CONCLUSION
Ce n'est point ici le lieu de faire en détail, Thistoire dos événements qui se sont passés en Chine depuis que nou& l'avons quittée, et qui ont plus ou moins modifié la situation politique extérieure de cet empire.
Rappelons seulement que, grâce à Tintervention des puissances Européennes, la guerre qui semblait sur le point d'éclater entre la Chine et le Japon, à la fin de 1874, put être évitée. Les Japonais consentirent à évacuer l'île de Formose où ils avaient débarqué, moyennant le rachat par la Chine des constructions qu'ils y avaient élevées.
Un peu plus tard, le danger d'une rupture avec l'Angleterre ralentit pendant deux ans, le mouvement des relations entre l'Europe et la Chine. Un crime odieux commis sur les confins de la Chine et de la Birmanie était la cause de ce différend. Un membre du corps consulaire anglais, celui-là même qui avait été notre hôte à Formose, M. Margary, avait été assassiné sur la frontière de la province du Yûn-Nan. aumomentoù il venait de rejoindre une mission d'exploration envoyée de Calcutta dans le but de recher-
cher une nouvelle voie commerciale pour pénétrer dans les provinces occidentales de la Chine. Les meurtriers avaient-ils agi sous l'inspiration d'un fanatisme sauvage, inconscient et spontané, ou n'avaient-ils été que les instruments d'une politique haineuse et déloyale?
L-enquête faite par le ministre d'Angleterre à Péking ne put faire remonter la responsabilité de cette infamie au-delà des misérables sauvages qui l'avaient accomplie. Le gouvernement de Péking donna les satisfactions qu'on exigeait de lui, et consentit à de nouvelles concessions qui furent inscrites après de longues négociations, dans la convention signée à Tche-Fou le 13 septembre 1876.
Un haut dignitaire de l'empire, S. Exe. Kouo, fut désigné pour porter à la reine d'Angleterre les regrets du gouvernement Chinois, et depuis 1877, la première légation chinoise permanente a été établie près des cabinets de Londres et de Paris.
En même temps, le Vice-roi Tso qui avait repris le commandement de l'armée de Tartarie, poursuivait les rebelles au-delà du désert. Malgré ses premiers succès, de graves appréhensions devaient l'assaillir ; il se trouvait en présence d'un adversaire énergique, le musulman Yakoub-beg» qui conduisait une armée bien organisée et dont l'Angleterre et la Russie se disputaient l'alliance. C'était un ennemi redoutable ; mais au moment de livrer bataille, Yakoubbeg fut assassiné par l'un des siens ; son armée débandée disparut comme par enchantement, et Tso put facilement reprendro possession de la Kachgarie.' Aujourd'hui délivré des soucis d'une grande guerre, il s*occupede reconstituer l'administration des pays qu'il a rendus à la Chine, et d'améliorer le sort du peuple, en tirant un meilleur pai'ti des ressources naturelles et en faisant un sage et intelligent appel aux procédés de notre industrie.
Les troupeaux forment la principale richesse des tribus