BOUGIE, COLONIE ROMAINE, SALVE M
que de roccupatioiï de Bougie'. Cette ville a toujours été, à raison de sa situation, l'objet des convoitises de tous les conquérants de TAfrique. Les Romains y avaient établi une colonie militaire, Salvae Colonia; et une inscription, découverte il y a quelques années, fixe les doutes au sujet du nom qu'elle portait. Boga, Ghoba, liusucurrum avaient tour à toui' été placées à Bougie; mais on est certain aujourd'bui (pie la ville portait le nom de Salvîe. Un vieux mur d'enceinte d'un développement médiocre, quelques ruines témoignent du peu d'importance de cette cité. Il en est de même de tous les vestiges romains épars en Kabylie; ils prouvent tous une occupation incomplète^
Au cinquième siècle, Bougie est envabie par les Vandales; et Genséric, appelé par le comte Tbibaut pour le soutenir dans sa querelle avec Rome, s'y établit jusqu'à la prise de Garthage. Au septième siècle, l'invasion arabe, partie de l'Yémen, le Koran d'une main, le sabre de l'autre, ravage TAfrique et la conquiert depuis l'Egypte jusqu'au grand Océan qui baigne les côtes du Maroc. En 708, Bougie est prise d'assaut
' Les Turcs, qui rorcupaient avont notre arrivée, laissaient la ville et les fortifications tomber en ruine. •
- Bougie fait partie de la petite KaLvlie par les bas bors.
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par Moussa-ben-Nocéir qui fail massacrer tous ses habitants. Les ténèbres de l'histoire la couvrent de leur voile jusqu'au quatorzième siècle qu'elle est détachée de Fempire berbère par Igremor-Solthan, qui la donne à son fils Abd-el-Aziz. Pendant deux siècles, elle est le siège d'un petit royaume indépendant. La piraterie la fait puissante; le commerce la fait riche; mais au commencement du seizième siècle, la décadence commence et, sous le règne d'Abd-el-Hamet, elle est emportée de vive force par l'armée de Pierre de Navarre qui, peu de jours avant, était sorti avec sa flotte de Tun des [)orts des Baléares pour l'assiéger. En 1512 et le514, elle résiste à deux assauts de Baba-Aroudji et Kliair-ed-I)in'. hardi capitaine d'avenluie. devenu, par son audace, par la terreur (pTil inspira, par le prestige de ses succès, |)acha (TAIger. Mais, en 1545. (juaranle-deux ans plus tard, elle est attaquée par Salah-Piaïs, successeur de Baba-Aroudji, dont vingtdeux galères bloquent le port. Une armée nombreuse de Turcs et de Kabyles assiège les remparts. Bougi(\ dont les forts Moussa et Abd-el-Kader sont démantelés, dont les défenseurs ne sont ])lus assez nombreux pour la garder, est forcée de se rendre aj)rès
' lliiiit nnii« avf)n< f;iit l>;irliei'oiisse et (iherifiliii.
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une lulle de vingt-deux jouis. Le gouvemeur, André de Peralla^ au lieu de s'ensevelir sous les ruines, signe une houleuse capitulation qui ne garantit pas même à la garnison les honneurs de la guerre. Il ohtient la vie sauve [tour lui el quel(|ues-uns de ses familiers; tout le reste est passé au tranchant (Ui cimeterre. Peralta, reconduit eu Espagne, va porter une justification impossible de sa lâche conduite aux pieds de Charles-Quint qui le fait juger et condamner comme traître à la patrie, et sa tète tombe sur la place de Valladolid.
Bougie se dépeuple sous le gouvernement turc ; le commerce s'anéantit par suite de l'étal d'hostilité continuelle avec les Iribus kabyles, el cette ville en ruines n'est bientôt })his que le refuge d'audacieux bandits (\\ù attire souvent rallention des peuples de FOccidcnt. C'est dans ce triste état de délabrement que les Français la retrouvent lors(|ue Tcscadre, partie de Toulon, le 2*2 septembre 1855, sous le commandement thi capitaine de vaisseau Parceval, entra dans la rade avec le cor[)S expéditionnaire chargé de s'en emparer.
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