‹ A travers la vie (notes de littérature)Chapitre 15 sur 22 · SES ORIGINES · texte numérisé non relu

SES ORIGINES

par l*abbé Joseph Lémann*

[oici bientôt un siècle — et ça dure cent ans, un siècle! — que la question juive est à Tordre du jour. C'est une actualité perpétuelle. On n'abandonne le débat que pour le reprendre avec plus d'ardeur, les polémiques ne s'assoupissent que pour se réveiller plus passionnées et plus âpres. Après bien des fluctuations, l'opinion est entrée dans une crise aiguëquelescoupsdeclaironsouventplus sonores que justes, mais toujours vigoureuxde M. Edouard

• Victor Lecoffre, éditeur.

Drumonc et de ses séides ont rendue plus aiguë encore. Les Juifs ne nous occupent plus seulement, ils nous préoccupent.

Dans l'ancienne société, le Juif était traité en paria; dans la société contemporaine, il est traité en roi. Pourquoi? Sous l'égide de quelle loi a-t-il pu, en un temps relativement très court, passer de cette indignité qu'il méritait presque, à cet excès d'honneur qu'il ne mérite guère?

M. l'abbé Joseph Lémann s'est chargé de répondre à cette question.

ce Nous ne venons pas — écrit-il — appeler l'attention sur la prépondérance juive, ce qui n'est plus nécessaire ; encore moins la préconiser, ce qui serait un mal; mais nous venons l'expliquer.

ce On sait vaguement qu'elle est issue delà Révolution française, mais on ignore les circonstances et les péripéties de sa genèse. Ce livre les raconte. »

Quelques pages plus loin il ajoute :

c( Deux faits d'une incalculable gravité se juxtaposent au début de la Révolution : le renvoi du Christ et l'admission des Juifs. »

Attachons-nous au second de ces faits.

L'Assemblée constituante en proclamant d'une façon absolue, le 12 août 1789, que les hommes

naissent libres et égaux en droits* ; que la loi doit être la même pour tous, soit quelle protège, soit quelle punisse**; que tous les citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents***; — l'Assemblée constituante mit aux mains des Juifs le levier avec lequel ils devaient d'abord entr'ouvrir, ensuite jeter hors de ses gonds la porte qui leur barrait le passage.

Aveuglée par son humanitairerie, — généreuse, il faut le reconnaître, mais imprudente, il faut le reconnaître aussi, — la Révolution ne se contenta pas de les armer d'une arme terrible, elle poussa la sollicitude, sans le vouloir peut-être, jusqu'à leur indiquer la manière de s'en servir etle point précis où ils devaient frapper.

A peine la Déclaration des Droits de l'homme était-elle votée que les Juifs en faisaient une machine de guerre.

ce Machine de guerre! s'écrie M. l'abbé J. Lémann, c'est bien le terme qui convient. On donnait autrefois ce nomades instruments, à des

* Déclaration des Droits de l'Homme, article !•'. ** Déclaration des Droits de THomme, article vi. *** Déclaration des Droits de THomme, article vi.

constructions, qui servaient à abattre des murailles, à faire brèche et à couvrir les assiégeants. Les anciens étaient très habiles à construire et diriger ces machines ; l'invention de la poudre à canon en a totalement fait perdre l'usage. Mais les Juifs sauront le retrouver dans la fameuse Déclaration; elle va leur servir à abattre les murailles, en France d'abord, à démanteler partout la société, mais en restant couverts*! »

Dès avant le vote du 1 2 août 1 789, ils s'étaient agités. En lySj*, la ville de Metz avait mis cette question au concours : Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en France? Deux années avaient été données aux concurrents pour rédiger et déposer leurs mémoires. C'était un laps de temps fort convenable. Sept manuscrits furent envoyés; deux furent distingués et tout semblait terminé lorsque soudain la durée du concours fut prorogée jusqu'à la fin de 1788. Or, depuis quatre ans déjà des Lettres Patentes du Roi avaient adouci sensiblement le sort rigoureux des Juifs d'Alsace; les péages corporels auxquels ils étaient soumis avaient été abolis et Louis XVI faisait étudier la question de leur émancipation par une

* La prépondérance Juive, page 63 .

Commission du Conseil d'État, présidée et dirigée par Malesherbes. Insignifiant en apparence, ce fait de la prorogation du concours avait sa portée. Il dénotait chez les intéressés le ferme dessein de forcer l'attention publique et de la préparer selon leurs vœux. Le concours de Metz fiit un travail avant la lettre, quelque chose comme un ballon d'essai. Au nombre de ses lauréats et le premier sur la liste figura le curé d'Emberménil, Grégoire, pour lequel la question des Juifs devint bientôt un merveilleux tremplin.

<r Flatté de leurs éloges et de leurs marques de confiance, il voulut faire de leur affranchissement son affaire. Un peu avant l'ouverture des États Généraux, le 23 février 1789, il avait écrit en ces termes, à l'un des plus influents d'entre eux, Isaïe Bing, de Metz : ce Dites-moi donc, mon cher Bing, c( à la veille des États Généraux, ne devriez-vous « pas vous concerter avec d'autres membres de ce votre nation, pour réclamer les droits et les « avantages des citoyens? Plus que jamais, voici a le moment*. »

Son conseil fiit entendu. Au printemps de cette même année, six Juifs de première marque lui

* Archives israélites, 1844, page 416.

furent expédiés. Il les logea chez lui et la campagne commença.

Elle s'ouvrit par un échec. Le 3 août, Grégoire ne put, malgré ses efforts, se faire écouter par FAssemblée. Il se consola en publiant la motion qu'on n'avait pas voulu entendre. Dans la notice historique mise en tête de la brochure se trouve cette phrase : Tuisse ma motion qui n'a pu êtrepro' noncée à VcAssemblée nationale , disposer le public en faveur des Juifs.

Tout le plan des Juifs est dans ces quelques mots : ce Us s'adresseront aux représentants du peuple, et si les représentants ne les accueillent pas comme ils veulent être accueillis, ils s'adresseront au peuple plus impressionnable, plus facile à entraîner et aussi à duper. »

Le 1 2 août fut votée la Déclaration des Droits. On sait quel mystère plane sur sa genèse et sur ses auteurs, a Introduire devant l'Assemblée nationale pour être votée et acceptée, elle n'a jamais

révélé l'antre véritable où elle a vu le jour

A l'origine des constitutions fondamentales des peuples, au berceau des législations, on rencontre des noms qui, semblables à d'antiques chênes, ombragent ces législations en même temps qu'elles immortalisent leurs auteurs. Ici, rien de

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semblable. Aucun nom propre, radieux, ne peut être invoqué; c'est un produit, une progéniture sur laquelle il faut inscrire cette désignation impure et sombre : Légion*. »

En quelques pages du plus haut intérêt, M. l'abbé J. Lémann a reconstitué avec beaucoup de force cette mystérieuse genèse. Il a résumé très clairement la part considérable que prirent les sociétés secrètes, non seulement en France, mais à l'étranger, dans cette conception clandestine. Il a établi d'une façon extrêmement sérieuse — sur de graves présomptions à défaut de preuves formelles — que les Juifs n'y furent pas absolument étrangers et que pour avoir été occulte et indirecte, leur influence n'en exista pas moins. La journée du 1 2 août leur donna bataille gagnée. La Déclaration des Droits ne les faisait pas citoyens français, soit; mais elle leur donnait le moyen de le devenir. Il ne s'agissait plus pour eux que d'être habiles et persévérants, or, sous le rapport de la ténacité et de la ruse, nul animal connu, pas même la femme ou le baudet, ne peut rivaliser avec le Juif.

Dès le 26 août, une adresse fut présentée à

* La prépondérance Juive, page 72.

r Assemblée nationale par les Israélites résidant à Paris, et, simultanément, apparut V adresse des Juifs alsaciens au peuple d'cAlsace, Les premiers demandaient à être reconnus comme citoyens :

ce Sans doute, et nous aimons à le penser, — disaient-ils, — votre justice ne demandait point à être sollicitée, ni prévenue par nos vœux. En restituant à l'homme sa dignité première, en le rétablissant dans la jouissance de ses droits, vous n'avez entendu faire aucune distinction entre un homme et un autre homme; ce titre nous appartient comme à tous les autres membres de la société; les droits qui en dérivent nous appartiennent donc également. Voilà la conséquence, rassurante pour nous, qui résulte des principes fondamentaux que vous venei d'établir. Aussi nous sommes certains désormais d'avoir une existence différente de celle à laquelle nous avions été voués jusqu'ici. Le titre d'homme nous garantit celui de citoyen; et le titre de citoyen nous donnera tous les droits de cité, toutes les facultés civiles, dont nous voyons jouir, à côté de nous, les membres d'une société dont nous faisons partie *. » Quant aux Juifs d'Alsace, trop connus comme

* Pages 2 et 3 de l'Adresse.

usuriers pour pouvoir se mettre en avant, ils s^engageaient, avec toutes sortes de circonlocutions affriolantes et d'ai^uments enfarinés, à ressembler dorénavant à leurs honorables coreligionnaires et confrères de Paris. Cette tentative avorta misérablement. « ^Assemblée n'eût pas l'air de s'apercevoir, à plus forte raison de s'émouvoir, de l'Adresse des premiers ; et l'Alsace, à la lecture de l'Adresse des seconds, n'en éprouva que plus d'exaspération*. »

Battus une première fois, les uns et les autres reviendront bientôt à la charge.

Le 14 octobre, à l'avant-demière séance de l'Assemblée à Versailles, Grégoire obtient que les six Juifs composant la députation-de Lorraine et d'Alsace soient introduits pour présenter leur requête. Le morceau était habile ; les ambassadeurs étaient retors. L'Assemblée, touchée de la bonne foi et de l'humilité qu'on lui faisait paraître, promit de ce prendre la requête en considération », — ce dans le cours de la cession présente », — fit ajouter Grégoire.

Les 21, 23 et 24 décembre, l'affaire fut officiellement appelée. Concurremment avec les

* La prépondérance Juive, page 116.

Juifs se présentèrent pour réclamer les droits civils dont ils étaient privés, les protestants, les comédiens et le bourreau. Le bourreau, les comédiens et les protestants obtinrent satisfaction; quant aux Juifs, l'examen de leur sort fut ajourné *.

a L'Assemblée constituante fut généreuse, très généreuse pour les Israélites, — écrit M. Tabbé J. Lémann, — mais à son corps défendant; elle se montra inquiète et sérieuse, très inquiète et très sérieuse, dans l'examen de cette question; elle fut souverainement imprévoyante et imprudente dans sa solution, mats d'une façon fatale, en vertu des principes qu'elle avait orgueilleusement proclamés et qu'elle a dû subir en cette circonstance**. »

En vérité, cette assemblée que M. Taine***a déclarée — avec sévérité mais non sans raison — idéologue, novice dans la pratique, théâtrale, surexcitée et présomptueuse, n'était pas faite pour résoudre la question juive. Elle le comprit peut-être, car elle en eut manifestement peur et

• Voir le décret de la Constituante, Moniteur, 24 décembre 1789.

** La prépondérance Juive, page 154.

*•* Les Origines de la France contemporaine; la Révolution^

a LA PRÉPONDÉRANCE JUIVE » I29

ne donna la solution qu'on exigeait d'elle que contrainte et forcée. Acculée dans l'impasse où, imprudente, elle s'était engagée, il lui fallut, bon gré malgré, sauter le fossé.

D'ailleurs, si l'émancipation des Juifs était défavorablement vue de la majeure partie des représentants, si parmi eux elle rencontrait des adversaires acharnés comme Rewbell et l'abbé Maury, elle y comptait aussi des partisans dévoués, comme Grégoire, Robespierre, Duport, Mirabeau, Talleyrand, Rœderer.

M. l'abbé Lémann a retracé avec beaucoup de talent les portraits de ces combattants, le rôle joué par eux dans les débats et la marche de la question, malheureusement je ne puis le suivre dans ces études, quelque curieuses qu'elles soient. Entre ces hommes, la lutte fut ardente. L'Assemblée, toujours indécise et craintive, mit deux ans à rendre le décret qu'on lui demandait, et elle le rendit en onze fois, lambeau par lambeau.

Cantonnés dans le quartier de la rue Brisemiche, organisés comme un véritable parti, habilement dirigés par des chefs intelligents tels que Cerfberr et Berr-Isaac-Berr, les Juifs employèrent tous les moyens pour séduire et toucher l'Assemblée. La supplication obséquieuse

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et servile*; For, éloquent et irrésistible, firent tour à tour leur office. Puis ils appelèrent la logique à la rescousse : a Nosseigneurs, — disaient-ils dans la U^uvelle (Adresse du 24 décembre 1789, — nous nous confions à vous tous; et votre respect connu pour les droits de r homme, V impossibilité où vous êtes aujourd'hui de vous mettre en contradiction avec tous les actes de sagesse et de justice qui sont émanés de vous, la douleur que vous auriez de déshonorer par une injustice éclatante une constitution qui doit faire le bonheur de la France et l'objet de l'admiration des étrangers, tout nous garantit que notre cause... etc.. » Le reste se devine.

L'Assemblée ne répondait toujours pas.

Alors, ûc ils employèrent un dernier moyen, celui-là occulte et détourné, répréhensible en tous points, le recours aux faubourgs et à la Cornmune ». a II y a un homme qui est resté à peu près inconnu devant l'histoire, — dit M. Tabbé J. Lémann, — et qui cependant, alors que la cause de l'émancipation semblait enrayée pour un temps indéfini, a tout brusqué, tout décidé, tout emporté : c'est l'avocat Godard. On le dési-

* Voir Nouvelle Adresse des Juifs à l'Assemblée nationale »

« LA PRÉPONDÉRANCE JUIVE » l]!

gnaità Paris, en 1791, sous cette dénomination : le jeune avocat des Juifs. Or, la providence a permis que son portefeuille concernant les Juifs, ses papiers d'avocat dévoué à leur cause, soient tombés entre nos mains. C'est à Marseille que nous avons fait, il y a vingt-cinq ans, cette découverte; elle est vraiment précieuse, puisqu'elle nous permet de révéler, à l'aide de documents authentiques et incontestables, la dernière phase de l'émancipation juive : sa phase jacobine. »

Il n'est pas besoin d'insister sur l'intérêt capital que présente cette dernière partie du livre de M. l'abbé Lémann. Le Juif appelant à son aide la Commune et les districts pour/<7rc^r l'Assemblée constituante à lui reconnaître la qualité de citoyen français, c'est un fait caractéristique.

Grâce au jeune Godard, le succès ne devait plus se faire attendre longtemps. Jusqu'à présent, les Juifs n'avaient eu que des partisans, des avocats, des apôtres ; ils auront désormais à leur tête un agitateur. Ênergumène retors, tribun populacier, ouvrier du faux-fuyant, ambitieux sans âme, Godard était bien l'homme qu'il leur fallait.

On reproche aux Juifs de n'aimer aucune patrie et de ne pas vouloir être soldats, il en

costume cinquante en gardes nationaux et les amène, décorés de la cocarde tricolore, à l'Hôtel de Ville, un jour de réunion générale de la Commune. Là, ce il demande en faveur de ses clients un certificat moral qui lui permette de se présenter au nom de la ville de Paris devant les députés de l'Assemblée nationale et de les amener de la sorte à faire une loi favorable aux Juifs. Il prononce ces paroles: a Ce n'est pas a faire la loi, mais c'est la préparer par l'opinion; a c'est rendre les œuvres du législateur plus face ciles, et transformer, pour ainsi dire, à l'avance, ce ses intentions en décrets, en sorte que tous les ce genres de gloire, Messieurs, semblent vous être a réservés. Tantôt vous secondez une loi déjà faite, ce en la consacrant promptement par l'opinion ; ce tantôt c'est une loi à faire que vousprépare\par des ce actions j par des faits, par un ensemble de conduite ce que les législateurs semblent vous demander, et dont ce ils ont besoin pour opérer tout le bien quil est dans (( leur désir de faire. Il n'y a point de préjugés qui « puissent résister à cette puissance incalculable (( de l'opinion qui prépare la loi ou de la loi ce qui est secondée et consacrée par l'opinion*. »

* La prépondératice Juive, page 200.

ce La Commune — ajoute M. l'abbé Lémann* — se montra favorablement disposée. Mais pour la décider entièrement à intervenir auprès de l'Assemblée nationale, les Juifs, toujours conseillés par Godard, tentèrent un coup hardi. Ils entreprirent la tournée des différents districts, sollicitant et recueillant, sous forme de signatures, l'approbation de chaque district en faveur de leur émancipation. » Cinquante-neuf districts sur soixante approuvèrent leur demande. Forts de cet appui et porteurs d'une adresse des représentants de la Commune, l'avocat Godard et l'abbé Mulot**, conduisant une députation envoyée par l'Hôtel de Ville, se présentèrent à l'Assemblée nationale le 2 y février 1790. En dépit de tant d'efforts, la question fut encore ajournée. Du 26 février 1790 au 7 mai 1791, trois nouvelles tentatives*** furent faites auprès de la Constituante, mais le résultat demeura toujours le même : un ajournement ou de minces concessions.

De nouveau on se tourna vers la Commune et de nouveau la Commune accorda son appui.

• La prépondérance Juive, page 206.

** L'jibbé Mulot était le président de la G)mmune.

*** 16 avril 1790; 20 juillet 1790; 18 janvier 1791.

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On s'adressa aussi au jacobin Duporc, — le sombre enthousiaste, comme Tappelte M* Tabbé J. Lémann, — et Duport promit d'employer tout son pouvoir, qui était grand, à vaincre les résistances de ses collègues de l'Assemblée.

Nous sommes au 27 septembre 1791.

C'est l'avant-dernière séance de la Constituante; il n'y a plus de temps à perdre. Duport tient sa promesse, il plaide avec son inflexible logique la cause de l'émancipation juive et demande a qu'il soit décrété que les Juifs jouiront en France des droits de citoyen actif ». Rewbell, leur acharné adversaire, veut répliquer, mais Régnault de Saint-Jean-d'Angély lui ferme la bouche avec cette phrase mémorable: a Je demande qu'on rappelle à Tordre tous ceux qui parleront contre cette proposition, car cesi la Constitution elle-même quils combattront I »

L'Assemblée était vaincue. Elle n'avait plus qu'à capituler. Elle s'y résigna.

Voici, tel qu'il se trouve aux archives natio* nales, le décret d'émancipation :

(( Louis, par la grâce de Dieu et par la loi con-

« LA PRÉPONDÉRANCE JUIVE » 13f

stitutionnelle de l'État, roi des Français ; à tous présents et à venir, salut.

a L'Assemblée nationale a décidé, et nous voulons et ordonnons ce qui suit :

DÉCRET DE l'aSSEMBLÉE NATIONALE DU 27 SEPTEMBRE I79I

a L'Assemblée nationale, considérant que les conditions nécessaires pour être citoyen français et pour devenir citoyen actif sont fixées par la Constitution, et que tout homme qui, réunissant lesdites conditions, prête le serment civique et s'engage à remplir tous les devoirs que la Constitution impose, a droit à tous les avantages qu'elle assure :

a Révoque tous les ajournements, réserves et exceptions insérés dans les précédents décrets, relativement aux individus juifs qui prêteront le serment civique. Mandons et ordonnons à tous les corps administratifs et tribunaux, que les présentes ils fassent consigner dans leurs registres, lire, publier et afficher dans leurs départements et ressorts respectifs, et exécuter comme loi du royaume. En foi de quoi nous avons signé

les présentes, auxquelles nous avons fait apposer le sceau de l'État.

ce Signé: Louis. »

Et scellées du sceau de l'État.

Et plus bas : a M. L. F. Du Port. »

C'en était fait. L'Assemblée nationale avait dû voter et le roi Louis XVI signer le décret funeste qui émancipait les Israélites sans réserves, sans précautions, sans ménagements.

Ivre de grands mots, la Patrie Française se prostituait au Juif-Errant, — on sait ce qu'il lui en a coûté!

Le oMystificateur

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