‹ A travers le Brésil au pays de l'or et de diamantsChapitre 20 sur 50 · SANTOS · texte numérisé non relu

SANTOS

lya ville est très pittoresque. Au sortir de la gare, sur une hauteur, on aperçoit un monument : la Santa Casa de Misericordia, d'une belle architecture et dont les murs tout blancs réfractent la lumière d'un soleil ardent.

lyC port présente un aspect des plus animés.

De nombreux navires sont à quai et des théories de portefaix s'avancent incessamment, chargés de sacs qu'ils enlèvent des chariots sur leurs robustes épaules pour aller les enfouir dans les entrailles des cales profondes.

C'est un fourmillement, une mer humaine !... et, chose rare, pas une dispute ! Tout ce monde travaille et vit dignement. Il n'a rien de commun avec cette catégorie interlope et cosmopolite de certaines de nos villes méditerranéennes, qui

constitue la lie de la population. Ici ce sont de braves gens, des travailleurs... On peut, paraît-il, avoir en eux pleine confiance.

Les rues de Santos sont bien tracées, ombragées de beaux palmiers, bordées de riantes habitations, entourées de jardins dans lesquels s'épanouit toute la flore tropicale.

J'ai noté la Rua Braz Cubas, la Rua General Camara. Puis de jolies avenues, d'une remarquable propreté.

De même que dans toutes les principales villes du Brésil, les moyens de transport sont ici très bien compris ; des

SAXTOS. — Un coin du jardin public.

tramways, partant du voisinage de la gare, s'élancent dans toutes les directions et permettent d'atteindre des points assez éloignés.

L'un d'eux, que j'ai pris, suit un itinéraire intéressant et aboutit au bord de la mer, à un endroit où existe un établissement balnéaire.

Rien n'est plus gracieux que le paysage boisé qui forme le fond d'une baie, au milieu de laquelle surgissent des îles verdoyantes.

L'endroit s'appelle Praia de Banhos.

vSur r arrière-plan s'étend une chaîne montagneuse, couverte

de forêts dont la couleur sombre se marie gracieusement au bleu du ciel qui en baigne les sommets.

Puis la Praia das Tartarugas, avec sa côte rocheuse et ses massifs de verdure d'où émergent les troncs élancés des palmiers et les cimes en parasol des pins du Paranâ.

Dans certains points, à « Ilha Porchat », notamment, le paysage est d'un pittoresque inoubliable et l'on resterait des heures entières à rêver et à écouter le bruit de la mer qui déferle au milieu des rochers, qu'elle couvre d'une neige écumante.

On peut regagner la ville par une autre ligne que celle que l'on a prise pour venir et il y reste encore bien des points intéressants à visiter. Je ne puis passer sous silence le jardin public, fort joli parc, admirablement planté, où l'on jouit d'ombrages épais, dont on apprécie la fraîcheur aux heures où le soleil darde ses rayons brûlants. Rien n'est plus agréable, après ime longue promenade, que de venir s'y reposer un instant.

Dans ces conditions, les heures avaient passé rapidement et je m'aperçus que j'avais juste le temps de reprendre le train qui devait me ramener à Sâo Paulo.

Je faillis le manquer, m'étant égaré dans le dédale des rues qui entourent la gare et qui toutes se ressemblent. Mais, grâce à quelques mots de portugais que je m'efforçai de prononcer le mieux possible et surtout avec la complaisance d'un aimable négociant qui prit la peine de m' accompagner un instant, je pus arriver encore à temps.

A huit heures, j'étais de retour à Sâo Paulo, enchanté de mon excursion, grisé de soleil et d'air de montagne, et enthousiasmé du merveilleux paysage que j'avais traversé.

Je ne saurais trop recommander aux voyageurs qui viendront après moi de ne pas hésiter à entreprendre ce même trajet; ils pourront dire ensuite qu'ils ont parcouru une des zones les plus belles, les plus sauvages et les plus pittoresques du Brésil.

8 AOUT. — Sous la conduite d'un agréable compagnon dont j'avais fait la rencontre, en allant à Santos, je consacrai cette

journée à la visite d'une belle plantation de café, et je pus me rendre compte de la multiplicité des détails qu'entraîne ce genre d'exploitation.

Ayant recueilli de nombreux renseignements, je vais essayer, dans le chapitre suivant, de présenter une petite monographie, résumant tout ce qui peut concerner l'industrie du café, qui, est, comme on le sait, l'un des premiers éléments de la richesse nationale du Brésil.

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