CHAP1TRE X
LA UTTERATURE DANOISE-NORVEGIENNE
Los laugues scandinaves. — Les Eddas et les Sagas. — Les Scaldes. — Les Koempe Viser.— Holberg.— Reveil du sentiment national. — OEhlenschlseger. — Ingemann.— Andersen. — Bjosrnstjern Bjoernson.
Les langues scandinaves appartiennentala branche germanique de la famille indo-europeenne, et comprennent les idiomes paries jadis dans le nord par les peuplesde race gothique pure, que Ton considere comme les plus anciens habitants connus de la Scandinavie. Elles derivent du northmannique, langue unique parlee d'abord par les habitants du l)anemark,de la Suede et de la Norvege. Le northmannique se subdivise eu deux branches : le
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norvegien ancien ou norroisetle vieuxdanois,qui a donne naissance au danois moderne et au suedois. La langue danoise s'est constitute en langue distincte vers le xin" siecle, mais elle n'est devenue litteraire qu'a l'epoque de la Reformation. Le plus original et le plus riche en vieux mots des dialectes danois est celui du Jyliand sptentrional; eependant le dialecte de Sjallandaprevalu, grace al'influence de Copenhague, et s'est peu a peu confendu avec le danois lui-meme. Ce dernier, suivant les epoques, s'est enrichi de termes empruntes a diverses langues, surtout au bas et au haut allemand. Quant au suedois, il n'a commence a se fixer qu'au xv e siecle ; il a subi egalement l'influence allemande et il a emprunte au finnois des expressions familieres. Les trois accents qu'il possede donnent aux inflexions de la voix quelque chose de melodique, et l'ancien tresor des mots qu'il a conserves le rend plus original que le danois. La parente du danois et du suedois ressort clairementde l'etude des dialectes paries en Suede ei, en Danemark : le skanien, par exemple, sert d'intermediaire aux deux langues.
Le norrois a fourni au norvegien moderne ses racines et la plus grande partie de son vocabulaire. 11 s'est perpetue sans changements dans l'lslande, cctte terre de glace perdue au milieu de l'Ocean. C'est la qu'en 1643, l'eveque Sveinnsson retrouva le plus ancien monument des literatures scandinaves, nous voulons parler des Eddas, dont la reunion en un seul corps d'ouvrage est aitribue au pretre catholique Soemund Sigfusson (le savant), qui vivall au xi e siecle. Edda veut dire aieule. et cen'est ni sans grace ni sans raison que les peuples germaniques dunordont designesous ce vocable le recueil venere de leurs traditions et de leurs legendes.
L'Edda de Soemund se compose de trente-sept pieces rimees par alliteration et entrecoupees de commentaires en prose, dus evidemment au compilateur. Suivant la critique allemande, les plus cnciennes de ces pieces remontentau vm e siecle : elies nous ont ete conservees par les scaldes, qui jouent dans lapoesiescandinave lerole des rapsodesdans la poesie homerique, ou encore celui des bardes dans la poesie des celtcs. Attaches au service des
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rois, les scaldes les accompagnaient sur le champ
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de bataille, s'asseyaient a leurs cdtes dans les fes-
tins, et chantaient les mysteres de la religion, les
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aventures des dieux, les exploits des heros. lis ne
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formaientpas une caste, comme les druides; ils se recrutaient indifferemment dans toutes les classes,
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et le clerge catholique trouva en eux ses plus redou-
tables adversaires. 11 existe un assez grand nombr&
de poesies scaldiques : ily en aurait bien plus encore
si le pape Sylveslre II n'en avait ordonne la destruction. La plupart de ccs chants nous. ont ete con-
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serves par la tradition orale: quelques-uns ont ete
graves en caracteres runographiques l .
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Les poesies dont se compose l'Edda de Soemund
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ont un caractere apre et sauvage. Les metaphores
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s'y pressent hardies, saisissantes : on y exalte la
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valeur morale et 1'heroisme guerrier; on y ttouve
enfin Texpose de la cosmogonie scandinave et les
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1 L'alphabet runique, d'un usage general en Scandinavie avant l'introduclion du christianisme, se composait primitivement de seize caracteres auxquels Waldemar II ajoula sept leltres ponctuees. Les runes etaient gravces sur toutes sorles d'objels, et la loi de Skanie (xm e siecle) est tout entiere tracee en cette ecriture.
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