Gh. Dubois, Pouzzoles antique, Paris, 1907, p. 74etsuiv
c'est un Flavius, c^est un Annius, c'est un Granius. Verres a fait tuer des affranchis de ce dernier, lui a volé ses marchandises et pris un navire.
« D'autres marchands trafiquaient plus spécia- "^ement en Asie : ainsi Cluvius, qui faisait la banque et pressurait la population pour le compte de Pompée, dont il était le prêtenom. Cicéron écrivait à ce propos à Thermus, pro-préteur de Cilicie : Cluvius de Pouzzoles est un de mes amis les meilleurs et les plus intimes. Il a des intérêts dans votre province... Les gens deMylasa et d'Alabanda lui doivent de l'argent ; outre cela, Philoclès d'Alabanda s'est engagé avec lui par des hypothèques. Les Héracléotes et les Bargyliètes sont également se§ débiteurs. Il lui est encore dû par les Cauniens.
« Vers la même époque, un autre commerçant de Pouzzoles, Vestorius, y introduisait d'Egypte, certaines industries. Pouzzoles était, après Rome, le rendez-vous des publicains et des spéculateurs ; ils y brassaient leurs affaires louches et y faisaient le commerce de Pargent. Lorsqu^on fut obligé de prendre des mesures pour éviter que la monnaie ne sortît d'Italie et quand la loi Gabinia eut défendu aux provinciaux d'emprunter à Rome, Cicéron, alors consul, interdit toute vente dans le port de Pouzzoles, n'y permettant que le troc à l'égard des étrangers, afin d'empêcher l'argent de se diriger vers
la Grèce. II y envoya, avec celle mission, le questeur Valinius qui, au lieu de s'acquiller honnêtement de celte tâche, se conduisit avec les Pouzzolans comme un autre Verres. Pouzzoles dut être, à cette époque agitée, le théâtre de bien d'autl'cs scandales. Les nouvelles du monde entier qui y affluaient, exactes ou déformées, mettaient en émoi la population ; tout ce qui se passait en Asie Mineure, en Grèce, en Egypte, y trouvait un écho. »
On comprend dès lors aisément pourquoi les inscriptions de Pouzzoles nous font connaître tant de marchands étrangers, constitués en corporations et solidement établis avec leurs dieux dans le pays, II semble que les Egyptiens y aient pris pied les premiers. C'est entre 200 et 150, suivant M. Lafaye^, qu'ils s'y seraient solidement établis. Un arrêté municipal de l'an 105 avant J.-C. nous a été conservé, qui traite de travaux à exécuter devant le temple de Sérapis. Or, pour qu'à cette date il put être question de ce culte dans un document officiel, il faut, a-t on dit, que celui-ci ait existé au moins depuis une cinquantaine d'années. De là, certainement, le nom des divinités égyptiennes s'était répandu dans les régions voisines, notamment à Pompéi, où un temple d'Isis avait été élevé, suivant toute apparence, au ii° siècle avant J.-C. Il est possible,