‹ À travers la forêt brésilienneChapitre 24 sur 71 · A SES ENFANTS · texte numérisé non relu

A SES ENFANTS

« Sous renchevêtrement de leurs vastes ramures La terre fait silence aux pieds de ses vieux rois ; Seuls au fond des lointains mystérieux, parfois. Naissent, croissent, s'en vont, renaissent les murmures Que soupire sans fin l'âme immense des bois. »

(Leconte de Lisle, Le Calumet du Sachem.)

« In the Valley, by the river.

In the l/bsom of the forest ; And the forest' s lifewas in it, AH its mystery and its magic\ »

(Henry W. Longfellow, The Song of Hiawatha.)

Si la grande forêt primitive se montre inabordable et exerce tant de cruauté envers ceux qui interprètent mal les signes et ignorent les schibboleth mystérieux, elle n'abrite pas moins sous ses ombrages tant de fois séculaires, en même temps qu'elle les nourrit de son sein maternel, des milliers d'êtres humains. Derniers vestiges sans doute de races indiennes autrefois belliqueuses et puissantes qui luttèrent à Tépoque de la conquête contre les envahisseurs ibériques, poussière de bien des mélanges ethniques, peuplades dont quelques-unes n'avaient peut-être jamais connu la moindre lueur de civilisation, d'innombrables tribus aborigènes vivent encore à l'état sauvage, errantes dans

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