‹ À travers la KabylieChapitre 45 sur 70 · I.A ZAOT l.\ DE CIIKI.I.ATA · texte numérisé non relu

I.A ZAOT l.\ DE CIIKI.I.ATA

sur s;i l'orluuL' personnelle, h I cnlielieii, à rédiiealion de deux cents jeunes gens el au payemenl, des piol'essenrs.

Auloiir de la koubba où reposent les mai-aliouts ses ancêtres, le chef kabyle a groupé des salles d'étude et de nondjreuses habitations j»our les étudiants. A côté se trouve la maison hospitalière oii pauvres et riches trouvent une large et gratuite hospitalité. Les legs pieux enricliissenl bien fiuelquel'ois la caisse de la zaouia ; les pèlerins laissent bien en passant Iciu* ' obole: il \ a bien encore quelques revenus |)n)veiuHit de habous\ mais toutes ces ressources seraient insuflisanles à faire vivre tout ce monde de professeurs, d'étudiants, de ]»èlerins, do passagers, de pauvres, de parasites de toute sorte, si Fagha ne venait apporter son contingent ; et je tiens d'une personne bien informée c{ue ses dépenses pour la zaouia s'élèvent à |)lus de quatre-vingt mille francs par an'.

Accom[)agnés du cheikh, nous avons visité le tombeau ombragé des étendartls de soie des marabouts,

' lîiciis dont lo lovcnu est consitcPL- à poipôtuilé n Dieu un it une z;iniii,i, MU nue mosquée, quelquefois à la Mekke et à M» Vline.

* Ces zaouias, sur toute la surface de TAIgiTie, n'(!nt d'autros revenus, ainsi que je TaiMit, que les legs et les dons des fidèles. Kli bien, partout l'iles sont riches et vivent largement.

2S(i A TllAVKllS LA KABYLIE

de In famille de Si-Ben-Ali-Chcrif, au bruil des réeitations des jeunes étudiants qui étaient assis sur les pierres des tombeaux, à l'ombre de deux noyers gigantesques renommés dans tout le pays.

Nous nous assîmes nous-mêmes dans le cimetière auprès du cheikli, vieillard fort savant qui |)arle assez bien le français. La conversation roula sur les études des jeunes gens confiés à ses soins, sur le degré d'instruction qu'ils peuvent acquérir; on [)arla d'histoire, de progrès, de civib'sation, et aussi un peu de religion. Sur ce j)oint le cheikh qui nous avait fait certai- , nés concessions sur le mode d'enseignement que je trouvais défectueux, fut intraitable. La seule, la vraie, la bonne religion, c'est celle de l'islam ; et force nous fut de céder, pour ne pas désobhger un vieillard qui nous avait bien accueilli et qui n'admettait pas de discussion sur ce point délicat.

A son tour il nous parla de la religion chrétienne, de ses prophètes, des a])ôtres, de Jésus-Christ qu'il appela Sidna-Aïssa, notre Seigneur Jésus; de Sidna- Meryem, la mère de Jésus, (|ui est eli grande vénéra^ lion parmi les Arabes. Il nous raconta quelques-unes de nos légendes de lu Bible, mais arrangées à sa manière, embellies de la poésie de l'Orient, et ces récits

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