‹ À travers la KabylieChapitre 52 sur 70 · REUNION DE FEMMES KABYLES · texte numérisé non relu

REUNION DE FEMMES KABYLES

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cullc que leiii' accoi'dc la loi de |>ien(lie plusieurs l'enuiies légitimes ^ Mais (juelque iiilime que soil leur condition, elles n'eu inspirent pas moins de loi les passions, souvent terminées par quelque drame bien lugubre, par quelque meurtre éclatant.

11 n'est pas rai'c cependant de voii-, cliez les Kabyles surtout, les l'emmes prendre sur les liommes de leurs villages un certain ascendant; soit par leuipiété, leurs vertus, leur courage. On cite dans un village des llloulen. une vieille femme dont Tintelligence avait été mise à contribution pour régler les différents, les altercations qui s'élevaient entre les femmes du pays. Elle mettait dans ces fonctions une gravité et une équité (pii faisaient accepter sans nuirnuu'e tous ses jugements. Elle condamnait les délinquants à une légère amende au ])rofit des pauvres, et quelquefois, dit-on, dans les cas graves, elle inlïigeait elle-même aux coupables ces corrections manuelles, d'ordinaire réservées aux eid'ants.

Lors des expéditions faites eu Kabylie en 18 17 et

• En Algérie l'usage c?! de se borner à deux, en Turquie, en Egypte quatre. Ce qui fit dire à Napoléon : « Mahonied a j)erniis quatre lennnes à riionime et il a bien l'ait ; car le même bomme peut avoir ainsi un éclianlillon des quatre principales races du globe, la blanclie, la noire, la rouge, la jaune, n

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1857, ou a vu souveut des l'emmes mêlées aux Kabyles daus les combats, les excitant par leur présence, i)ar leurs cris, par leurs you! you! répétés'; les montagards marchaient couVageusement au combat, bravaient la mitraille et se faisaient tuer plutôt que de se rendre, car du haut de leurs villages les femmes les contemplaient.

Le costume des femmes kabyles, que nous avons pu voir, est des plus sommaires; il se compose de deux morceaux d'étoffes descendant jusqu'aux genoux, réunis sur les épaules par des é})ingles et serrés à la taille par une ceinture de laine. Ce vêtement n'a donc pas de manches, et laisse à nu les aisselles, les bias et les deux côtés du corps. Un haik très-court couvre à ]>eine les reins, et est retenu sur la tête par une écharpe roulée en turban. Ces vêtements sont d'ordinaire trune malpi'opreté repoussante et répandent une odeur infecte. On me dit cejiendant ([u'elles changent de vêtements quand leurs tra^aux sont terminés, et les jours de fête ; elles se couvrent alors les bras, les jambes, le front, la poitrine de bijoux d'ar-

' Ces you ! you ! sont des cris que poussent les femmes en sif^ne de joie, de 1.1'ionnilic ou de douleur et qu'elles saccadent par des battements des doigis sur les lèvres.

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