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CHAPITRE IV

Généralités sur le Brésil

Géographie physique. — Orographie. — Hydrographie. — Constitution géologique. — Climatologie. — Flore. — Faune. — Anthropologie.

Avant de continuer la relation de notre voyage, il nous a paru utile de présenter un exposé de la géographie générale du Brésil, de ses productions naturelles, et d'étudier sommairement, les uns après les autres, les rouages si variés qui entrent fatalement en jeu dans l'évolution d'une grande nation et en constituent la vie matérielle.

La plupart des renseignements qui vont suivre, étant d'ordre général et destinés à éviter à nos lecteurs l'ennui de faire euxmêmes des recherches plus ou moins fastidieuses, ont été empruntés à la Grande Encyclopédie, où nous conseillons de lire, dans leur ensemble, les excellents articles de MM. Levasseur, Gorceix, Maury, Trouessart, etc., réunis au chapitre « Brésil » et qui, malgré leur rédaction remontant à une vingtaine d'années, sont encore d'actualité sur les points principaux.

Depuis cette époque, le Brésil a fait d'immenses progrès dans toutes les branches de l'activité humaine, et nous avons dû compléter notre exposé en y faisant figurer de nombreux détails statistiques, empruntés à d'intéressants ouvrages publiés au Brésil même, dans ces dernières années, et qui, pour la plupart, nous ont été communiqués à Paris par la Mission d'expansion économique brésilienne.

1° GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — lyC Brésil présente une superficie seize fois plus grande que celle de la France. Dans le

monde, il occupe le cinquième rang sous le rapport de la superficie, après l'empire britannique, l'empire russe, la Chine et les États-Unis. Il comprend presque la moitié de la superficie de l'Amérique du Sud.

Ses frontières, en quelques points, n'ont été déterminées que tout dernièrement.

r,e Brésil est plus vaste que tous les pays de l'Europe ensemble, moins la Russie.

Sur cet immense espace, tous les climats sont donc représentés, ce qui explique l'extrême variété des productions naturelles.

Le Brésil est situé entre le 50940" de latitude N. et le 33O45" de latitude S., et, sans tenir compte de ses îles de l'Océan, Fernando de Noronha et Trinidade, entre le 8^1 9' 26" de longitude B. et le 3005826" de longitude O. du méridien de Rio de Janeiro.

Il occupe, en bloc, une superficie de 8.524.776 kilomètres carrés.

Il est limitrophe de tous les pays de l'Amérique du Sud, sauf du Chili et de l'Equateur. Il a pour limites, au N.-E., au S.-E. et à l'E., l'Océan Atlantique; au N., les Guyanes française, hollandaise et anglaise et le Venezuela; au N.-O., à ro. et au S.-O., la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Paraguay, la République Argentine et au S. l'Uruguay.

La côte brésilienne s'étend le long de l'Océan Atlantique en ligne brisée, formant un angle dont le sommet est le cap S. Roque et qui descend obliquement vers le S., jusqu'au fleuve Chuy. Les découpures du littoral sont peu profondes; il y a, par suite, peu de grandes baies, mais les anses, les bons mouillages et les ports sûrs sont nombreux.

Nous citerons, en descendant vers le S., à partir de l'embouchure de l'Amazone : les baies de S. Marcos, de S. José, de Tutoya.

Au delà de cette baie, la côte est basse et formée de sables si blancs qu'on les appelle Lençôes (draps de lit).

Puis les ports de Natal dans l'Etat de Rio Grande do Norte et celui de Parah^^ba, dans l'État du même nom.

De Parah^^ba jusqu'à Bahia, il existe une ligne de récifs de coraux, avec de courtes interruptions et dont une des ouvertures forme le port de Récif e, dans l'État de Pernambuco.

Nous trouvons ensuite, entre le cap S. Antonio et l'île d'Itaparica, la belle et vaste baie de Todos os Santos, dans l'État de Bahia, avec une entrée de 6 à 8 kilomètres de largeur; les baies de Camamù, Cannavieiras et Porto Seguro, près de l'endroit où la flotte de Pedro Alvares Cabrai jeta l'ancre en 1500.

Au S. de ces baies, la côte est bordée de petits récifs et de bancs de coraux appelés Itacolomis, entre le 16^49' et le i6»57' de latitude S.

Viennent ensuite les baies de S. Matheus et le port de Victoria, puis celles de Benevente, d'Itabapoana, de S. Joào da Barra, à l'embouchure du Parahyba, et celles d'Imbitiba et de Macahé.

Nous arrivons alors à celle de Rio, la plus vaste du Brésil et l'une des plus belles du monde. lycs indigènes l'appelaient Guanabara ou Nitheroy.

L'entrée de cette baie se trouve entre les montagnes du Pain-d^e-Sucre et le Pico; elle a un peu plus d'un kilomètre et demi de largeur, mais le canal est très profond et accessible aux navires du plus fort tonnage. La baie s'étend vers le N. avec des profondeurs variables; elle forme à l'entrée, au S., la pittoresque baie de Botafogo et au N.-E. celle de Jurujuba.

Au delà de Rio de Janeiro viennent les anses de Guaratiba, de Sepetiba, Angra dos Reis, d'Abrahào.

Plus bas, dans l'État de S. Paulo, s'ouvrent le port de Santos et ceux d'Iguape et d'Ubatuba. Le premier, très important, est le siège d'un commerce des plus actifs.

On trouve encore d'excellentes baies, plus bas dans l'État de Paranâ et dans celui de S. Catharina : Florianopolis, Itajahy, Sâo Francisco et Laguna.

Enfin, à l'extrême Sud, la côte est basse, ensablée et, en beaucoup d'endroits, d'accès difficile ou impossible.

La barre de Rio Grande do Sul, formée de sables mouvants qui exigent un service permanent et vigilant de pilotage, donne accès à la lagune dos Patos, qui a 3 à 4 mètres de fond.

De la barre de Rio Grande jusqu'au fleuve Chuy, qui forme la limite de l'Uruguay, la côte est sablonneuse et dangereuse.

Orographie. — Presque tout le Brésil forme un très vaste plateau de 300 à i.ooo mètres d'altitude, avec des vallées, des plaines arrosées par de nombreux et considérables cours d'eau, quelques-uns obstrués par des rapides. Les plus hautes montagnes sont à l'B., près du littoral et dans le centre, où elles forment deux longues chaînes séparées par les bassins du San Francisco et du Paraguay.

La Serra Oriental ou do Mar suit la côte de l'Atlantique depuis le cap S. Roque et va se perdre dans le Rio Grande do Sul. La Serra Central comprend les montagnes de Goyaz et de Minas Geraes à l'O. du S. Francisco et rejoint la Serra-

Oriental par une chaîne située au S. de Minas Geraes, la Serra das Vertentes.

La Serra Oriental forme une zone d'environ 20 lieues dans l'État de Rio de Janeiro; elle est quatre fois plus longue au S. de Minas Geraes et de 60 lieues à l'B. du fleuve S. Francisco.

Dans les États de Paranâ, S. Paulo, Rio de Janeiro, Espirito Santo et- le Sud de Minas Geraes, la Serra Oriental se subdivise en Serra do Mar et Serra da Mantiqueira. Les points culminants sont les Orgàos (2.232 mètres) au N. de la baie de Rio de Janeiro et dans la Mantiqueira, Vltatiaya (2.994 m.). C'est la plus haute montagne du Brésil.

La Serra do Espinhaço côtoie la partie orientale du bassin du S. Francisco; ses points culminants sont : l'Itacolomy (1.732 m.), Caraça (1.955 m.), Piedade (1.783 m.) et Itambé (1.823 m-j-

La Serra Central ou Goyana comprend deux chaînes : celle da Canastra et de Matta da Corda se dirigeant vers le N., depuis les sources du S. Francisco jusqu'à la rive méridionale du Paraguay et les montagnes du S. de l'État de Go5^az, entre les sources du Tocantins et du Paranâ. Le point culminant de la première chaîne est la Serra da Canastra où naît le S. Francisco, à 1.282 mètres d'altitude; dans la seconde, les points culminants sont les Montes Pyreneus, avec 2.310 et 2.392 mètres d'altitude.

Le grand plateau du Paranâ comprend la plus grande partie des États de Rio Grande do Sul, de Santa Catharina et de S. Paulo, la partie S.-O. de Minas Geraes, le S. de Goyaz et les hautes terres de Matto Grosso. Sa plus grande élévation est de i.ooo mètres.

L'immense plaine de l'Amazone comprend la plus grande partie des États de Matto Grosso, de Goyaz, le S. de l'État du Para, le S. de l'État d'Amazonas, l'O. de l'État de Maranhâo.

Le plateau du S. Francisco se trouve à l'O. de ce fleuve, dans la région occidentale des États de Minas Geraes et de Bahia. Sa plus grande altitude est de 800 mètres.

Le plateau du Parahyba occupe tout l'État de Piauh}-, la

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