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lya Compagnie qui exploite ces gisements a installé, dans le but d'augmenter la production, des fourneaux pour la fusion du minerai et elle obtient une « matte •> avec 50 ou 60 % de cuivre.
Plus loin, dans les mines de Serro Martinho, les minerais sont des sulfures de cuivre accompagnés de pyrites et contiennent 7 à 25 % de métal.
Quant aux mines exploitées dans les États de Bahia, Cearâ, etc., elles n'en sont encore qu'à leur début et il est difficile de prévoir ce qu'elles pourront donner.
On a trouvé de la chalcopyrite mélangée avec la malachite et la galène à Melancias, municipe de Sete Lagoas; de l'azurite et de la malachite, à Caeté et de la malachite avec quartz à Tombadouro, à la base de l'Itacolumy, près de Ouro- Preto.
130 Mercure. — Dès le commencement du siècle dernier, il a été trouvé en grains roulés (cinabre) plus ou moins volumineux dans le ruisseau de Tripuy, non loin d'Ouro Preto.
Des recherches récentes, au moyen de galeries et de petits sondages, ont démontré la présence de filons de cinabre dans un grès plus ou moins grossier et friable. On n'a pas de notions exactes sur l'importance du gisement.
Enfin, on a signalé aux environs de Santa Luzia do Rio das Velhas, des sables contenant du cinabre et du mercure natif.
140 Pr^ATiNE. — Peu abondant au Brésil, au moins jusqu'à présent.
On ne l'a trouvé que dans le fleuve Abaeté, les ruisseaux de Lages, Ouro Branco et Condado, dans la ville de Serro.
lyC métal s'y présente ou en petits grains, ou en paillettes.
Pour le moment, il n'y a ni exploitation régulière, ni certitude positive de grands résultats.
150 Or. — Dans presque tous les États du Brésil, l'or a été découvert et est exploité. Outre ^linas, Goyaz et Matto Grosso, qui ont été jusqu'ici les principaux producteurs de ce métal, l'exploitation en est faite dans les États de Bahia
(à Jacobina, Assuma et Chique-chique), de S. Paulo (à Jaraguâ et Apiahy), de Rio Grande do Sul (à Caçapava et I^avras), de Maranhâo (bassin du Gurupy), etc.
Tous les gisements aurifères du Brésil sont groupés autour de trois grandes chdnes méridiennes qui forment, pour ainsi dire, l'ossature du pays. I^a chaîne de Mantiqueira, qui vient de l'État de S. Paulo et d'où se détache celle d'Bspinhaço, qui traverse du Sud au Nord l'État de Minas, pénètre dans celui de Bahia et va se terminer dans celui de Pemambuco. En second lieu, l'immense ligne qui sépare les eaux du fleuve vS. Francisco de celles du Rio de la Plata sert de limite entre les États de Minas et Goyaz, se continue dans l'État de Piauhy et va finir dans celui de Ceara. Enfin, une troisième ligne de sommets s'étend le long de la rive gauche des fleuves Paraguay et Araguay. C'est à elle qu'appartient la ch^ne des Parecis, dans l'État de Matto Grosso.
lycs filons aurifères sont composés tantôt de quartz laiteux, uni à des cristaux de pyrite, contenant entre eux des pépites d'or disséminées, tantôt d'agrégats de quartz et de pyrites auxquels se joignent, outre l'or, d'autres pyrites magnétiques, chalcopyrites, galènes, etc.
La proportion de poudre d'or par tonne de minerai est ti^s variable dans les divers gisements. D'après de récentes analyses purement chimiques et non industrielles, faites à l'Écple des mines d'Ouro Preto, nous pouvons noter qu'un grand nombre des gisements connus sont assez pauvres et n'atteignent pas 10 grammes par tonne.
I^a majeure partie des teneurs moyennes varie entre 10 grammes et 25 grammes.
Les mines actuellement en exploitation occupent des gisements où l'or se trouve dans des proportions variant entre 9 ^t 45 grammes par tonne.
Les deux plus grandes mines sont celles de Morro Velho et de Passagem.
La teneur en or, à Morro Velho, est de 18 gr. 300 et à Passagem, de 11 gr. 70.
r La première de ces mines, la « S. John d'El Rey Mining Company » travaille depuis soixante-douze ans. Dans sa pre-
mière phase, elle vit son exploitation interrompue par le grand incendie de 1867; sa seconde période fut terminée par un nouveau désastre en 1886; ce n'est qu'avec l'arrivée de M. Chalmers, ingénieur anglais fort compétent dans la matière, que les travaux reprirent et que, grâce à une nouvelle mine, indiquée par son directeur, la Compagnie connut sa période la plus prospère.
lyC capital est formé de 700.000 actions de i £. I^e matériel se compose de 120 pilons californiens, de 23 moteurs hydrauliques, de 9 machines à vapeur et de 10 moteurs électriques. Pendant ces dernières années, l'extraction fut :
En 1903 2.681.266 gr. £287.240
I^a mine de Passagem, exploitée dès les temps coloniaux, se trouve depuis 1880 aux mains de l'Ouro Preto Gold Mines of Brasil.
Elle est exploitée par trois plans inclinés d'une extension de 893,814 et 791 mètres. I^e minerai est trituré par 80 pilons ^américains pouvant broyer 240 tonnes par jour. I^a concentration se fait sur des plans inclinés doublés de flanelle et 34 frue-vanners. A l'intérieur, les perforateurs sont à air comprimé. Ces appareils sont actionnés par des roues Felton utilisant les eaux apportées par un canal de 9 kilomètres.
En 1906-1907, l'usine a broyé 72.703 tonnes de minerai.
Ajoutons que la proportion tend à s'accroître chaque année, sous la direction d'un éminent ingénieur australien, M. A.-J. Bensusan, dont la science est à la hauteur de l'aménité du caractère, ce dont j'ai pu m'assurer par moi-même en visitant, sous sa conduite, la belle installation de l'exploitation à laquelle il préside.
Il n'existe pas de statistique permettant d'évaluer avec précision la production de l'or au Brésil; on estime que, depuis les temps coloniaux jusqu'à aujourd'hui, le pays en a produit plus de 700.000 kilogrammes, dont la plus grande partie de Minas.
Voici les chiffres d'exportation de l'or de l'État de Minas de 1896 à 1907.
160 PAI.LADIUM. — On l'extrait d'un minéral rare, la Porpézite (or palladié), qui contient 4 % d'argent et 10 % de palladium
Il se trouve dans les gisements aurifères des roches à fer oligiste (tabirites). C'est de la célèbre mine de Gongo-Secco, dans l'État de Minas Geraes, qui, de 1826 à 1856, a fourni plus de 12.000 kilogrammes d'or, que provenait la plus grande partie de l'alliage de palladium reçu en Angleterre et dont fut extraite une quantité suffisante de ce métal si rare pour frapper, en 1842, la médaille de WoUaston.
Nous terminerons cette longue énumération de minéraux en disant quelques mots des sables monaziques qui font,* depuis quelques années, l'objet d'une importante exploitation et d'un commerce qui tend chaque jour à prendre plus d'extension.
Monazite. — C'est un phosphate de cerium, de lanthane et de didyme, dont la formule est PO* (Ce, I^a, Di).
Ce minéral contient en plus des quantités variables de thorium, dont la proportion au Brésil atteint, en moyenne, 4 %, ce qui le rend très précieux pour la confection des manchons à incandescence du type Auer, à laquelle il doit sa valeur commerciale fort élevée.
Kn 1886, il fut signalé dans les sables des plages des côtes du Brésil, de Rio de Janeiro à Bahia, et dans tous les graviers des sables diamantifères. Pourtant, jusqu'en 1893, les États-Unis de l'Amérique du Nord restaient les seuls à fournir la monazite à l'industrie et le prix de la tonne des sables
monazitifères dépassait 2.000 francs. En 1895, les dépôts de la côte du Brésil commencèrent à être exploités et, en 1903, l'exportation de monazite pour le port de Hambourg s'éleva à 3.299.000 kilogrammes! Le prix de la tonne tombait à 3S0 francs et les gisements de l'Amérique du Nord cessaient d'être représentés sur le marché.
Ces gisements de la côte du Brésil sont des plus curieux. Leur formation est due à des actions du flux et du reflux, connues ailleurs, mais où elles s'exercent, comme au Canada, pour former des dépôts de sables d'oxyde de fer titanifère, ayant une valeur bien moindre que ceux du Brésil qui arrivent à contenir 70 % de monazite. Sous l'action des vagues, ces dépôts vont se renouvelant chaque année, si bien qu'on évalue à 1.600 tonnes la quantité de sable à monazite qu'annuellement, près de la ville de Prados, la mer arrache aux roches des falaises sur lesquelles elle vient déferler et dépose ensuite sur le rivage en couches de plus en plus pures prêtes à être chargées à la pelle sur les bateaux qui s'en approchent. L'Océan s'y fait, sans frais pour les exploiteurs, trieur de minerais ! Tous les jours, on découvre des dépôts nouveaux de cette substance à Minas Geraes, dans les bassins des fleuves ({ Parahyba » et « Rio Doce ». Il ne serait donc pas bien téméraire d'afiirmer que pour l'éclairage au bec à incandescence, déjà si répandu, le Brésil pourrait être le fournisseur du monde entier.
Tels sont les nombreux minéraux qui font la richesse du Brésil et dont les applications industrielles sont infinies.
Nous aurions pu mentionner encore bien d'autres espèces, n'ayant qu'une valeur scientifique proprement dite, mais leur nombre est si considérable, que leur description nous eût entraîné beaucoup trop loin.
Nous conseillons aux personnes que ces questions intéresseraient spécialement, de recourir au savant travail du docteur Calogeras, .4s Minas do Brazil, où elles trouveront les renseignements les plus détaillés.