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PI, 11, page 56.
OPERATIONS SOUS CASABLANCA.
attaque sur la gauche, mais ils furent vite dispersés par l'artillerie et le feu de notre infanterie. Le camp de Taddert avait donc été surpris, détruit, mais on n'avait point capturé ceux qui le formaient. Une fois de plus, on s'était contenté de pousser devant soi les bandes de Marocains et d'incendier leurs tentes.
Vers midi, les troupes revinrent sur Casablanca où elles arrivèrent vers deux heures après avoir eu à repousser une légère attaque sur leur flanc droit de la part de contingents venant de l'Est.
Pendant toute la durée de la reconnaissance, notre camp avait été sérieusement gardé et les troupes de surveillance sur la crête avaient été renforcées d'une section de 75. En effet, dès que le canon s'était fait entendre du côté de Taddert, les contingents de Tittmellil et de Sidi Brahim s'étaient portés sur Casablanca et avaient tenté une vigoureuse attaque contre la crête de notre camp; mais ils furent successivement arrêtés par les canons de la Gloire et du Gueydon, par la fusillade de trois compagnies de légion et de tirailleurs et par la section de 75 qui, dans la matinée, tira plus de cent cinquante coups par pièce. La fusillade cessa vers une heure de l'après-midi.
Le succès de cette affaire ne fut pas sans produire une réelle impression sur les tribus occupant le voisinage immédiat de Casablanca. Les Zénata et leurs voisins les Ziaïda et une partie des Oulad
Ziane s'émurent particulièrement, surtout lorsqu'ils apprirent qu'il était question de bombarder Fédala. Le 15 septembre, ils envoyèrent quatre délégués demander au consul de France d'ouvrir des négociations en vue de la soumission des tribus. M. Malpertuy, notre consul, accueillit favorablement ces demandes, car, pour l'instant du moins, la période guerrière était close : une phase diplomatique commençait. Le ministre de France à Tanger, M. Regnault, venait, en effet, d'arriver sur le Forbin, apportant les instructions du Gouvernement qui, tout en n'imposant pas la suspension de l'action militaire, avait hâte cependant de voir se terminer la campagne et aurait désiré qu'il ne fût plus question ni de sorties, ni de marches, ni d'opérations.
Malheureusement on s'aperçut vite que nulle conversation sérieuse ne pouvait s'engager avec les quatre délégués marocains qui n'avaient aucune qualité officielle pour procéder à des négociations de pacification générale. Il fallut les renvoyer, en leur faisant promettre de revenir le 19 septembre en plus grand nombre et avec pleins pouvoirs. Ils promirent tout ce que l'on voulut et le général, de son côté, accorda un armistice jusqu'au 19.
Au jour fixé, ils revinrent, mais encore seuls, avouant leur échec et disant qu'ils n'avaient pu convaincre leurs coreligionnaires. Les négociations traînèrent donc. Aussi bien la paix, à laquelle on
OPÉRATIONS SOUS CASABLANCA.
ne cessait de faire à Paris des sacrifices pénibles, se présentait mal : comment forcer les tribus à s'avouer vaincues puisque, jusqu'à ce jour, on n'avait rien fait de décisif contre elles et qu'il dépendait d'elles de fuir ou de provoquer le combat! Elles se refusaient aux négociations, il n'y avait plus alors qu'à chercher à les soumettre. Et la paix serait d'autant plus prompte et durable que les opérations seraient plus rapides et plus énergiques. Bref, aujourd'hui comme hier, la solution reposait sur l'action militaire qu'il fallait accepter avec toutes ses nécessités et conduire sans retard et sans faiblesse.