‹ À travers la KabylieChapitre 67 sur 70 · I.K TURCO SATISIAIT · texte numérisé non relu

I.K TURCO SATISIAIT

le général Reiiaull avec relie fainiliarilé |»arhciilière aux Arabes :

— Mon général, dit-il en langage sabii- : irahajar baroiU bono, Imbajar terra makach! travailler la poudre, c'est bien; travailler la terre, non.

Le général sourit, et, caressant la joue du lurco d'une tape amicale, il lui dit, dans le môme langage :

— Faisons la roule d'abord, et après nous travaillerons la poudre beaucou}) {trabajar barout besef).

Le turco, satisfait, retourna au travail.

La route descend dans la vallée par des lacets faciles, puis traverse le village de Sikkou Medour, qui n'était autrefois que remplacement d'un camp français.

Bientôt le bordj de Thh%i-Ou%%ou (le col des genêts épineux) apparaît. C'était une vieille construction turque; c'est aujourd'hui une ville qui se fonde; ce sera demain un centre important de commerce. Les Kabyles y apportent leurs olives, leurs figues, leurs raisins, emportant en échange du blé, des denrées ou des produits de notre industrie qu'ils commencent à apprécie!'.

Tliizzi-Ouzzou est dans une vallée, car nous avons quitté les montagnes, cl on les aperçoit déjà dans un

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lointain de quinze kilomètres. Il n'y a plus que des collines et des vallons ; en approchant de la mer, les terrains s'abaissent et descendent en pente douce jusqu'au rivage de Dellys. C'est encore la Kabylie, mais la Kabylie de la plaine, et les habitants indigènes ont les mœurs plus douces que leurs frères de la montagne. Mais avec les montagnes a dispaini la puissante verdure des plateaux élevés ; les ai'bres sont devenus rares, on ne rencontre plus que des champs de blé ou d'orge et de maigres prairies déjà grillées par le soleil de juillet.

Thizzi-Ouzzou, comme toutes les villes nouvelles, n'a de curieux que quelques ruines romaines sans importance, restes de ce squelette immense couché sur ce vaste pays, témoins muets de la puissante volonté, de l.î grandeur de ce |ieuple romain qui, voulant laisser parloul où il avait |tassé renq)reinle de son génie, semail derrièi'e lui des monuments, comme les jalons de la loute parcourue. Nous nous y arrêtâmes quehpies heures à peine; le lendemain, nous quittions Thizzi-Ouzzou, cl, traversant au galop des quatre chevaux de notre diligence l'harrach, autrefois un marais insalubre, aujounTliui un centre ini|i(iilMnl de population, la .Maison-Carrée, ancienne

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caserne Uii'que, a|»|)r<^|>ri(''i' à iiiio maison ccnliale de détenus arabes, nons arrivions en qnalre lienres à Alger. Noire voya«j,e élail lini.

J'en ai lini anssi iwcv ces souvenirs de voyage, semés de croquis que d(>s mains plus exercées (jn(^ la mienne ont rendus vivants et ])ittoresques, souvenii's qui ne bi'illent ni par l'intérêt du récit, ni pai- l'exhibition d'une science que je n'ai pas, ni même, i)eulètre, pai' Tobseï vation ; mais j'aurai alloinl mon but si j'ai intéressé à ce beau pays d'AlVique le leclcnr indulgent, et je lui dii'ai en leiininant, connue toutes les comédies espagnoles:

« Excusez les l'autes de l'auteur. »

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