‹ A travers la vie (notes de littérature)Chapitre 20 sur 22 · L AVENTURE DE M. G. OHNET · texte numérisé non relu

L AVENTURE DE M. G. OHNET

M. Ohnet ne mérite que de rentrer dans Tombre d'où il n aurait pas dû sonir, mais il mérite de rester pour l'éducation des races à venir, comme ayant donné lieu à un des plus beaux accès de fausse vertu de cette fin de siècle.

Son exemple pourrait apprendre aux hommes le peu de cas qu'ils doivent faire de la popularité, de la gloire et aussi des appréciations de la presse. S'il m'était même permis d'émettre un voeu, je souhaiterais qu'on collectionnât les louanges et les injures adressées à M. G. Ohnet par les mêmes plumes. Cette collection serait féconde en rapprochements édifiants. Elle constituerait, j'en suis sûr, un des spectacles les plus drôles qui se puissent concevoir et, à cette heure ou l'avenir paraît sombre, il ne saurait être mauvais d'emmagasiner des sujets de rire.

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Thiloclès par M. Mario de la Tour

lE Thiloclès de M. Mario de la Tour est assurément une des meilleures

parmi les œuvres représentées jusqu'à

ce jour par le 7héàrre des Toères. On aurait dû lui faire les honneurs du Second Théâtre-Français. Quelques coupures discrètes, quelques retouches légères, et il en était parfaitement digne. Tel qu'il est même il les méritait, lui qui ne les a pas eus, infiniment plus que beaucoup de pièces qui les obtiennent, sans les mériter d'ailleurs.

Je ne sais si M. Mario de la Tour a porté son manuscrit à des directeurs de théâtre, mais je parierais gros que s'il le leur a offert, ils se sont empressés de le lui rendre sous le premier prétexte venu, toutes les excuses étant bonnes dès qu'il s'agit d'éconduire un poète. Il faut s'appeler François Coppée pour pouvoir aujourd'hui faire représenter sur une grande scène une œuvre importante écrite en vers, et encore. Dieu sait par quelles vicissitudes Tour la Couronne a passé avant le triomphe final! Sans chercher beaucoup, on trouverait d'autres exemples de J'hostilité systématique des directeurs de théâtre à l'égard des poètes. Les mésaventures de la Femme de Socrate et de Formosa ne sont pas assurément pour contrecarrer ce que j'avance.

Théodore de Banville et Auguste Vacquerie étaient pourtant de ces gens qui, comme on dit, avaient le bras long. Il leur a fallu, malgré tout, à l'un et à l'autre des années et des années pour vaincre le mauvais vouloir de ceux-ci et l'hypocrisie de ceux-là. Quand on songe à ces choses, à toutes les misères que peuvent subir des hommes arrivés, connus, classés, que leur talent impose et que leur situation protège, on est épouvanté à la pensée des difficultés, des obstacles, des humi-

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