HENRI DE LAPOMMERAYE I
Ton fait aux petits chiens malpropres, iliui trempa le nez dans son article.
L'attaque avait été perfide et rude; la riposte fut cinglante comme un coup de cravache, accablante comme un coup de massue. La querelle est ^ceinte aujourd'hui, les deux adversaires sont morts 5 mais l'étude écrite par Henri de Lapommeraye aur Molière et Bossuet mérite de survivre au bruit de la polémique, car elle est très originale et très instructive, car elle rapproche bien spirituellement deux hommes qui durant leur existence ne s'aimèrent que médiocrement, mais dont les œuvres demeurent, celles de l'un pour la gloire de l'humanité, celles de l'autre pour l'orgueil de la chaire chrétienne.
En 1878, H. de Lapommeraye fut chargé au Conservatoire de musique et de déclamation du cours d'histoire et de littérature dramatique qui, supprimé en 18^*8 après avoir été professé par le comédien Samson, venait d'être rétabli par le ministre de l'Instruction publique et des Beaux- Arts, M. Bardoux.
Deux ans plus tard, à l'occasion du 14 Juillet, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur.
Au fur et à mesure que les jours s'égrènent et
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que l'âge vient, tous, sans excepter ceux qui pour conquérir le monde étaient partis au pas accéléré, tous nous songeons à ralentir notre marche, à en modérer l'allure. La lassitude qui se fait sentir donne à penser aux plus énergiques. On renonce à la course effrénée des années de début, si généreusement mais si follement entreprise. On devient philosophe et on aspire, sinon au repos absolu, du moins à la promenade douce, à la promenade qui n'essouffle pas! On regarde derrière soi et on se flatte d'avoir parcouru un beau bout de chemin; puis on regarde devant soi et on s'aperçoit que l'on est toujours loin du but poursuivi, que la route à achever s'étend et se déroule à perce de vue, toujours aussi longue en dépit des étapes franchies, interminable. Alors, par sagesse ou paresse, on se rerire de la lutte, on dit adieu à ses velléités d'antan, on se résigne à ne pas escalader le ciel, et pour ménager ses forces, pour profiter des derniers beaux jours, on calcule ses efforts, on devient avare de soi-même. Jamais Henri de Lapommeraye n'a connu ce sentiment. Jusqu'à ses dernières heures, il s'est absorbé en mille occupations diverses, toutes fatigantes, presque toutes ingrates, sans autre souci que de satisfaire à la tâche quotidienne et