CHAPITRE IX
Le café. — Le caféier et sa culture. — Procédés et opérations de culture. — Le café comme boisson. — Falsifications. — Commerce du café — Situation actuelle du commerce du café. — Production mondiale du café. — Exportation du café.
Tout d'abord, (i) quelques mots sur l'historique de la question, lye café, qui semble avoir été connu en Afrique depuis un temps relativement éloigné, n'est apparu en Europe que dans la seconde moitié du xvi^ siècle.
Sous lyouis XIV, on le cultiva comme curiosité au Jardin des Plantes et il ne tarda pas à être l'objet de cultures plus ou moins étendues à la Martinique, à la Guadeloupe, à Saint- Domingue et plus tard à Cayenne.
Quant au Brésil, il paraît certain que le caféier y fut introduit vers 1723, par Palheto, qui en apporta des graines de Cayenne. De ces graines provinrent diverses plantations faites d'abord dans la vallée de l'Amazone et Para et ensuite au Maranhâo.
Ce ne fut que beaucoup plus tard que l'on pensa à introduire le caféier à Rio de Janeiro. Quelques graines furent plantées dans le jardin de l'Hospice des Capucins italiens, de la rue des Barbonos (ville de Rio) et dans le parc de Joâo Hoppmann (rue actuelle de Christovâo).
Ce fut très probablement le jardin des Capucins de Rio qui fournit les premières graines, origine des plantations de caféiers, auxquelles les provinces de Rio de Janeiro, de Minas Geraes et de S. Paulo, doivent les meilleurs jours de leur prospérité.
(i) La plus grande partie de ce mémoire est empruntée au magnifique ouvrage : Le Brésil, ses richesses naturelles, ses industries, publié par la Commission d'Expansion économique du Brésil, Aillaud, Alves et C'^, éditeurs.
Des plantations surgirent qui se développèrent admirablement et la culture du caféier se répandit rapidement.
lycs premiers caféiers introduits dans la province de Sâo Paulo furent plantés dans le jardin du major Raymundo Alvares dos Santos Prado. Ils fournirent les graines pour la première plantation du municipe de Campinas, appartenant au lieutenant Antonio Francisco de Andrade et, à partir de 1835, la culture du caféier commença à prendre un grand développement dans la région; elle produisit, en 1842 et 1843 deux grandes cueillettes de café.
Vers la même époque, les cultivateurs du nord de la province de Sâo Paulo, stimulés par l'exeîïitl^, ^^ la province de Rio de Janeiro, s'empressèrent d'advOyter ia c ' "(^ du caféier, qui y prospéra grandement. Le municir^e â.- 0 ..npinas continua cependant à être un des centres de production les plus importants.
lya facilité de l'acclimatation du caféier da.ns la province de Sâo Paulo et les résultats rémunérateurs de sa culture attirèrent vers cette province un grand nombre d'agriculteurs de différents points du Brésil, surtout de la mcV^^ce de Minas Geraes. Il en résulta une augmentation progrès . .^-^ du nombre des plantations. Dans les dernières années du 5 '. e passé, ces plantations ont pris un énorme développemeuc.
A partir de Campinas, d'un côté, et de Guaratinguetâ, Pindamonhangaba, Taubaté, Sâo José dos Campos et Jacarehy, de l'autre côté, les plantations se sont étendues rapidement vers l'intérieur; actuellement, des 171 municipes dont se compose l'État de Sâo Paulo, environ 150 sont producteurs de café sur une échelle plus ou moins grande.
Ce fut également de 'Rio de Janeiro que le caféier fut introduit dans la province de Bahia, vers la fin du xviii^ siècle. De cette province, il fut transporté dans celle de Pernambuco, et, de cette dernière, dans celle de Parahyba do Norte.
Quant aux provinces de Paranâ et de Santa Catharina, il est probable que leurs premières plantations provinrent de graines apportées de la province de Sâo Paulo. Il dut en être de même de la province de Goyaz, où les plantations prirent, du reste, peu d'extension.