qui avait su leur imposer la volonté de la France. Ce simple fait témoigna des résultats féconds de notre action qui apportait aux Chaouïa, avec la justice et la prospérité, la sécurité du lendemain.

Le 16 juillet, les différents détachements rejoignaient leurs postes et la colonne mobile, sous les ordres du colonel Moinier, regagnait le camp de Sidi Bou Becker en face d'Azemmour. Elle ne devait y faire qu'un très court séjour; des événements graves, suscités d'abord par la marche du Sultan Abd el-Aziz de Rabat sur Marrakech, puis par la défaite du Sultan, le 19 août, allaient l'appeler bientôt à l'extrémité sud du territoire Chaouïa. En effet, une répercussion de ces événements était à craindre et le colonel Moinier fut chargé de prendre, avec sa colonne mobile, les mesures nécessaires

pour maintenir l'ordre sur les confins de la Chaouïa.

Parvenue le 18 juillet à Sidi Bou Becker, la colonne mobile quitta le poste le 28 juillet pour Ber Rechid, Settat et Temassine, où elle arriva le 28 août. Jusqu'au 5 septembre, elle exécuta différentes opérations de police sur les confins Chaouïa que la défaite de la mehalla aziziste avait mis en effervescence et, le 7 septembre, elle se dirigea par Kasbah ben Ahmed, le camp Du Boucheron, Sidi Ben Slimane, Bou Znika, sur Casablanca où elle arriva le 25 septembre. A dater de ce jour, elle tint garnison à Casablanca. Le district Chaouïa était donc pacifié et l'on put songer à rapatrier une notable partie du corps de débarquement dont deux bataillons avaient déjà été dirigés sur l'Algérie dès le 17 juillet. Le pays reprit, sous la protection des troupes françaises, sa physionomie habituelle et la paix depuis lors ne fut troublée que peu sérieusement et par intermittences sous l'effet d'incursions des tribus pillardes, telles que les Zaïr, jalouses de voir la prospérité dont jouissait à nouveau la Chaouïa.

Avant de mettre le point final à ce journal de marche qui retrace les incidents de près d'une année de campagne (août 1907-juillet 1908), il convient de dire ici un mot des adversaires que le corps de débarquement rencontra devant lui et dont la bravoure, l'audace, l'impétuosité dans le combat ne sauraient trop être admirées. Aussi bien l'attention

ARMEMENT DES CHAOUIA.

est, une fois encore, attirée vers le Maroc belliqueux.

Les Chaouïa étaient tous armés de fusils de petit calibre, Martini-Henry, Winchester, Mauser, Wetterli, Remington, Spencer, etc., etc., et aussi de fusils français Gras du modèle dit de 1874. Ils n'avaient pas de baïonnettes. Leurs approvisionnements en cartouches étaient considérables et étaient facilement renouvelés grâce à la contrebande de guerre.

Ne connaissant pas l'emploi de la hausse, ils tiraient plutôt mal et leur tir était toujours trop haut. Ils n'employaient guère que le tir individuel, le feu à volonté. Toutefois les fantassins ennemis employèrent quelquefois le feu par salve. Par exemple, le 18 février, l'avant-garde de la colonne du Littoral débouchant dans la plaine de Sidi Abd el-Kerim essuya deux feux de salve partis d'un douar situé sur une crête. Les balles tombèrent à quelques pas en avant du front de la section de pointe.

La mehalla haffidienne de Mouley Rechid, qui vint renforcer les Chaouïa à la fin de 1907, possédait trois ou quatre canons Canet et Krupp et l'un d'eux fut pris le 8 mars au Mgarto. Mais cette artillerie ne fut jamais très redoutable. Le pointage assez précis aurait pu rendre le tir très dangereux si les obus avaient éclaté; mais, à part quelques rares exceptions, ils s'y refusèrent constamment, les Marocains

ne connaissant pas l'emploi de la fusée. C'est ainsi que le 5 février, à l'attaque du bivouac, les obus marocains au nombre d'une vingtaine environ, tombèrent les uns dans le camp, les autres à proximité d'une compagnie déployée sans faire heureusement aucun mal. Au contraire, le 8 mars, un obus éclata par hasard et blessa quatre hommes de la même compagnie.

Nos adversaires étaient en grande partie des cavaliers. Dès que leurs vedettes annonçaient l'approche de nos troupes, ils partaient à cheval et venaient audevant d'elles pour leur livrer bataille. Si la distance à franchir n'était pas trop grande, les fantassins suivaient les cavaliers ou même quelquefois se faisaient porter en croupe pour venir prendre part à l'action. Mais le plus souvent, ils restaient à proximité des campements, prêts à abattre les tentes, si l'offensive de nos troupes mettait leurs douars en péril. La tactique des Chaouïa était donc surtout une tactique de cavaliers, et leur unique moyen d'action fut le feu et leur principale qualité la mobilité. Aussi se tenaient-ils toujours disséminés?

Demeurant toujours en selle, ne mettant jamais pied à terre pour tirer, ils ne purent donner à leur feu toute la précision que leurs armes leur auraient permis d'obtenir dans un combat à pied.

Incapables de livrer un combat défensif , même de courte durée, ils ne surent jamais profiter de posi-

La Chaouia.

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