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168 EN D.OEMAEK
Les enfants du pays disent que le trolle de mer y
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vient pleurer 1 . »
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Arpes OEhlenschleeger,Grimdtvig, eruditetpoete, s'occupa de la mythologie du Nord, et Ingemann
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merita , par ses romans historiques, le titre de
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Walter Scott danois. Enfm tons les lettres con-
naissent Hans Andersen, ne le 2 avril 1805 a (Men-
see, mort a Copenhague en 1875, dont les poesies sont empreintes d'une originalite incontestable. Ses
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contes, davantage connus de nous, ont ete traduits
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en frangais.
Noslecteurs nous sauront certainement gre de les
mettre a meme d'apprecier la malicieuse bonhomie
apparente de ce charmant auteur, en empruntant a
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l'excellente edition Garnier freres ~, un des contes
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traduits par MM. Gregoire et Louis Moland.
Jean le Lourdaud
« Au fond d'une province, il y a bien longtemps
de cela, se trouvait un vieux chateau oil demeurait
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i Cette traduction estde MM. Marmier et Soldi. (V .Theatre Danois, lihr. Didier.) s Nouveaux conies Danois d'Andersen.
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un vieux seigneur. II avait deux fils cxui se eroyaienf, chacun tant cTesprit et de savoir que la moitie aurait suffi largement pour un seul homme.
« Aussi, lorsque la princesse,fille du roi du pays, fit annoncer qu'elle donnerait sa main a celui qui lui repondrait le miaux, furent-ils tous les deux certains de l'emporter sur tous les autres.
« Ilsn'avaient que huit jours pour se preparer a l'epreuve; mais celaleur sembla plus que suffisant; ils avaient fait de si bonnes etudes ! L'aine savait, par exemple, par coeur tout le dictionnaire latin et aussi les trois dernieres annees de la feuille d'annonces de la petite ville voisine; il savait reciter tout ce fatras en commengant, soit par le commencement, soit par la fin. Le cadet connaissait les lois et coutumes de tous les pays civilises ounon; pour cela, il se croyait un homme d'Etat ; puis il savait aussi broder et fairetresproprementdelatapisserie.
« —C'est moi qui epouserai la princesse ! s'ecrierent-ils done tous les deux.
« Le pere leur donna a chacun un beau cheval pour se rendre a la cour, un noir a l'aine, un blanc
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au second. Avant de partir, il se frotterent bien de l'huile d'amandes les levres et surtout les coins
de la bouche, pour pouvoir parler bien longtemps. « Toutelavaletaille se rassemblapourleursouhai-
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ter bonne chance lorsqu'ils monterent acheval. A ce
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moment survint par hasard Ie troisieme frere. Le vieux seigneur, en effet, avait encore un autre fds;
mais il en faisait si peu de cas que e'etait comme
s'il n'existait pas. C'6tait un brave garcon ; mais
l'ctude n'etait pas son fort : on avait fini par l'ap-
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peler Jea^ ] e Lourdaud.
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« — Oh! oh! s'ecria-t-ilenvoyanttous cesapprets. Ou allez-vousdonc?Ticns, vous avezmis voo beaux
habits des dimanches.
« — Nous nous rendons au palais du roi : nous
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concourons pour la main de sa fdle. Tu n'as done
pas entendu le garde champetre annoncer la chose?
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« Etilsle mirent au courant.
« — Ma foi ! s'ecria Jean le Lourdaud, j'en veux etre aussi.
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« Les deux frercs eclatercnt de rirc, et partirent
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au galop.
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« —Petit pere, dit Jean,il faut quetu me donnes aussiun cheval. Si la princesse me prend pour son mari, eh bien ! elle me prcndra ; si elle ne me prend pas. c'est moi qui la prendrai. Dans tous les cas j'aurai sa main.
« — Laissedonccessorneltes,ditlevieuxseigneur.
Tu n'auras pas de cheval. Tu ne sais pas parler le langage fleuri de la cour. Jamais tu n'as voulu mordre a la rhetorique. Tes freres, au contraire, voila deux gaillards qui ont la tete bien meublee.
« — C'est comme cela, repondit Jean. Ah! je n'aurai pas de cheval. Eh bien ! je prendrai le bouc ; l'animal m'appartient, nous nous entendrons parfaitement ; il voudra bien me porter.
« Aussitot dit, aussitot fait ; il sauta sur la bete, qui partit a fond de train. He ! hop ! II en faisait des bonds, le brave bouc ! « Hola ! me voila ! » cria Jean le Lourdaud, et tous les echos retentissaient des chants joyeux qu'il entonnait pour passer ie temps du voyage.
« Les deux freres avaient mis leur monture au pas ; ils ne soufflaient mot ; ils repassaient dans leur
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memoire tout ce qu'ils savaient et ils preparaient
aussi de fines reparties aux questions qu'ils suppo-
saient que la princesse allait leuradresser. Jeanles
rattrappa. « Hola ! me voila, dit-il. Voyez done ce
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que j'ai trouve en chemin. » Et il leur montra un
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corbeau creve qu'il avait ramasse. « Balourd, dirent-ils. Que veux-tu faire de cette charogne ? —
De ce beau corbeau ? repondit-il. Mais j'en ferai
cadeau a la princesse. — Essaye toujours, « dirent-
ils, en se tenant les cotes, puis ils partirent au
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trot.
« Jean resta un peuen arriere ; mais a une montee
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il les rejoignit. « Hop, bop, e'est moi! cria-t-il. Voila
encore une magnifique trouvaille que j'ai faite. » Les
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freres se retournerent et regardertnt. « C'est trop
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fort,meme pourun lourdaud comme toi, dirent-ils. Ce que tu tiens la, c'est un vicux sabot, auquel il
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manque un morceau. Est-ce encore un present pour
la fills du roi? » — Nous verrons si elle le merite, Tepondit Jean.
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« Les freres rirent de plus belle et repartirent au
galop.
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<c Us avaient pris une grande avance. Mais Jean lcs
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rattrapa encore.
,< — He, hola, hop-la-la, me voila ! cria-t-il. Cela
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va toujours de mieux en mieux. Vraiment c'est fa-
meux.
« idiot, quelle salete" as-tu done trouvee main-
tenant? dirent les freres.
« —Quelque chose de superbe, d'incomparable !
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Comme elle se rejouira, la filleduroi !
« Etil leur montra ce qu'il avait recueilli dans sa
gourde.
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„ — Fi done ! dirent les freres. C'est du sable ou
plutot de la boue que tu as ramassee dans le
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fosse !
« Oui, repondit-il, mais c'est de l'espece la plus
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fine ; elle vous glisse entre les doigts.
« Cette fois les freres eperonnerent leurs mon-
tures, qui parlirent comme le vent ; sous leurs
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pieds, les cailloux volaient, lancant des etincelles.
Us arriverent toute une heure avant Jean a la porte