‹ A travers le DanemarkChapitre 42 sur 59 · PO = CO · texte numérisé non relu

PO = CO

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LA LITTISRATUnE DANOISE 155

materiaux de la grande epopee germanique des Nibelungen. Outre ces poemes, il existe une autre Edda, l'Edda en prose, attribute a Snorri Sturlosson (1178- 1241). C'estune compilation interessante, mais indigested les traditions juives, chretiennes,grecques et romaines se melent parfois aux legendes islandaises. Le tout se termine par une sorte d'art poetique a 1'usage des jeunes scaldes.

« A cote de la poesie qui chante, clit M. Ampere, aux e"poques primordiales, ce que croient, ce que sentent les hommes, a cote de la poesie populaire qui est la poesie vraie des siecles qui ne sont plus, il y a le recit na'if et populaire. La poesie se chante, le recit se raconte; maisacela pres,l'une etl'autre offrent le meme caractere traditionnel. A tous les genres de la poesie primitive et de la poesie populaire correspond un genre de recit. II est un pays, la Scandinavie, ou la tradition s'est developpee plus completement qu'ailleurs, ou ses produits ont ete plus soigneusement recueillis et mieux conserves ; dans ce pays, ils ont regu un nom particulier dont l'equivalent exact ne se trouveplus hors des langues

n = 3 EEE

co — = J^ — EE Cn^EE

germaniques : c'est le motSaga, Sage, ce qu'on dit,

c^ — EE

ce qu'on raconte, la tradition orale... La Saga doit

-J — EE

Gtre comptee parmilesproduits spontanes de l'imagination humaine. L&Saga a son existence propre,

co — EE

eomme la pcesie, comme l'histoire, comme le roman. Elle n'est pas la poesie, parce qu'elle n'est pas

KD — =

chanteemais parlee;elle n'est pas l'histoire, parce

qu'elle est denuee de critique ; elle n'est pas le ro-

man, parce qu'elle est sincere, parce qu'elle a foi ace

qu'elle raconte ; elle n'invente point, mais elle repete ; elle peut se tromper, mais elle ne ment jamais '. »

ro EE

Ni les Eddas, ni les Sagas n'ont le caractere spon-

tane et naif que Ton se, plait a reconnaitredans'es

co =

chants populaires connus sous le nom de Kmmpe-

Viser et qui remontental'epoque ou la Scandinavie

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avait une langue unique. Les chants guerriers et

Cn^EE

farouches des scaldes sont reniplaces dans les

H> EE

Kcempe-Viser par la peinture touchante des senti-

CTl —

ments les plus doux. Qu'on en juge par ce Chant

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CO

» Ou diviseles Sagas en Sagas legcndaires et en Sagas liisloriques La style de ces recits en prose est simple, uniforme, mais energiquo et abondant.

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LA L1TTERATURE DANOISE 157

= Oxl

de guerre et d' amour, cite par M. X. Marmiep. dans

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son Histoire des litter atures scandinaves :

« Nous avons vogue avec nos navires sur les

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cotes de Sicile, etnous etions braves. Le navire allait

au gre de nos vceux; nous marchions, comme j'es-

pere que nous marcherons toujours: et 'cependant

= CD

la blonde fille de Russie me dedaigne !

« Pees de Trondhjen il y eut un combat. Les

= LO

guerriers etaientnombreux ;labataillefutsanglante.

Le roi tomba dans la melee; jeune, j'echappai au

carnage : et cependant la blonde fille de Russie me

= CO = i— 1

dedaigne!

« Nous etions seize assis sur les bancs du navire.

— CM

L'orage gronde; les vagues engloutissent le bati-

ment. Nous nous sauvames comme j'espere que nous

nous sauverons toujours : et cependant la blonde

fille dc Russie me dedaigne!

« Je sais plusieurs choses : je sais me battre bra-

= — cn

vement, guider mon cheval d'une main ferme; je

= — CO

sais nager et je sais courir sur des patins ; je sais

aussi ramer et lancer la fleche de Tare : et cependant

la blonde fllle de Russie me dedaigne!

= — CD

^— LO

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158 EH 5ANEMARK

« Veuves ou jeunes filles, pensez-y. Nous avons

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