TABAC
Statistique. — On ne possède pas de données exactes sur la consommation du tabac au Brésil, sous toutes ses formes. Il est certain, toutefois, que cette consommation est très considérable, bien plus considérable que la quantité exportée, car l'usage du tabac, surtout en cigarettes, est répandu dans toutes les classes de la population.
Quant à l'exportation, elle a été, en 1907, de 29.745.754 kilogrammes.
ÉTAT DE Minas Geraes. — Plusieurs municipes de cet État produisent du tabac renommé, entre autres ceux de Carangola, Pomba, Barbacena et Rio Novo.
Les procédés de culture sont ceux que nous venons d'indiquer et les principales variétés cultivées sont le Havane, le Virginie, le Cuba, le tabac de Bahia et le tabac de Goyaz.
En 1905, l'exportation de l'État de Minas Geraes, en tabac, s'est élevée à 3. 319. 918 kilogrammes. Kn 1906, elle a été de 3.166.494 kilogrammes et, en 1907, de 3.167.027 kilogrammes.
ÉTAT DE SÂo Pauio. — La culture du tabac n'a été introduite dans cette partie du Brésil que vers la fin du xviii^ siècle. Elle y a pris rapidement une grande extension, pour décliner ensuite; mais elle a beaucoup augmenté depuis une trentaine d'années.
Le tabac trouve les meilleures conditions du sol dans plusieurs municipes de cet État, où abondent les terrains sablonneux et silico-argileux. Ce sont surtout les municipes de Casa Branca, Parahybuna, Cajurù, Franca, Jardinopolis, Pirassinunga, etc., etc.
Les méthodes de culture y laissent encore à désirer.
Les variétés cultivées sont, entre autres : le Havane, le Virginie, le vSào Félix (de l'État de Bahia), le tabac turc et le Sumatra.
D'après la statistique de l'État, relative à 1904-1905, la production de tabac s'est élevée à 2.027.475 kilogrammes, représentant la valeur d'environ 3.049 contos de reis.
En terminant, nous ferons remarquer que ces multiples industries ne peuvent tarder à prendre fatalement un grand développement, par suite de la découverte récente de mines de charbon, surtout dans le Nord-Ouest.
I^es chemins de fer s'étendent chaque année, projetant de plus en plus leurs ramifications vers l'intérieur et il suffit de jeter un coup d'œil sur une carte pour rester en admiration devant l'inextricable réseau déjà en exploitation.
Toutes ces lignes tendent vers l'État de Matto Grosso, dont l'étendue est immense et les richesses presque insoupçonnées. Quand ce vaste territoire sera à son tour en exploitation réglée, l'activité des voies ferrées sera décuplée sur tout l'État de Sâo Paulo, pour arriver jusqu'aux ports d'embarquement.
lyC commerce des bois, en particulier, prendra une extension sans limites lorsqu'il sera possible d'exploiter les inépuisables forêts de l'intérieur et d'amener à la côte ces merveilleux produits, d'une variété extraordinaire, dont l'exportation, d'avance assurée, constituerait un nouvel élément de richesse.
Ce que nous venons d'écrire sur l'État de Sào Paulo peut aussi bien s'appliquer à l'État de Paranâ.
Si le maté tient une place considérable sur ses marchés, le sol produit également de magnifiques céréales et ses vastes pâturages permettent de donner à l'élevage des bestiaux une importance toute particulière.
Je citerai également ses forêts de pins, dont le bois est si recherché pour les constructions, et qui constituent des réserves inépuisables.
Il n'est pas jusqu'à la vigne qui ne soit susceptible de s'acclimater et les essais tentés ont donné de grandes espérances pour l'avenir.
lyC climat du Paranâ ayant beaucoup de ressemblance avec celui du midi de l'Europe ou de l'Algérie, il n'y a pas de raison pour ne pas y obtenir des produits analogues, source d'ime extension commerciale future difficile à prévoir.