DU PARAMIM AUX ANDES NEIGEUSES
peuplent ces asiles humides. Au-dessus des buissons touffus, en bordure des rives, parmi les panaches ondoyants des joncs, des roseaux et des iris d'eau, entre les rameaux chargés de plantes épiphytes, dont les fleurs se mêlent à celles des arbres qui leur servent de support, des tourbillons d'insectes innombrables entrelacent leurs sarabandes trépidantes au son d'une monotone et bourdonnante symphonie.
Mais, survolant la forêt, Taile frêle de l'insecte n'est pas la seule qui anime les.airs : ici, rapide et puissante, l'aile de l'oiseau s'éploie également souveraine.
Ces points noirs que Ton distingue à peine et qui piquent le gouffre bleu du ciel à une hauteur immense au-dessus de nos têtes, ce sont des vautours, cuervos. Qu'un animal blessé ne Duisse suivre le troupeau, que le fleuve rejette sur la rive le cadavre d'un mammifère, d'un caïman ou seulement de quelque yros poisson, nous verrons des confins de l'azur ces sombres et /oraces fossoyeurs arriver en foule et descendre sur leur proie 3n larges et lentes spirales.
Des milliers de mouettes d'eau douce, d'un blanc légèrement irdoisé, à la tête de velours noir, et au bec d'un jaune de chrome, Dassent dans la transparence du ciel, d'un vol doux et comme )uaté, et dessinent au-dessus des flots, qu'elles effleurent légères ;t rapides, pareilles à des hirondelles, de longs esses gracieux.
Ces jolis oiseaux^ se chargent, eux aussi, de purifier les ondes. )utre les petits poissons qu'ils savent happer avec adresse entre leux eaux, tout débris animal, s'il flotte à la surface, leur sert Le pâture et disparaît, aussitôt qu'aperçu, dans leurs gosiers nsatiables.
Ambitieux d'une plus noble proie, le Martin-Pêcheur, avec on ardeur et son courage, s'attaque sans hésiter à des poissons ivants qui atteignent presque à la moitié de sa taille. Il passe 3 long des rives d'un vol onduleux, et son cri, bruyante créelle au son aigre et aigu, perce le silence. Pour se poser il a
cherché quelque branche qui surplombe les flots où, fièrement campé, la houppe hérissée, superbement vêtu d'émeraude et de saphir, jaboté de blanc et cravaté d'or fauve, il fait maintenant fort galante figure. Aux aguets, la tête inclinée de côté, l'œil fixé sur le courant, l'adroit pêcheur guette sous l'onde la proie convoitée, poisson rapide aux écailles d'argent, qu'il devra en plongeant saisir sous les eaux. Tout à coup il s'élance, se suspend un instant au-dessus des flots, agitant les ailes avec rapidité et soudain se laisse tomber comme un caillou. Autour de lui jaillit une gerbe de pierreries étincelantes. L'instant d'après, sa prise en travers du bec, il a regagné la souche d'où il prit son élan ; d'une brusque secousse il se débarrasse de quelques perles liquides, attachées à sa robe rutilante, puis, jongleur habile, il lance en l'air sa capture de manière à ce qu'elle retombe la tête en bas, et, d'un seul coup, la rattrape et l'avale, tandis que vivante elle frétille encore.
Plus sobre en ses atours, et d'un maintien plus grave, l'aigle caracolera \ à la robe mouchetée de blanc, de jaune et de gris clair, se perche, sentinelle aux aguets, tout en haut d'un arbre sec qui domine le fleuve ou la lagune. Son œil perçant scrute du haut des berges les eaux noires mais peu profondes, et y découvre, cachés entre les souches, les gros escargots fluviatiles dont il fait son unique nourriture. L'oiseau rapace, ouvre alors les ailes, prend son vol et décrivant une courbe savante, s'abat sur la proie convoitée, la saisit et l'emporte.
Bien à tort le mollusque, imprudent de s'être fié à linvisibilité que lui confère sa robe d'un brun foncé, dormait-il caché sous les eaux sombres, et se jugeait-il à l'abri de tous les périls !
Son butin dans les serres, en quelques coups de ses ailes puissantes, l'aigle regagne son guettoir accoutumé. La chair