BOUGIE.— MOHAMED-OU AMZIAN, MORT DE M. DE MUSSIS
Bougie, défendue par les liabiUmts el les Kabyles, descendus à ra})pel des Bougioles cl allirés par l'espoir de la victoire et du pillage de la flotte, l'ut prise après de sanglants assauts; nous ne dirons pas cette guerre de rues, de maisons qui dura trois jours^ pendant lesquels de féroces représailles eurent lieu de part el d'autre. En parcourant la grande Kabylie, nous décrirons un de ces combats acharnés de la campagne de 1857, et qui fera connaître le degré d'énergie, de courage aveugle, de férocité implacable tie ce peu|)le kabyle. Je veux toutefois raconter un épisode de cette possession de Bougie et de ses environs : Tas-
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sassinal t!e M. le commandant Salomon de Mussis, eji I806. J'inscris ici ce souvenir, parce qu'il m'a été raconté sur place par Bel Kassem, l'un des témoins de ce lâche attentat.
Les négociations entamées avec les tribus qui avoisinent Bougie, les Messaoud elles Beni-Mimoun, l'ré- (piennnent interrompues par des meurtres de nos compatriotes et des coups de main des Kabyles, venaient d'etie rompues tout à fait par le colonel Larochette, lorsqu'il tut rappelé à Alger, et le commandement provisoire l'ut donné à M. le clief de bataillon Salomon de Mussis. Saad-Oulid-ou-ltabah, plus connu sous le nom de ciieikli Saad. (pii avait organisé la défense de Bmigic en 1854, et (jui nous avait si longtem|is cond)allus, venait de niouiir, et Moliamed-ou-Amzian, son frère, lui succédait dans sa dignité de cheikh et dans son pouvoir. Ce nouveau chef nous déclara francliemenl la guerre. « Je vous préviens, écrivait-il à M. Larochette. que mon intention est de vous combattre; ne comptez plus sur la paix, car, je vous le déclare, c'est désormais une guerre à mort. >> Et tout en r()iiq)ant avec nous, il ne cessait de solliciter des cadeaux en envoyant les siens. c( Je vous envoie un petit sanglier, disait-il cji [)ost-scriptum de celte même lettre, afin que vous re-
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mettiez en échange, au porteur de ce message, un moulin à caCé et du labiic à priser. Envoyez-moi en catleau du calicot et quelques pains de sucre. » Ce Irail de mœurs peint bien la race kabyle. Son prcsenl iuL refusé.
Quelques jours plus lard. Anizian écrivait encore :' «. Toutes les tribus musulmanes sont réunies pour faire la guerre ; le paradis est le [)rix du sabre, et nous vous combattrons avec une grande joie. Les Kabyles se rasent la lèle, parce qu'ils n'ont pas peur de hi mort, et ils ont le crâne extrêmement dur; ainsi tenez-vous pour avertis, car avant peu nous vous attaquerons, in clia allaJi. s'il plaît à Dieu'. Ecrit par ordre de Moliamed-ou-Amzian. Dieu donne la gloire aux musulmans et extermine les Français ! » Cette fois, il ne demandait pas de cadeaux.
L'attaque eut lieu, en effet, quelques jours plus tard, et un grand nombre de tribus vinrent faire le coup de feu contre nous. Mais elle échoua devant le courage de nos troupes et, disons-le, contre les murailles qui les protégeaient; car la garnison était trop peu nombreuse pour tenir contre une armée dix fois plus forte qu'elle
' Celte expression est Irès-usitc-o par los Aialif^; ils l"oiil sans cesse à la bouclie. C'est le f\italisinc iiiiisnlmaii.
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et animée d\in courage féroce. Aussi le cheikh adressal-il une uouvelle lettre au gouverneur de Bougie, lettre qui fut trouvée aux avant-postes, attachée à une lance fichée en terre.
« Si vous êtes Français, vous viendrez dans la plaine vous mesurer avec nous. Vous ne devez pas nous tirer des coups de canon et de fusil derrière vos remparts; si vous êtes des gens de cœur, vous quitterez vos murs et marcherez contre nous; sinon vous êtes tous des juifs. »
M. Salomon de Mussis voulant à son tour jouer un rôle politique, et espérant amener les Kabyles à signer un traité de paix, essaya de renouer les négociations. Dans ce but il tenta un rapprochement entre lui et Mohamed-ou-Amzian. Après de nombreux pourparlers, pendant lesquels les Kabyles avaient renouvelé leurs attaques contre nos blockhaus du montGouraya, une trêve fut conclue; toute hoslililé aurait du cesser dès ce moment de part et d'autre; cependant des escarmouches avaient lieu, et nos avant-postes étaient menacés. Ce fut dans un de ces engagements qu'un Kabyle qui s'avançait sans armes vers la ville fut tué d'un coup de feu par une sentinelle. 11 fut reconnu par un jeune Bougiote poui' un marabout, ami d'Amzian qui
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lui avait donné l'anaya'. En apprenant Ja nioiL de celui qui était placé sons sa protection, Amzian, dans le premier moment de la colère, i'nlmine des menaces contre les meurtriers. Mais bientôt il comprend que la dissimulation l'amènera plus sûrement au but qu'il se propose, et il envoie demander des explications au commandant de Bougie. Celui-ci, ignorant l'importance que les Kabyles attachent à cette vieille coutume de l'anaya, irrité d'ailleurs des attaques incessantes dont la garnison est l'objet, renvoie avec dureté le messager de Mohamed. La paix, dès lors, n'est plus possible. Les Kabyles demandent satisfaction du meurtre du marabout, du mépris de l'anaya; et Amzian qui veut se faire pardonner ses relations avec les chrétiens, jure de venger la mort de son ami. Pour suivre son dessein, il cache sa haine sous des semblants de courtoisie et prépare un guet-apens dans lequel U. de Mussis, désireux de la paix, va tomber infailliblement. En effet, une entrevue est demandée par Amzian qui, arrêté au bord de la Summam, entouré de quelques cavaliers seulement, semble attendre la réponse. M. de
' L'nnaya est un sauf-conduit que les Kabyles s'accordent, et qui fait respecter de tous celui qui en est porteur. (Voir plus loin.) f/anaya est quelquefois un objet appartenant a celui qui le donne, un bâton, un chien coniiu.s des villages kabvle?.
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Mussis, malade, hésite à descendre dans la planie. Le cavalier qni a apporté le message lui souille perlidement que les Fénaias et les Mézaias, denx tribus puissantes, ont relevé le mezrag des mains d'Amzian'. el que la guerre déclarée avec le cheikh Mohamed doit le rassurer sur ses dispositions. Enfin, M. de Mussis, qu'une l'atalité étrange semble entraîner à sa perte, écrit à Amzian : « Si Lu veux l'aire la paix avec moi, viens ce soir, à six heures, à la Maison-Crénelée, nous parlerons de nos affaires et toul s'arrangera à l'amiable; mais il faut de la franchise et })oint de détours. »
Le cavalier part, porteur de cette lettre, et Amzian ([ui lient enlin sa vengeance, envoie prévenir les chefs des Fénaias qui le gourmandaientde son inaclion, (pie la journée ne s'écoulera pas que le meurtre d'Abd-ei- Rhaman, son ami, ne soit puni. Ceux-ci se hâtent de se ren(h"c auprès de lui.
Le soir venu, M. de Mussis descend a la .Maison- Crénelée, accompagné du kaïd Méilani, de rinler|)rète Taponi, de l'Arabe Bel-Kasseni et du sous-inlendani
' l,c iiH'zrag est un gano ijiu' 1rs liil)iis s'envoient jiour assurer la pai\, <'l qu'elles letirenl Inrsiiuc la guerre est déclarée entre elles. Ordinaireiiiciil c'est nu burnous nu une lance. INe serait-ce pas un souvenir de cette coulunic romaine ([ui consistait à envoyer un licraul lancer, en signe de déclaration (\c niicrrc, un ia\elot sin* le territoire ennemi.
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militaire Foiirnier qui veut traiter avec notre iïitiir allié (le rapprovisionnemeiil de la ville. Amzian n'est pas au rendez-vous et refuse d'avancer jusqu'à la Maison - Crénelée. De nouveaux pourparlers ont lieu entre les cavaliers de l'escorte d'Aïuziauet les kodjas' du commandant. Le kaïd Médani se porte en avant et reconnaît parmi les cavaliers avec lesquels il parlemente des chefs de la tribu des Fénaias. Il rejoint M. de Mussis et lui conseille-de ne pas avancer: « 11 y a des ligm^es inconnues et qui ne présagent rien de l)on . » De son côté, Amzian répond à l'interprète Taponi qu'il craini ime embuscade, qu'il voit luire .des baïonnettes dans les broussailles, et il réclame le choix d'un nouvel emplacement pour l'entrevue.
On s'accorde en (in : le lieu de la réunion est hxé au l)ord de la mer, près de la tour du rivage. Le commandanl n'a auprès de lui que Médani, Bel-Kassem. le capitaine Blangini dont la compagnie est placée à (piehpics cents mètres, et le sous-inlendant Four nier. Deux soldats, porteurs des cadeaux destinés à Amzian, sontaussi là, sans armes. Le cheikh s'avance, suivi de quelques cavaliers, laissant en arrière, mais
' Secret il iros.
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à peu de distance, le reste de la troupe qui l'a accompagné. Il vient à M. de Mussis, et après les salamaleks d'usage, il lui dit que cette entrevue met le comble à ses vœux. Le commandant lui remet un burnous rouge et une pièce d'étoffe. Des pains de sucre et du calicot sont distribués aux cavaliers d'Amzian, restés àl'écarL Le café, préliminaire habituel de toute entrevue, est servi et la conférence commence, bien que, d'un tacite accord, tout le monde soit resté à cheval. Les protestations d'amitié, les poignées de mains sont prodiguées. Cependant les cavaliers d'Amzian se rapprochent et manœuvijent de manière à séparer M. de Mussis de son escorte. Parmi eux, un jeune homme, à figure grave, porteur d'un Iromblon, sourit au commandant (}ui s'approche de lui et hii domie cin(| francs. A ce moment de Mussis s'aperçoit qu'il est isolé des siens, et ses regards inquiets dénotent sa préoccupation. Amzian le remarque, et craignant (pie la conférence ne se rompe, il fait un signal. Le jeune homme se penche sur l'arçon de sa selle, arme sou tromblon et l'appuyant dans les reins du commandant, il presse la détente et fait feu. M. de Mussis tombe en avant, et trois coups île fusil, lires à boul [)()ilant, le rcnverseul de son cheval, la coloiuie vertébrale brisée;
ASSASSINAT DK DK MUSSIS 2r.
la mort a dû (Hre instanlanée, et il ifa ni la force ni le temps d'appeler à son secours. L'interprète Taponi se précipite en avant, et reçoit plusieurs balles mortelles; le kaïd Médani, qui était descendu de cheval, est blessé deux fois. M. Blangini échappe aux projectiles, mais il est renversé d'un coup de crosse de fusil; cependant il ne perd ni son sang-froid, ni son courage; jeté sous les pieds des chevaux, il appelle aux armes les soldats de sa compagnie qui accourent et le sauvent lui, le kaïd, M. Fournier et les soldats qui ont servi le café, d'une mort certaine. M. Blangini, remis sur pied, disperse ses soldats en tirailleurs et dirige le combat; mais Amzian n'a voulu que se venger par l'assassinat et non combattre loyalement. Il luit, suivi de ses cavaliers, et (jnelqnes coups de canon tirés de la Maison-Crénelée donnent des ailes à ses chevaux, en accélérant leur fuite. Ils entraînent avec eux les montures du malheureux commandant et de Taponi; et le lendemain, Amzian, tout glorieux de son exploit de la veille, se promenait dans les tribus sur le cheval de M. deMussis.
Mais les Kabyles eux-mêmes réprouvèrent ce meurtre qu'ils ([ualifièrent de félonie, et, dans une tribu, les habitanls jetèrent à la face d'Amzian cette grave in-
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jure, d'assassin, qui reçoit ries présents d'une main et donne la mort de l'autre. Le mépris fit justice de ta traîtrise de ce misérable qui disparut du jiays. On ne sait ce qu'il est devenu.
CIIAlMïltl' III
DJIGELLY STORA P H I L I P P E V I L L E
Le Titan lève Fancreet coiUinne sa roiUo; en quelques heures nous sommes «levant Djigelly, l'Igigeli des Romains. On trouve encore dans la ville les traces de leur séjour, entre autres, le pavé en mosaïque d'ini temple.
La ville est petite, l)atie en pointe sur un promontoire. Le pays qui Tenloure, el que nous apercevons en longeant la côte, est cultivé et paraît fertile. Les hauteurs sont boisées: lljigclly se compose de quelques maisons que surmontent l'hôpital el la caserne, reconnaissables à leurs dimensions. Quelques maisons arabes, d'api)arence misérable, sont groupées
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niUoiir de la mosquée dont le minaret élancé se détache sur le flanc du rocher. Quatre blockhaus, reliés entre eux par une muraille, forment toule la défense de la place. Le vent d'ouest soufflait avec violence, et l'état de la mer ne permetlait pas un long séjour dans cette rade peu abritée et qu'il serait facile de rendre sûre en exécutant le plan de Duquesne; ce plan consistait à relier entre eux les îlols du port par des maçonneries, en les prolongeant par un môle.
Djigelly fut pris en i664 par la petite armée du duc de Beaufort : on ne trouva, dit la relation véritable \ dans la ville abandonnée que dix canons en fer, et des maisons si laides et si misérables qu'on pouvait à peine croire ({u'elles eussent été habitées par des êtres humains.
Un antre passage de ce manuscrit, dont je citerai quelques lignes, prouve que ce peuple n'a pas changé et qu'il est encore aujourd'hui ce qu'il était alors :
« Plusieurs étaient nus comme la main, d'autres avaient une houppelande blanche qui les couvrait depuis le haut de la tête jusqu'à la moitié des jambes; quelques-uns avaient de longs fusils et des sabres,
' Relation véritable des cvcnements, de. (Mamiscril de la Bibliotlit'ipie impériale.)
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la plupart n'avaient qne des zagaies d'un bois fori lourd : les cavaliers, habillés comme les fantassins, oui un morceau d'étoffe au bas de leurs jambes pour tenir leurs éperons longs d'un demi-pied. Leurs selles sont pareilles à des bâts, leurs brides ne sont que de méchants filets ; tous les chevaux que nous avons vus sont petits et efflanqués; néanmoins ces gens-là les poussent du haut d'une montagne en bas à toute bride. La cavalerie n'osait })oint s'approcher de nous à cause du canon, mais quand quelqu'un des leurs était tué, ils aimaient mieux s'exposer beaucoup que de l'abandonnera »
Djigelly a été presque entièrement détruit, il y a peu d'années, par un tremblement de terre. La ville se relève de ses ruines, mais il y a encore des quartiei*s abandonnés et dont les maisons n'ont pas été réédifiées.
Le lendemain, vers midi, nous arrivions en vue de Stora, le Tretum des anciens, après avoir doublé le cap Bougarone ; de belles montagnes, couvertes de bois toujours verts, abritent un petit vdiage de pécheurs maltiiis, coquettement assis sur le livage et les premiers échelons de la colline. Stora, autrefois habité
' Sallusle a tracé des Berbères de son époque un porlr;iit f|ui ne diffère guère de celui-ci; je le citerai plus loin.
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par les Romains, n'a conservé rl'enx qne de belles citernes ])resque intactes. tJne l'onle conpée dans le flanc de la montagne et ombragée d'arbres d'essences diverses, caronbiers, pins, chêne-liége , condnit à Pliilippeville, ([ni se dresse an l)ord de la mer à qnalre kilomètres. Mais le peu de fond de la rade ne permet pas anx vaisseanx d'approcher dn port qni se crense en ce moment, et les voyagenrs soid obligés de débaripier à Stora.
Philippeville est nne ville nonvelle, l'ondée en 185J) snr les rnines de la colonie romaine de Rnssicada : elle est donc tonte française et les Arabes ]»en nombrenx qni se sont gronpés autonr de nons ne forment pas le vingtième de la population.
Les Romains avaient habilement choisi ce lien ponr servir de port à leur puissante Gyrta, ('onstantine d'aujourd'hui, et l'on retrouve encore les restes grandioses de leur établissement. D'antiques et immenses citernes ont été déconvertes snr la montagne, et devaient largement approvisionner d'eau Rnssicada ; des statnes mutilées, des chapiteaux Irès-ornés, des fûts gigantesques de colonnes marquent la [)lace de grands monnments. Sur l'un des fûts de marbre, nons avons retrouvé le dessin primitif deqiielcpic enfant romain.
l'illIJlM'KVII.I.K. LES III INKS l'.O.MAlNKS 1[)
qui V avait gravé au ciseau la silliouellc d'un aquariiis, porteur de ses seaux. Des fouilles, laites récemment dans uue colline, pour agrandir le collège, ont amené la découverte de ruines importantes ; eu creu-
sant uu tertre, on a mis à ciel ouvert les loges et les gradins duii théâtre; l'amphithéâtre est presrpie entier, et le proscenium commence à sortir des déblais '.
' Le proscenium csl la scène dans un tlu-àtre antique. C'était la plateforme élevée que itornait en avant Vorchexlru, le [larterrc d'aujourdliui el le mur par dcri'li'n^ liii foinl ili' la xcoui
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J'ai dit que IMiilippeville, qui s'élève sur les nunes de la colonie romaine est une cilé tonte neuve ; elle a de beaux établissements, un hôpital, une caserne très-bien situés et en bel air, une église d'asjiect monumental, une large rue à arcades ; en un mot, tous les éléments de ce (pi'on appelle une jolie ville, et cependant ces paysages africains, baignés de lumière, celte végétation luxuriante font un étrange effet autour de ces maisons européennes et de ces rues tirées au cordeau ; on se prend à regretter les maisons mauresques crépies de blanc, avec leurs portes basses, leui's fenêtres grillées, leur air mystérieux qui s'harmonisent si bien avec la nature qui les entoure.
Toutefois la situation est bien choisie, et Philippeville, qui conqtle à |)eine vingt années (rexistence, a pris un rapide dével()p[)ement.