‹ À travers la forêt brésilienneChapitre 17 sur 71 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ou CAPITAO CHICO CONCLUT QUE DON ANDRÈS EST PROTÉGÉ PAR DIEU OU PAR LE DIABLE

« Pourquoi es-tu resté debout quand tes contemporains gisent déjà renversés ?

Vigie grandiose des champs et des forêts, près de toi paissent tranquilles le taureau sauvage et les poulains légers qui ne connaissent pas le joug de l'homme.

Peut-être, elles ont passé prés de toi, il y a des siècles, les premières bandes d'envahisseurs, quand les tribus nomades erraient libres à travers le pays?

Poète des déserts, chanteur muet de la nature vierge des sertaos, evohé ! ^ »

(Affonso Arinos de Mello Franco).

« ... O velho Diaho, sabio d'entre os sabïos* » [Crîi:^ e Soii^a. A Flor do Diabo).

(Poète brésilien contemporain, 1S63-1898).

Ainsi devisant et causant, nous poursuivîmes notre route par des chemins toujours aussi accidentés et pittoresques.

Vers l'heure ,de la méridienne nous arrivâmes au bas d'une descente abrupte, à un endroit où, sur son lit de cailloux polis, une petite rivière aux eaux transparentes coule parmi des fougères entre un groupe d'araucarias d'une taille fort au-dessus de la moyenne. L'eau fraîche, l'ombre propice et le gazon, tout

1. Ces vers sont traduits du portugais d'Affonso Arinos, écrivain brésilien contemporain ; ils sont extraits du poème Le Burity Perdu. Cette ode, d'une très belle allure, chante la gloire d'un de ces géants de la forêt primitive, un Burity solitaire, « témoin survivant du drame de la conquête ».

Page 1