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cl'anvt d'une niiiuUe (|iii semble une heure, lanl elle est longue à s'écouler. Toul à coup une troupe se détache, et, l'arme au bras, marche rapidement, en tournant les Kabyles parla droite; elle avance en bon ordre, malgré les difficultés du chemin. C'est la légion étrangère. Les Kabyles se groupent, font face à ce danger imytrévu et commencent sur ces nouveaux assaillants un feu des plus nourris. Les soldats marchent toujours; leur commandant Manginest à cheval à leur tète, et bientôt ils abordent le retranchement, y pénètrent en masse. Iu;mt tout ce qui s'y rencontre. Les zouaves s'élancent de leur côté, entrent de face dans la bari'icade et continuent la boucherie. Les Kabyles, se voyant coupés, iiiienl, en descendant la montagne.
Les deux corps l'éuuis monlenl ensemble sur Icheriden. (|ui ne peut tenir longtemps eonire la fureur de nos soldais. Les Kabyles làclienl pied, loul en eonlinuant à se défendre et se nicllcnl en ictrailc par la ^allée des Beni-Yenni et par le chemin lortueux (|ui Cdiiduil (richeriden à AgnemoMii-i/cn, chez les Beni- Halen. On les poursuit: mais, dcnière chaque arbre. à fabri des rochers, profitant de toutes les sinuosités du chemin, les Kabyles foui un feu meurtrier sui'
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nos soldais. Ils s'éloignent cependant, et bientôt la l'usillade cesse loul à fait.
La 2' brigade, l'état-major, s'avancent alors et viennent camper snr Iclieriden. Quel triste speelacle s'offre sur leur passage ! De tous cotés les cadavi'es sèment la l'oute : ici des blessés gémissent sous le bistouii du chirurgien; là des mourants sont enlevés et portés aux ambulances; d'autres implorent des secours. Les barricades, faite:, de poutres, de troncs d'arbres, de pierres, de portes, enchevêtrées dans les rochers, sont ouvertes avec jieine et témoignent d'iuie résistance acharnée. Derrière ces retranchements, le sol est couvert de débris de cartouches et de sang. Les cadavres sont rangés à la file, et leurs visages contractés, leurs yeux vitreux semblent encore nous menacer.
La défense et la prise (ricliciidcn coùtèienl bien des vies à la France. Trois uni le Kabyles, bien l'ctranchés, tirant à canons appuyés sur d'étroites meurtrières, défendaient tous les passages. Comme toujours, nos braves trou|)es se jetèrent tète baissée dans ce ])éril et payèrent de leur vie leui' léméiiié. Aussi le chiffre des j)ertts en morts et en blessés bit-il considéi'able ! Mais l'effet moral fut énorme en Kabviie et amena l'ébranlement de tout le pays. L'armée ne
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trouva plus, à dater de cette vicloiie, que des résistances partielles produites par ce préjugé d'honneur national qui veut que le Kabyle ne se soumette qu'après avoir eu sa journée de poudre. 11 n'y eut plus de ces réunions de contingents pour la défense du pays et de la religion des ancêtres.
Mais ce n'était pas tout de conquérir pied à pied cette partie du Djurjura, il fallait conserver la conquête ; il fallait s'implanter au milieu des villages conquis et y fixer à jamais notre drapeau. Tout en laissant aux Kabyles leurs lois, leurs coutumes, leur autonomie en un mot, le maréchal Randon voulut établii' sur le plus haut plateau une forteresse qui tînt en respect ces tribus |remuantes, toujours animées de cet esprit d'indépendance inhérent au caractère, et une route qui la reliât avec Alger. Toute l'armée quitta le fusil pour la pioche, et, en moins de trois semaines, malgré des obstacles incroyables, une route de six mètres de large, de vingt-huit kilomètres de long, se traçait entre Thizzi-Ouzzou et Souk-el-Arba. Bientôt les murailles de cette forteresse se dressaient au sein de la Kabylie, et les Kabyles, dans leur poétique langage, l'ont nommée le Fantôme blanc.
Dès ce jour, ils pouvaient s'avouer vaincus. C'est