LES PREMIÈRES OPÉRATIONS
DU GÉNÉRAL D'AMADE
Affaire de Sidi Brahim; ses conséquences. — Deuxième affaire de Taddert. — Situation à la fin de l'année 1907. — Le général d'Amade remplace le général Drude. — Prise de Mediouna. — Arrivée et projets du général d'Amade. — Les renforts. — Occupation de Bou Znika. — Ber Rechid. — Première affaire de Settat.
Du 12 au 21 septembre, le corps de débarquement ne fit ni un mouvement ni une menace, il demeura immobile dans son camp et pour la première fois depuis le 7 août les tribus respiraient. Brusquement, dans la nuit du 20 au 21 septembre, à une heure du matin, l'ordre fut donné aux troupes de se tenir prêtes à partir à trois heures. Rien jusqu'à ce moment n'avait fait prévoir une pareille alerte, bien que depuis deux jours le bruit, colporté par les journalistes, en courût en ville. Personne n'ignorait cependant l'existence des camps de Sidi Brahim et de Tittmellil que le ballon signalait chaque jour, mais l'on estimait que si l'attaque de ces deux rassemblements marocains était proche, il était vraisemblable que les chefs de corps en auraient été également avertis par l'état-major. Or, il n'en était
rien; les premiers ordres furent donnés dans la nuit et le général, malgré tout le mystère dont il avait entouré cette expédition, fut désagréablement surpris de trouver, à deux heures du matin devant sa tente, un groupe de journalistes attendant notre départ.
21 septembre. Attaque du camp de Sidi Brahim. — Les troupes se rassemblèrent, par une nuit noire, sur la rive droite de l'oued Bou Skoura, près de la piste de Mediouna et au pied de la crête. Le dispositif adopté était identique à celui de la journée du 11, mais les effectifs engagés étaient un peu plus élevés. La colonne était formée en deux échelons marchant en carré à 500 mètres l'un de l'autre et comprenant huit compagnies de tirailleurs, huit compagnies de la légion, trois sections de 75, une section de montagne, trois sections de mitrailleuses, trois escadrons de cavalerie, goum, spahis, chasseurs, le service de santé et les mulets de cacolets. Le départ du dernier échelon eut lieu à quatre heures du matin. Toutes les précautions semblaient avoir été prises pour que le départ des troupes fût tenu caché; mais, dès que le premier échelon se mit en marche, un grand feu apparut sur une terrasse de la ville, signalant ainsi aux tribus l'approche du danger.
A peine avions-nous franchi les premières crêtes du Sahel dans la direction du sud-est, au delà de
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