‹ À travers la forêt brésilienneChapitre 55 sur 71 · DU PARAMIM AUX ANDES NEIGEUSES · texte numérisé non relu

DU PARAMIM AUX ANDES NEIGEUSES

dur comme le fer émousse rapidement l'acier le mieux trempé; épineux les molles \ durvanées aux branches enchevêtrées, aux minuscules fleurs à l'odeur de miel, dont la résine qui coule du tronc en larmes blanches, répand, en brûlant, un parfum mystique d'encens ; tout aussi piquants et munis de la tige jusqu'aux feuilles de crochets féroces ou de dards barbelés, se dressent devant nous, agressifs et menaçants, les moindres arbrisseaux des sous -bois. Quant aux nombreuses broméliacées, caraguatàs, dont les longues feuilles élégamment infléchies, couvrent le sol d'un immense tapis et sont pour l'Indien et le chasseur, nous l'avons vu, une précieuse réserve de fibres textiles, elles n'ont rien à envier, pour la protection que leur assuren-t leurs épines tranchantes et recourbées, aux innombrables cactus qui, de derrière les chevaux de frise que forment leurs longues et solides aiguilles, bravent toutes les attaques.

On comprend qu'un caractère aussi peu accueillant mette ces rudes halliers à l'abri des incursions des hommes et des grands animaux. Seules, les bandes nombreuses des pécaris turbulents, que leurs soies grossières protègent efficacement contre les dents et les griffes acérées de ces bois hostiles et bien armés, peuvent y pénétrer impunément. Il en est de même pour les tatous cuirassés, car nulle épine ne saurait traverser l'épaisseur de leur carapace.

Une foule d'oiseaux, perruches babillardes et vols bruyants de perroquets, bigarrés comme des arlequins de bleu, de rouge, de jaune et de vert, trouvent sous ces âpres couverts une retraite inviolable. De grands ramiers d'un bleu ardoisé, y cherchent, pour leurs fidèles amours, un asile caché, et y élèvent leurs nichées à l'abri de tous les périls. Pendant les heures les plus chaudes du jour, leur doux gémissement se mêle aux roucoule-

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