II. — 11 suffit de considerer la position geogra
phique de laScandinavie pour voir queses habitants
etaient tout naturellement destines a la navigation,
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et pour prevoir ces excursions terribles du moyen
age, dont la France et l'Angleterre eurent particu-
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lierement asouffrir : un monarque danois finit par *
regner sur l'Angleterre (1017), et Charles le Simple
dut ceder au chef Rollon. la province qui prit le nom
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de Normandie (911). Les Northmen se compo-
saient de Norvegiens et de Danois, mais ce mot de
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Northmen est en realite l'ancien nom national des
Norvegiens. lis descendaient de la meme race pri-
mitive que les Anglo-Saxons et les Franks, mais
cette antique fraternity ne preservait du pillage ni
la Grande-Bretagnenilestribus germaniques. D'ail-
leurs, les hommes du Nord, fideles au culte d'Odin,
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portaient une sorte de haine religieuse aux Teutons
meridionaux convertis au christianisme ; de sorte
que le fanatisme s'alliait chez eux a Tavidite et a la
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fougue du temperament. Aussi aimaient-ils a deva liser les eglises, a tuer les pretres, a faire coucher leurs chevaux dans les chapelles, et, lorsqu'ils venaientde mettre a feu et a sangquelque portion da territoire catholique, ils s'ecriaient ironiquement : « Nous leur avons chante la messe des lances, elle a commence de grand matin et elle a dure jusqu'a la nuit. »
Les soldats de chaque flotte de barques obeissaient aunroi de mer {Kong), dont le vaisseau se distinguait des autres par son ornementation, et qui commandait aussi les pirates apres le debarquement. Le Kong etait toujours suivi et ecoute, parce qu'il etait le plus brave de tous les braves, parce qu'il savait gouverner le vaisseau « comme un bon cavalier manie son eheval », parce qu'enfin il connaissait le sens des runes gravees sur les armes ou sur la poupe et les rames des vaisseaux. Hors du combat et loin de la mer, il redevenait l'egal de ses hommes. Ceux-ci, meprisant les tempetes, poursuivaient en chantant leurs ennemis sur \&route descygnes ;ou bien ils guettaientleurproie
dans les del.roits, les baies et les petits mouillages, ce qui leur fit dormer le surnom de Vikings (enfants des anses) l . Un des rois de mer les plus celebres est ceRagnar-Lodbrogqui, enferme, dansun cachot rempli de serpents et de viperes, entonna au moment d'expirer le « chant de mort » dont voici la traduction : ,
« Nous avons frappe de nos ep>ees,dansle temps ou, jeune encore, j'allais vers l'orient du Sund appreter un repas sanglant aux betes carnassieres,et dans ce grand combat ou j'envoyai en foule au palais d'Odin le peuple de Helsinghie. De la, nos.vaisseaux nous porterent a l'embouchure de la Vistule, ou nos lances entamerent les cuirasses, et ou nos epees rompirent les boucliers.
« Nous avons frappe de nos epees, le jour ouj'ai vu des centaines d'hommes couches sur le sable, pres d'un promontoire d'Angleterre ; une rosee de sang degouttait des epees ; les fleches sifflaient en allant chercher les casques ; c'etait pour moi un plaisir sans egal.
1 Augustia Thiebry, Conquete de I'Anglelerre, liv. II (Gamier freres).
« Nous avons frappe de nos epees, le jour ou j'abattis ce jeune homme, si fier de sa chevelure.
« Quel est le sort d'un homme brave, si ce n'est de tomber des premiers? Celui qui n'est jamais blesse mene une vie ennuyeuse, et il faut que Thomme attaque l'homme ou lui resiste au jeu des combats.
« Nous avons frappe de nos epees ; maintenant j'eprouve que les hommes sont esclaves du destin et obeissent aux decrets des fees qui president a leur naissance. Quand je lancai en mer mes vaisseaux pour aller rassasier les loups, je ne croyais pas que cette course dut me conduire a la fin de ma vie. Mais je me rejouis en songeant qu'une place m'est reservee dans les salles d'Odin, et que la bientot, assis au grand banquet, nous boirons la biere a pleins bords dans les coupes de corne.
« Nous avons frappe de nos epees. Si les fils d'Aslauga savaient les angoises que j'eprouve, s'ils savaient que des serpents venineux m'enlacent te me couvrent de morsures, ilstressailliraienttous
et voudraient courir au combat ; car la mere que je leur laisse leur a donne des coeurs vaillants. Une viperem'ouvrelapoitrine etpenetre vers mon C03ur: je suis vaincu ; maisbientot, j'espere, la lance dun de mes fils traversera le co3ur d'OEUa.
« Nous avons frappe de nos epees dans cinquante etun combats ; je doute qu'ily ait parmiles homines un roi plus fameux que moi. Des ma jeunesse, j'ai appris a ensanglanter le fer ; et il ne faut pas pleurer la mort, il est temps de flnir. Envoyes vers moi par Odin, les deesses m'appellent et m'invitent ; je vais, assis aux premieres places, boire la biere avec les dieux. Les heures de ma vie s'ecoulent ; c'est en riant que je mourrai. »
III. — Louis le Debonnaire (814-840) avait envoye des missionnaires en Danemark, dans l'espoir que la propagation du christianisme contribuerait a adoucir les moeurs et les habitudes farouches des Vikings. Les missionnaires precherent tout d'abord dans le desert. Cefut seulement en 827 quelemoine Ansgaire s'etablit dans le Jylland meridional, ou il fonda des ecoles, racheta des serfs, et obtint un
certain nombre de conversions. L'Empereur consentit alors a instituer un eveche a Hambourg, et depuis ce temps, grace an zele des missionnaires , grace aux rapports constants du Danemark avec les peoples Chretiens, le catliolicisme se propagea rapidement sans entrainer de luttes violentes. La vieille religion scandinavc recut un coup mortel lorsque Canut II le Grand, un des monarquesdanois les plus rcmarquables, embrassa les croyances romaines.
Canut avait suivi son pere Suenon a la conquete de l'Angleterre. A la raort de Suenon, il eut a comballrc Edmund Cole-dc-Fer&vec lequel il partagea la souvcrainete jusqu'en 1017. A cette epoque le roi Saxon mourut, et Canut, reste seul, chercha a se concilierraffection de ses nouveauxsujets. II se fit Chretien, 6pousa Emma, veuve du roi Etbelred II, | relablit les anciennes lois, confia aux nationaux les! princinales charges etassura la tranquillite des cotes.' Son frere Harold elant mort en 1018, il reunit sur sa tele les couronnes d'Angleterre et de Danemark etconquit ensuile la Norvege, dontil donna lacouronne a son tils naturel Suenon (1030), lequel op-
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QCELQUES PAGES D'HISTOIBE 61
prima tellement ses sujets, que ceux-cilecbasserent
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en 1036 et recouvrerent leur independancc jus-
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qu'en 1397 . 11 favorisa la propagation du christia-
nisrne dans ses Etats , donna des encouragements
a l'agriculture et a l'industrie, conclut un traite